OLYM­PIE, LE BER­CEAU DES JEUX DE ZEUS

Ca­the­rine Salles

Historia - - Sommaire Nos - PAR CA­THE­RINE SALLES

Àen­vi­ron une quin­zaine de ki­lo­mètres de son em­bou­chure sur la mer Io­nienne, en Élide, le fleuve Al­phée tra­verse une val­lée pai­sible en­tou­rée de col­lines ver­doyantes. Ce cadre na­tu­rel ex­cep­tion­nel – proche des pe­tites villes de Pi­sa et d’élis – a ac­cueilli pen­dant plus de dix siècles des com­pé­ti­tions spor­tives en l’hon­neur de Zeus. Plu­sieurs lé­gendes ex­pliquent le choix de ce site. Se­lon la plus an­cienne, Zeus et ses frères olym- piens au­raient rem­por­té la vic­toire contre leur père, Cro­nos, dans cette val­lée. Une autre en fait le théâtre de la vic­toire de Pé­lops dans la course de chars dis­pu­tée contre le roi de Pi­sa Oe­no­maos pour ob­te­nir la main de sa fille Hip­po­da­mie. En­fin, c’est à Élis qu’hé­ra­clès net­toie les écuries d’au­gias en dé­viant le cours de l’al­phée. Après quoi il y au­rait or­ga­ni­sé une course dont il cou­ron­na le vain­queur d’une branche d’oli­vier. La date re­te­nue pour la fon­da­tion des com­pé­ti­tions est 776 avant notre ère. Nous connais­sons le nom du pre­mier vain­queur, l’éléen Ko­roï­bos. Il est pour­tant vrai­sem­blable que les concours gym­niques ont com­men­cé bien plus tôt.

Le tour du pro­prié­taire

Tout se fait en fonc­tion du culte de Zeus, pro­tec­teur du site d’olym­pie, car il ne faut pas ou­blier que ces agônes (en grec, « jeux pu­blics », « lutte ») n’ont pas une va­leur spor­tive mais re­li­gieuse. Ils sont or­ga­ni­sés dans le cadre de grandes

fêtes re­li­gieuses qui ras­semblent des pè­le­rins ve­nus de toutes les ci­tés du monde grec. À par­tir du VIIE siècle avant notre ère, les mo­nu­ments éle­vés en l’hon­neur du dieu du Ciel se mul­ti­plient sur le site. Le temple le plus ex­tra­or­di­naire du bois sa­cré de Zeus (l’al­tis), éle­vé en – 456, est ce­lui qui lui est consa­cré. Per­ché sur une pla­te­forme ar­ti­fi­cielle, il do­mine de 20 mètres tous les autres mo­nu­ments. Sa dé­co­ra­tion, en marbre de Pá­ros, est ex­cep­tion­nelle : le fron­ton est re­pré­sente la course de chars vic­to­rieuse de Pé­lops contre Oe­no­maos ; le fron­ton ouest, le com­bat des La­pithes et des Cen­taures. Les cô­tés de la fa­çade portent 12 mé­topes sculp­tées, consa­crées aux tra­vaux d’hé­ra­clès. À l’in­té­rieur, dans la cel­la cen­trale, se dresse une des Sept Mer­veilles du monde, la sta­tue de Zeus Olym­pien, réa­li­sée par Phi­dias, dont l’ate­lier se trou­vait près du temple. Haute de plus de 12 mètres, chry­sé­lé­phan­tine (fa­bri­quée en or et en ivoire), elle re­pré­sente le dieu as­sis sur son trône et te­nant dans sa main droite une Vic­toire, et dans la gauche son sceptre. Le vi­sage, le tronc et les mains sont en ivoire ; le vê­te­ment et les chaus­sures, consti­tués de plaques d’or. On ac­cède par un es­ca­lier en spi­rale aux ga­le­ries du pre­mier étage pour contem­pler la sta­tue. Par­mi les autres mo­nu­ments d’olym­pie en­core vi­sibles, il faut ci­ter le temple d’hé­ra (épouse de Zeus), le bou­leu­tê­rion (où se réunis­sait le bou­lê, un or­gane à la fois lé­gis­la­tif et exé­cu­tif dans les ci­tés grecques), le pry­ta­née, la ter­rasse des Tré­sors ( pe­tits temples of­ferts par les villes), l’au­tel de Zeus, com­po­sé de l’ac­cu­mu­la­tion des cendres des sacrifices. Sur un au­tel brûle en per­ma­nence le feu sa­cré (le re­lais de la flamme de­puis Olym­pie jus­qu’au pays or­ga­ni­sa­teur est une in­ven­tion des Jeux mo­dernes). À l’ex­té­rieur de l’al­tis se dressent le gym­nase, de forme rec­tan­gu­laire, et la pa­lestre, édi­fice car­ré où s’exer­çaient les ath­lètes.

