LE CA­NARD EN­CHAέNÉ : CENT ANS D’IRRÉVÉRENCE À LA UNE

De­nis Le­febvre

Historia - - Sommaire Nos - PAR DE­NIS LE­FEBVRE

Le 10 sep­tembre 1915, né à la fois dans et de la guerre, pa­raît le pre­mier nu­mé­ro du Ca­nard en­chaî­né. Faux dé­part, le suc­cès n’est pas au ren­dez- vous, et la pu­bli­ca­tion est sus­pen­due en no­vembre, après le cin­quième nu­mé­ro. En juillet 1916, Le Ca­nard res­sus­cite, avec un seul ob­jec­tif : rire et faire rire… y com­pris de ce qui fait pleu­rer. Un seul mot d’ordre aus­si : tout le monde y pas­se­ra. Un siècle après, rien n’a chan­gé. Son fon­da­teur est Mau­rice Ma­ré­chal, un jour­na­liste so­cia­liste. À ses cô­tés, quelques amis chro­ni­queurs, des­si­na­teurs, et son épouse, Jeanne, qui gère les comptes et livre à vé­lo les pa­quets de jour­naux aux kios­quiers. À n’en pas dou­ter, il s’agit d’une pu­bli­ca­tion de gauche. Pour au­tant, elle est étran­gère à tout par­ti, toute doc­trine, tout sys­tème : elle conteste, vi­tu­père, s’en­flamme. « Seuls les im­bé­ciles ne me lisent pas », pro­clame fiè­re­ment le nu­mé­ro de « re­nais­sance » de juillet 1916… Sans doute, mais le titre est lu avec at­ten­tion par la cen­sure. Les ci­seaux à la main, dame Anas­ta­sie veille au grain, et les coupes sont nom­breuses, au mot près, qu’il s’agisse d’un pas­sage déso­bli­geant sur un gé­né­ral al­lié, d’une vi­sion né­ga­tive sur la guerre, d’une iro­nie sur la po­lice ou les em­bus­qués, d’un trait un peu vif sur le chef de l’état. Le des­si­na­teur phare du Ca­nard , Hen­ri-paul Dey­vaux-gas­sier, dit H.-P. Gas­sier, ré­agit à sa ma­nière, avec un des­sin qui re­vient ré­gu­liè­re­ment, et ce simple com­men­taire : « Tu au­ras mes plumes, tu n’au­ras pas ma peau. »

Ma­ré­chal ne re­cule ja­mais

Au fil des mois, la ré­dac­tion s’étoffe. Par­mi les chro­ni­queurs, on trouve Tris­tan Ber­nard ou Pierre Mac Or­lan, sans ou­blier Roland Dor­ge­lès. Ana­tole France n’a ja­mais écrit dans Le Ca­nard , mais il ap­pré­cie le jour­nal, et le fait sa­voir. On lui prête même cette phrase : « Je ne lis que Le Ca­nard en­chaî­né. » Les pre­mières an­nées res­tent dif­fi­ciles, d’au­tant que le titre ne vit que de ses ventes : il n’in­sère au­cune pu­bli­ci­té, que Ma­ré­chal consi­dère dan­ge­reuse. Il y voit la condi­tion de son in­dé­pen­dance : cette règle est en­core ap­pli­quée au­jourd’hui. Ma­ré­chal est l’ani­ma­teur de cette équipe en­thou­siaste, à qui il laisse en­tière li­ber­té. À chaque con­fé­rence de ré­dac­tion, il de­mande avec gour­man­dise à ses col­la­bo­ra­teurs : « Avec qui al­lez-vous me fâ­cher cette se­maine ? » Les oc­ca­sions n’ont ja­mais man­qué, tant le style du Ca­nard est par­ti­cu­lier : il ne re­cule de­vant rien. En 1924, l’heb­do sou­haite la dé­faite du Bloc na­tio­nal [la coa­li­tion de droite qui a rem­por­té les élec­tions de 1919], sans pour au­tant prendre par­ti ou­ver­te­ment pour le Car­tel des gauches, qui l’em­porte le 11 mai. Le jour­nal re­prend pen­dant la cam­pagne élec­to­rale une phrase de Ray­mond Poin­ca­ré : « Le pays est tout en­tier der­rière le Bloc na­tio­nal » , en ajou­tant seule­ment : « Mais c’est pour mieux lui bot­ter le c… ».