À vos marques…

Les com­pé­ti­tions sont ou­vertes à tous les Grecs libres. Ce qui ex­clut les étran­gers, les es­claves, les cri­mi­nels, les sa­cri­lèges et les femmes ma­riées. Il faut dis­po­ser d’une cer­taine for­tune et de li­ber­té pour consa­crer du temps à l’en­traî­ne­ment. Les pre­miers Jeux

PUIS­SANCE 4 Des cen­taines de ci­tés or­ga­nisent des com­pé­ti­tions spor­tives dans l’en­semble de la Grèce et de l’asie Mi­neure, mais quatre seule­ment ont vo­ca­tion pan­hel­lé­nique, c’est-à-dire qu’elles s’adressent à toute la Grèce. Les Olym­piques, à Olym­pie, en l’hon­neur de Zeus. Les Py­thiques, à Delphes, pour Apol­lon – ces jeux se tiennent tous les quatre ans, les vain­queurs re­çoivent une cou­ronne de lau­rier. Tous les deux ans se dé­roulent les Isth­miques, à Co­rinthe, pour Po­séi­don (une cou­ronne de pin) ; et les Né­méens, à Né­mée, pour Zeus (une cou­ronne d’ache). Il convient d’ajou­ter Athènes, qui or­ga­nise, plus tard, les Pa­na­thé­nées, pour Athé­na, tous les quatre ans ( une am­phore d’huile). C. S.

ras­semblent des concur­rents des classes su­pé­rieures de la so­cié­té, rois et ty­rans de Sparte, de Sy­ra­cuse, de Ma­cé­doine. C’est par­ti­cu­liè­re­ment vrai dans les épreuves hip­piques, car le coût des che­vaux et des chars est très éle­vé. L’athé­nien Al­ci­biade aligne sept at­te­lages en – 416. Pro­gres­si­ve­ment, le re­cru­te­ment se pro­fes­sion­na­lise, et les ath­lètes sont en­tre­te­nus par leur ville. Tous les quatre ans, un an avant le dé­but des épreuves, les ma­gis­trats, ou hel­la­no­dices (juges des Hel­lènes), an­noncent au monde grec les dates de la « trêve sa­crée ». Des émis­saires, les théores, alertent les dif­fé­rentes ci­tés pour in­di­quer la pé­riode du ces­sez- le- feu, qui per­met­tra aux ath­lètes et aux spec­ta­teurs de tra­ver­ser les dif­fé­rentes ré­gions de la Grèce en toute sé­cu­ri­té. Il faut comp­ter un temps suf­fi­sam­ment long pour per­mettre les al­lers et re­tours de cha­cun. À Delphes, la trêve sa­crée dure un an ; à Olym­pie, elle couvre une pé­riode d’au moins dix mois. Pen­dant les mois pré­cé­dant les Jeux, les che­mins d’ac­cès au site doivent être net­toyés, et les bâ­ti­ments re­mis en état. Il faut aus­si ac­cueillir les mil­liers de vi­si­teurs qui, après un voyage long et dif­fi­cile, viennent as­sis­ter aux agônes . La plu­part du temps, ils couchent en plein air et souffrent de la cha­leur et du manque d’eau. Mais c’est peu de chose en com­pa­rai­son de la sé­duc­tion qu’opèrent les com­pé­ti­tions sur les Grecs. À un étran­ger qui ne com­prend pas l’at­trait qu’offre le spec­tacle de corps rou­lant dans la boue et d’échanges de coups de poing, So­lon ré­pond : « C’est parce que tu n’es pas grec ! » De fait, les agônes sont l’ex­pres­sion de l’uni­té hel­lé­nique et la re­con­nais­sance de va­leurs com­munes.