É Édouard Her­riot de­vient pré­sident du Conseil, mais ne bé­né­fi­cie guère de l’état de grâce, et le ju­ge­ment por­té par Le Ca­nard , à sa chute, en avril 1925, est sans ap­pel : « Quelle que soit l’opi­nion que l’on porte sur le gou­ver­ne­ment de M. Her­riot, force est bien de re­con­naître que les ques­tions es­sen­tielles de son pro­gramme, il les a res­pec­tées… Res­pec­tées au point de ne pas vou­loir même y tou­cher. » Les élec­tions se suc­cèdent, la valse des mi­nis­tères aus­si. Pierre Bénard écrit le 7 no­vembre 1928 : « Y a-t-il tant de dif­fé­rence entre la gauche et la droite puisque toutes deux votent les mêmes im­pôts et que l’une et l’autre sont bien dé­ci­dées à ne ja­mais prendre l’ar­gent où il est ? » Les scan­dales offrent au Ca­nard l’oc­ca­sion de se dé­chaî­ner. En 1928 éclate ce­lui de La Ga­zette du Franc, nom de la feuille di­ri­gée par Marthe Ha­nau. Cette aven­tu­rière, à par­tir de son jour­nal et de di­vers ap­puis of­fi­ciels, es­croque à des épar­gnants cré­dules plus de 100 mil­lions de francs de l’époque. Bien sûr, Le Ca­nard dé­crit ce scan­dale, mais il va plus loin, quand il se moque des go­gos à qui Ha­nau avait pro­mis monts et mer­veilles. L’au­teur de l’ar­ticle, Pierre Scize, re­fuse de les plaindre. Pour dé­non­cer ce scan­dale, et ceux qui sui­vront, l’heb- do­ma­daire uti­lise dé­jà tous les pro­cé­dés qui fe­ront son suc­cès au fil des dé­cen­nies : ar­ticles et des­sins, bien sûr, mais aus­si contes, pas­tiches et, même, jeu de l’oie. Le scan­dale qui a le plus mar­qué la IIIE Ré­pu­blique est ce­lui, en 1934, de l’af­faire Sta­vis­ky, consi­dé­rable par ses consé­quences sur la vie du pays. Le Ca­nard y a consa­cré de longs dé­ve­lop­pe­ments, sou­vent sur le mode iro­nique, comme ce titre après la mort de l’es­croc : « Sta­vis­ky se sui­cide d’un coup de re­vol­ver qui lui a été ti­ré à bout por­tant. »

Pa­ci­fique, à tout prix

À par­tir de 1934, le jour­nal mène un com­bat de plus en plus vi­ru­lent contre l’ex­trême droite, les Croixde-feu puis le Par­ti social fran­çais du co­lo­nel de La Rocque : il craint un ren­ver­se­ment du ré­gime. C’est cette peur, jointe à ses sym­pa­thies pour la gauche, qui l’amène à s’en­ga­ger en fa­veur du Front po­pu­laire, qui l’em­porte en 1936. Mais l’en­thou­siasme ne dure pas… Dès le 5 août, Hen­ri Jean­son écrit avec re­gret : « Léon Blum, vous êtes trop chic. Vous jouez le fair-play avec les tri­cheurs. Vous leur prê­tez une hon­nê­te­té, une fran­chise, un cou­rage dont ils sont dé­pour­vus. Or, vous avez charge d’âmes. » LeL Ca­nard cri­tique la po­li­tique du gou­ver­ne­ment, pas as­sez à gauche. La fin de 1936 et le dé­but de 1937 ac­cen­tuent en­core la cas­sure : les me­sures éco­no­miques du gou­ver­ne­ment puis la pause an­non­cée par Blum ne passent pas. Blum s’en va en juin 1937, lui suc­cède Ca­mille Chau­temps, « un chef de bande », se­lon Le Ca­nard , qui n’aime guère les ra­di­caux. L’hu­mour n’est pas tou­jours de mise. On ne peut pas rire de tout, comme le montre l’af­faire Sa­len­gro à l’au­tomne 1936 : ac­cu­sé à tort d’avoir dé­ser­té pen­dant la Pre­mière Guerre mon­diale, le mi­nistre de Léon Blum se sui­cide en no­vembre. Le choc est in­tense dans la France et tout au­tant au Ca­nard , qui parle d’as­sas­si­nat. Non, l’heure n’est pas tou­jours à la ri­go­lade, d’au­tant que l’ave­nir s’as­som­brit en Eu­rope.

MAU­RICE THOREZ DÉ­NONCE DÉ­JÀ « L’ES­PRIT BLA­GUEUR DU CA­NARD, QUI CONDUIT À DOU­TER DE TOUT »

Au-de­là du quo­ti­dien, pen­dant ces an­nées qui pré­cèdent la guerre, le mes­sage du Ca­nard pa­raît brouillé. Il ne bouge pas de la ligne qui est la sienne de­puis la fin de la Pre­mière Guerre mon­diale : le pa­ci­fisme. Ce mot-clé condi­tionne tout. En 1936, ma­jo­ri­tai­re­ment, la ré­dac­tion est contre l’in­ter­ven­tion en fa­veur de l’es­pagne ré­pu­bli­caine at­ta­quée par le fas­cisme. Ma­jo­ri­tai­re­ment, elle ap­puie les ac­cords de Mu­nich en 1938. Le 12 oc­tobre de cette même an­née, Bénard écrit : « Certes, nous avons en­core la paix, et nous conti­nuons à pen­ser qu’un mau­vais ar­ran­ge­ment vaut mieux qu’une bonne guerre. À Mu­nich, on a conclu sans doute le plus mau­vais ar­ran­ge­ment pos­sible. Mais c’est un ar­ran­ge­ment tout de même. Seule­ment, il n’y a pas de quoi se van­ter. » Le Ca­nard est dans la moyenne, aveugle, comme la ma­jo­ri­té des Fran­çais. Une nou­velle guerre éclate à la fin de l’été 1939. De nou­veau, la cen­sure s’ins­talle, et Le Ca­nard perd de son mor­dant. Mais est-ce seule­ment du fait de la cen­sure ? Le 8 mai 1940, il cesse de pa­raître, pour quatre ans. Que de­vient son équipe ?

Cer­tains s’in­ter­disent de pu­blier quoi que ce soit dans une presse aux ordres des Al­le­mands ou de Vi­chy ; d’autres connaissent cer­taines fai­blesses : pour la plu­part, ces faillis ne re­trouvent pas leur place en sep­tembre 1944, quand re­pa­raît le jour­nal, alors que le fon­da­teur, Mau­rice Ma­ré­chal est dé­cé­dé en fé­vrier 1942. Rien ne pa­raît chan­gé en 1944. Le Ca­nard re­trouve ses en­ne­mis clas­siques et s’in­té­resse, comme il se doit, à la re­cons­truc­tion du pays. À la po­li­tique aus­si, re­gret­tant l’in­fluence crois­sante de la dé­mo­cra­tie chré­tienne, in­car­née par le MRP (Mou­ve­ment ré­pu­bli­cain po­pu­laire), vite de­ve­nu sous la plume des jour­na­listes du Ca­nard le « mou­ve­ment des ré­vé­rends pères ». Ils pour­suivent aus­si de leur vin­dicte les ra­di­caux, qui s’ef­fondrent en 1945 : « Ils nous étaient tel­le­ment utiles. Chaque se­maine, ils nous don­naient l’idée de dix ar­ticles. » En 1946, deux so­cié­tés sont consti­tuées pour pré­ser­ver l’ave­nir du jour­nal et son in­dé­pen­dance : une so­cié­té ci­vile pos­sède le titre – en font par­tie les hé­ri­tiers de Ma­ré­chal et les ré­dac­teurs et des­si­na­teurs les plus an­ciens ; une so­cié­té ano­nyme ex­ploite le titre, les ac­tion­naires en sont les col­la­bo­ra­teurs per­ma­nents du jour­nal. Le Ca­nard est par­le­men­ta­riste, il met en avant le col­lec­tif : il n’aime pas ce qui pour­rait s’ap­pa­ren­ter à un pou­voir per­son­nel. Il dé­teste les mi­li­taires pro­fes­sion­nels. C’est dans ses gènes. Pour toutes ces rai­sons, il se mé­fie du gé­né­ral de Gaulle. Le jour­nal ne re­grette pas la tra­ver­sée du dé­sert qu’il en­tame à par­tir de 1946. Fin 1956, dans la pre­mière édi­tion du Dic­tion­naire du « Ca­nard » , à la no­tice qui lui est consa­crée, on lit : « Sau­veur en dis­po­ni­bi­li­té. […] Nous tape sur le sys­tème. » Les dé­buts de la IVE Ré­pu­blique ne sont pas une pé­riode faste pour l’heb­do­ma­daire. Certes, les an­nées 1944-1946 sont bonnes, mais en­suite les ventes chutent : la for­mule s’use­rait- elle ? L’heb­do­ma­daire paie-t-il son re­fus de se po­si­tion­ner dans la guerre froide, qui par­tage le monde ?