De­man­dez le pro­gramme

Les épreuves dé­butent à la pre­mière lune du sol­stice d’été, c’est-à-dire au mois d’août. Elles durent cinq jours, du­rant les­quels al­ternent com­pé­ti­tions ath­lé­tiques et obli­ga­tions re­li­gieuses. Pen­dant la pre­mière jour­née, on en­re­gistre les ath­lètes sé­lec­tion­nés. Ces ath­lètes et les hel­la­no­dices prêtent ser­ment dans le bou­leu­tê­rion, de­vant l’au­tel de Zeus Hor­kios ( gar­dien des ser­ments). On dé­signe aus­si les clai­rons qui son­ne­ront le dé­but des épreuves et les hé­rauts qui an­non­ce­ront le nom des vain­queurs. Le deuxième jour est consa­cré aux épreuves hip­piques – courses de che­vaux et de chars, dis­ci­pline dans la­quelle s’était illus­tré le fon­da­teur my­thique des Jeux, Pé­lops – ain­si qu’à celles du pentath­lon. Le soir ve­nu, on im­mole un bé­lier noir dans le Pélopion, tertre re­cou­vrant le cé­no­taphe de Pé­lops. Toute la ma­ti­née

POUR COM­PRENDRE LA LIESSE QUI EN­TOURE CES FÊTES, IL FAUT ÊTRE GREC, SE­LON LE SAGE SO­LON

du troi­sième jour est oc­cu­pée par une longue pro­ces­sion, qui, du pry­ta­née, suit le mur ex­té­rieur et entre dans l’al­tis par la porte du Sud. Elle longe le temple de Zeus et fi­nit son par­cours de­vant l’au­tel ex­té­rieur du dieu, où est im­mo­lée une hé­ca­tombe (100 boeufs). D’autres sacrifices sont of­ferts sur les 70 au­tels éle­vés dans l’al­tis. L’après- mi­di ont lieu les courses à pied. Le qua­trième jour est ré­ser­vé aux sports de com­bat : lutte, pu­gi­lat, pan­crace et lutte ar­mée. Le cin­quième jour, tous les vain­queurs sont ho­no­rés. Ils se di­rigent les uns à la suite des autres jus­qu’au temple de Zeus, où ils re­çoivent des cou­ronnes faites de branches cou­pées sur l’oli­vier sa­cré d’olym­pie. Les re­pré­sen­tants des villes viennent à leur tour of­frir des tré­sors pré­cieux à Zeus. La soi­rée se pro­longe tard dans la nuit au­tour d’un fes­tin so­len­nel of­fert dans le pry­ta­née. On mange la chair des ani­maux im­mo­lés la veille et on chante des odes à la gloire des an­ciens vain­queurs : « Le beau vi­sage de la lune éclaire le soir de sa clar­té fan­tasque et tout le sanc­tuaire re­ten­tit de chan­sons et des hymnes d’un joyeux fes­tin. » (Pin­dare, Olym­piques X, 73-77)

Que le meilleur gagne

Les ath­lètes en lice s’en­traînent pen­dant plu­sieurs mois dans les gym­nases d’olym­pie et d’élis sous la sur­veillance des hel­la­no­dices. On dis­tingue trois classes de com­pé­ti­teurs : les en­fants ( jus­qu’à 12 ans), pour les­quels des épreuves spé­ciales sont or­ga­ni­sées le

OÙ SONT LES FEMMES ? Les agônes olym­piques sont in­ter­dits au sexe dit faible, et pour­tant les ar­chéo­logues ont mis au jour huit ins­crip­tions de noms de femmes vic­to­rieuses, dont Ky­nis­ca, la fille du roi de Sparte Ar­chi­da­mos, qui a rem­por­té deux fois la cou­ronne de la course en qua­drige. En réa­li­té, ces dames sont les pro­prié­taires des che­vaux vain­queurs. Il existe ce­pen­dant à Olym­pie des com­pé­ti­tions ré­ser­vées aux femmes, qui se dé­roulent en l’hon­neur d’hé­ra, tous les quatre ans. Des jeunes filles, en tu­nique, s’af­frontent dans une course à pied d’une lon­gueur de 2 000 mètres. C. S.