Sau­vés par de Gaulle

Le ti­rage s’ef­fondre : 536 430 exem­plaires en 1946, 103 440 en 1953. La guerre d’al­gé­rie lui offre l’oc­ca­sion d’une re­mon­tée ex­tra­or­di­naire : entre 1954 et 1962, les ti­rages sont mul­ti­pliés pra­ti­que­ment par trois ! Les lec­teurs se pré­ci­pitent de nou­veau sur Le Ca­nard , qui offre des in­for­ma­tions in­trou­vables

UN TITRE PEUT EN CA­CHER UN AUTRE En ar­got de la presse, un « ca­nard » était une fausse nou­velle et, par ex­ten­sion, un ca­nard, un jour­nal qui ne ra­con­tait que des fausses nou­velles. On sent poindre l’hu­mour de Mau­rice Ma­ré­chal, qui an­nonce en 1915, dans le pre­mier nu­mé­ro, qu’il ne dif­fu­se­ra que « des nou­velles ri­gou­reu­se­ment in­exactes ». « En­chaî­né » fait ré­fé­rence au quo­ti­dien de Cle­men­ceau : L’homme en­chaî­né. De­puis 1913, Georges Cle­men­ceau pu­bliait un quo­ti­dien, L’homme libre, sus­pen­du par les au­to­ri­tés en 1915. Il le fait re­pa­raître dans la fou­lée, en rem­pla­çant « libre » par « en­chaî­né », met­tant les rieurs de son cô­té. D. L.

ailleurs. L’heb­do s’en­gage avec fé­ro­ci­té. Par­fois, cer­taines contra­dic­tions ap­pa­raissent, mais tel est Le Ca­nard . Sur le pou­ja­disme, par exemple : un jour­na­liste voit en lui un fas­ciste, un autre es­time que Pou­jade n’est qu’un ci­toyen en lutte contre le sys­tème. On avait no­té de telles di­ver­gences face au na­zisme. Dans cette pé­riode de la guerre d’al­gé­rie, le jour­nal su­bit la cen­sure – cette fois sous la forme de la sai­sie – et en tire fier­té. Un exemple : tous les nu­mé­ros du 13 mai au 30 juillet 1958 sont sai­sis en Al­gé­rie et re­ti­rés de la vente. Le pres­tige est cer­tain, les rieurs sont de son cô­té. Le Ca­nard s’im­pose dans la cour des grands, dès le dé­but de la Ve Ré­pu­blique et le re­tour au pou­voir du gé­né­ral de Gaulle, après les « évé­ne­ments » de mai 1958. Il ne va plus la quit­ter. Ses flèches sont re­dou­tables. Les lec­teurs se pré­ci­pitent, sur l’heb­do­ma­daire comme sur le dic­tion­naire an­nuel : ils y dé­gustent les dé­fi­ni­tions. Ain­si, dans l’édi­tion de 1959, celle du mot « pa­lin­drome » : « Les dis­cours du gé­né­ral de Gaulle sont de vé­ri­tables pa­lin­dromes, qui ont un sens à droite et à gauche : mais ce n’est pas le même. » La gauche n’est pas épar­gnée dans ce dic­tion­naire. Ain­si, en 1960, sous l’en­trée « Mit­ter­rand », on trouve ces mots : « Tueurs à gags », ré­fé­rence au pseu­do-at­ten­tat dit « de l’ob­ser­va­toire » dont il au­rait été la vic­time en oc­tobre 1959. Après l’in­dé­pen­dance de l’al­gé­rie en 1962, la vie po­li­tique re­trouve ses marques clas­siques. La Ve Ré­pu­blique, Le Ca­nard ne l’aime pas : avec sa li­ber­té de ton et d’es­prit, il fait connaître son sen­ti­ment sur ce ré­gime qui s’ap­pa­rente, se­lon la ré­dac­tion, à une mo­nar­chie ré­pu­bli­caine, fai­sant du gé­né­ral de Gaulle un ma­jes­tueux Roi-so­leil. Plus sé­rieu- se­ment, l’heb­do­ma­daire dé­nonce les scan­dales qui par­sèment la vie du pays, et tout par­ti­cu­liè­re­ment, en 1965, l’en­lè­ve­ment sur le sol fran­çais de Ben Bar­ka, le chef de l’op­po­si­tion ma­ro­caine. La pé­riode sui­vante est celle d’un chan­ge­ment pro­gres­sif dans le jour­nal, qui fait, en­core au­jourd’hui, sa marque. Ap­pa­raissent dans les co­lonnes de plus en plus d’en­quêtes : la feuille d’im­pôt de Jacques Cha­ban-del­mas (1972), la mort de Ro­bert Bou­lin (1979), les dia­mants de Bo­kas­sa (1979), la mort du prince de Broglie (1980). Peu à peu, l’heb­do de­vient un jour­nal d’in­ves­ti­ga­tion. D’autres en­quêtes sui­vront au fil des dé­cen­nies. Elles offrent, comme l’a écrit en 2015 Serge Ju­ly dans son Dic­tion­naire amou­reux du jour­na­lisme, « une vé­ri­table his­toire pa­ral­lèle de la Ve Ré­pu­blique ». L’his­toire of­fi­cielle, Le Ca­nard laisse à d’autres le soin de l’écrire. À la fin du gaul­lisme, en 1969, les ventes at­teignent 400 000 exem­plaires. Elles dé­passent 500 000 exem­plaires en 1974 et 730 000 en 1981. Le suc­cès est to­tal. Ces der­nières an­nées, elles ont bais­sé, comme celles de l’en­semble de la presse fran­çaise. Mais Le Ca­nard en­chaî­né pa­raît in­des­truc­tible. Il de­meure une ins­ti­tu­tion, unique au monde sans doute, crainte des puis­sants – car tou­jours à l’af­fût du « bon coup » – et met­tant les rieurs dans sa poche. Mais, sur­tout, ou­vrant des dos­siers que d’autres jour­naux osent à peine en­trou­vrir, et les ren­dant pu­blics. En culti­vant, en­core et tou­jours, la sa­tire et la dé­ri­sion. u

LE MI­RACLE DU DOUBLE NU­MÉ­RO 1 Le Ca­nard en­chaî­né naît le 10 sep­tembre 1915, mais dis­pa­raît au cin­quième nu­mé­ro par manque de res­sources fi­nan­cières. Mi­racle ! Il res­sus­cite, cette fois pour de bon, le 5 juillet 1916 !

LE FON­DA­TEUR, Mau­rice Ma­ré­chal (1882-1942).

RE­NOM­MÉ(E) Le 15 oc­tobre 1919, l’ad­jec­tif « en­chaî­né » dis­pa­raît, avec cette jus­ti­fi­ca­tion : « Main­te­nant, la grande presse est au­to­ri­sée à dire la vé­ri­té […]. Mais bien en­ten­du elle ne pro­fi­te­ra pas de la per­mis­sion. » En mai 1920, on re­vien­dra au titre

CARTES EN MAIN Vers 1930, mo­ment de pause au ca­fé du Ca­dran, à Pa­ris, pour les jour­na­listes : Mau­rice Ma­ré­chal, en­tou­ré de ses col­la­bo­ra­teurs, abat son jeu.

LÉ­GEN­DAIRE L’épi­logue – aus­si tra­gique que mys­té­rieux – de la sombre af­faire Sta­vis­ky offre aux lec­teurs de l’heb­do­ma­daire l’un des plus cé­lèbres titres de son his­toire. • Une du 10 jan­vier 1934.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.