pre­mier jour ; les ju­niors (12 à 18 ans) ; et les adultes. Cha­cun peut, s’il le veut, s’ins­crire dans la classe su­pé­rieure. Il n’y a pas de ca­té­go­ries de poids ou de taille. Les ath­lètes concourent nus. C’est une des rai­sons de l’in­ter­dic­tion faite aux femmes d’as­sis­ter aux agônes (à l’ex­cep­tion de la prê­tresse de Dé­mé­ter). Avant les épreuves des sports de com­bat, les hommes en­duisent leurs corps d’huile. Les concours hip­piques sont les épreuves reines. Ils dé­chaînent l’en­thou­siasme des spec­ta­teurs par la beau­té des cour­siers, le luxe des chars et la pres­tance des co­chers. L’hip­po­drome était construit au bord de l’al­phée, mais il n’en reste que peu de traces. C’est un sport aris­to­cra­tique par ex­cel­lence. Tous les concur­rents doivent s’ali­gner en même temps sur la ligne de dé­part ; on a comp­té jus­qu’à 40 at­te­lages en­ga­gés dans une même course. Les dis­tances im­po­sées sont re­la­ti­ve­ment longues ; et on dis- tingue les pou­lains des che­vaux. Les prix ne sont pas des­ti­nés aux co­chers, mais aux pro­prié­taires des che­vaux. Il existe dif­fé­rentes épreuves en fonc­tion de la dis­tance par­cou­rue. À la dif­fé­rence des courses mo­dernes, l’ath­lète ne fait pas le tour de la piste, mais des al­lers et re­tours. Un des plus cé­lèbres ves­tiges de la Grèce an­tique loue ces ren­contres : l’ Au­rige de Delphes , une fas­ci­nante sta­tue en bronze du dé­but du Ve siècle av. J.-C., de gran­deur na­ture. Ce conduc­teur de char, la tête cou­ron­née du ban­deau de la Vic­toire, tient les rênes d’un qua­drige, dont il ne reste plus que quelques frag­ments. Trois stades furent suc­ces­si­ve­ment construits à Olym­pie, dont le der­nier au mi­lieu du IVE siècle avant notre ère. On y ac­cède par un pas­sage voû­té. La dis­tance entre la ligne de dé­part et celle d’ar­ri­vée va­rie se­lon les ré­gions entre 147 et 192 mètres, soit un stade. Un peu avant la ligne d’ar­ri­vée se trouve la tri­bune des hel­la­no­dices. Par­mi les épreuves, on dis­tingue : le stade ; le double stade, ou diau­los (348 mètres) ; la course de fond, ou do­li­chos (4,60 ki­lo­mètres). En­fin, la course en armes, dis­pu­tée par des hommes por­tant casque et bouclier. Cette course, la der­nière, an­nonce la fin de la trêve sa­crée. Les sports de com­bat sont lar­ge­ment re­pré­sen­tés sur les vases. On y voit, à cô­té des lut­teurs, un ar­bitre ar­mé d’un

ai­guillon pour pi­quer les concur­rents en cas d’ir­ré­gu­la­ri­tés. La lutte at­tire les foules. Pour vaincre, il faut pro­je­ter trois fois son ad­ver­saire au sol. Il n’y a pas de li­mi­ta­tion de temps. Le pan­crace est une dis­ci­pline ou­bliée. Il s’agit d’une spé­cia­li­té grecque, très vio­lente, com­bi­nant la lutte et la boxe. Il faut maî­tri­ser l’ad­ver­saire par tous les moyens, même les plus ex­trêmes. Il est seule­ment in­ter­dit de mordre et d’en­fon­cer ses doigts dans les yeux ! Les lut­teurs de pan­crace sont des hommes gi­gan­tesques, aux muscles hy­per­tro­phiés et aux énormes masses de graisse. Moins bru­tale que le pan­crace, la boxe, ou pu­gi­lat, reste un sport violent. Là aus­si, le temps n’est pas comp­té. Les boxeurs portent au­tour des mains des la­nières de cuir qui causent par­fois de graves bles­sures. La plu­part des boxeurs gardent sur le vi­sage les traces des com­bats : nez cas­sé, oreilles tu­mé­fiées, ci­ca­trices… L’épreuve spor­tive consi­dé­rée comme la plus com­plète est le pentath­lon. Elle as­so­cie cinq épreuves in­di­vi­duelles : la course, la lutte, le saut en lon­gueur, le lan­cer de disque et le lan­cer de ja­ve­lot. Le pentath­lon ne de­mande pas d’être spé­cia­liste d’un sport, ce qui le dé­va­lo­rise un peu. Ce­lui qui rem­porte trois épreuves est dé­si­gné vain­queur.

Primes et châ­ti­ments

Les vain­queurs des épreuves olym­piques ne re­çoivent pas à pro­pre­ment par­ler de ré­com­penses, car la vic­toire et la cou­ronne d’oli­vier sont à elles seules des titres de gloire. Ce­pen­dant, les villes dont sont ori­gi­naires les ath­lètes prennent très tôt l’ha­bi­tude de ver­ser aux ga­gnants des primes, qui va­rient se­lon l’épreuve qu’ils ont rem­por­tée. Cer­tains spor­tifs amassent ain­si des sommes consi­dé­rables et de­viennent des no­tables dans leur pa­trie. Du fait de leur gloire, ils sont chan­tés par les poètes. Leurs sta­tues et leurs ins­crip­tions ho­no­ri­fiques se comptent par cen­taines au­tour du temple de Zeus. Il existe des sanc­tions contre les ath­lètes qui trans­gressent les règles. Des amendes fort lourdes frappent les re­tar­da­taires, les tri­cheurs, ceux qui tentent de cor­rompre les juges ou leur ad­ver­saire. Ces amendes ont ser­vi à éle­ver des sta­tues de Zeus en bronze, les Zanes, pla­cées à l’en­trée du stade pour dis­sua­der les éven­tuels tri­cheurs. Il ne reste de ces Zanes que les bases de pierre. On peut même fouet­ter le cou­pable. Ce fut le cas d’al­ci­biade, après sa vic­toire hip­pique en – 416. Son crime ? S’être van­té de ve­nir de la « ville des villes », au lieu de dire plus sim­ple­ment Athènes ! Les der­niers Jeux se tiennent en 393 de notre ère. Après cette date, en rai­son du chris­tia­nisme triom­phant, ils sont sup­pri­més. Pe­tit à pe­tit, tout dis­pa­raît du site de la ville olym­pique, avant qu’on ne le re­dé­couvre à la fin du XIXE siècle. Toutes les vic­toires sont éter­nelles. u

LE RE­POS DU GUER­RIER La Grèce an­tique est le théâtre de ba­tailles in­ces­santes entre ci­tés ri­vales. Ce­pen­dant, une courte trêve est dé­cré­tée tous les quatre ans, du­rant la­quelle les hommes libres courent après la gloire plu­tôt que le pou­voir. Cé­ra­mique à f

PHILIPPÉION TEMPLE D’HÉ­RA EN­CEINTE DU SANC­TUAIRE TER­RASSE DES TRÉ­SORS PÉLOPION STADE TEMPLE DE ZEUS

AGO­RA On es­time que des di­zaines de mil­liers de per­sonnes as­sis­taient aux Jeux (1). Les fouilles n’ont à ce jour ré­vé­lé au­cun quar­tier d’ha­bi­ta­tion sur le site d’olym­pie (2) – re­cons­ti­tué en 3D (3) –, où des cam­pe­ments som­maires, mê­lant com­pé­ti­teurs et sp

MER­VEILLE DU MONDE Au coeur du sanc­tuaire se te­nait l’im­po­sant temple de Zeus (– 456), pro­tec­teur d’olym­pie. Les Jeux, fête re­li­gieuse avant tout, lui étaient dé­diés. À l’in­té­rieur trône sa sta­tue, oeuvre de Phi­dias, sur la­quelle le so­leil, à son le­ver, d

SOUS L’ÉGIDE DES DIEUX Le temple bâ­ti à la gloire de Zeus cé­lè­brait la vic­toire des Éléens contre Pi­sa. De style do­rique, il était ceint d’une ran­gée de co­lonnes can­ne­lées, sans base, ébran­lées au­jourd’hui.

RES­PECT Dans le bou­leu­tê­rion (sé­nat), les ath­lètes, tous ci­toyens grecs, s’ins­crivent en prê­tant le ser­ment d’olym­pie de­vant les juges. LE PLUS SIMPLE AP­PA­REIL Dans des pièces équi­pées d’un bas­sin, les spor­tifs peuvent chan­ger de vê­te­ments et se la­ver. Ap

FAITES VOS JEUX Des bâ­ti­ments sont pré­vus pour l’en­traî­ne­ment, comme la pa­lestre, car­rée. Les vi­si­teurs s’y pressent pour jau­ger les chances de leur cham­pion et ali­men­ter les pa­ris, nom­breux… DIS­TANCES HIP­PIQUES

Pou­lain : 1472 mètres. Che­val : 2624 mètres. Bige at­te­lé de deux pou­lains : 3776 mètres. Bige at­te­lé de deux che­vaux : 9536 mètres. Qua­drige at­te­lé de 4 pou­lains : 9536 mètres. Qua­drige at­te­lé de 4 che­vaux : 14 144 mètres.

KOP Le stade olym­pique se ca­rac­té­rise par son aus­té­ri­té. À l’ex­cep­tion d’une ter­rasse ré­ser­vée aux juges (à dr.), il ne com­prend au­cun gra­din : la foule des spec­ta­teurs se presse le long des ta­lus.

HAIE DE DÉSHONNEUR Ga­gner, à n’im­porte quel prix ! Tel est le cre­do de cer­tains, qui n’hé­sitent pas à user de tri­che­rie. Ceux-là doivent faire éri­ger à leurs frais des sta­tues en bronze de Zeus, ap­pe­lées les Zanes.

EN PISTE Une in­ter­pré­ta­tion ar­chéo­lo­gique de l’ Au­rige de Delphes , com­po­si­tion am­bi­tieuse d’un qua­drige (lire en­ca­dré p. 87) du Ve siècle av. J.-C.

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