Ibn al-baz, le pro­cu­reur en chef du wah­ha­bisme

Historia - - Événement Exclusif -

Ab­de­la­ziz Ibn Ab­dal­lah Ibn al-baz (1912-1999) ne fait pas par­tie de la fa­mille du fon­da­teur du wah­ha­bisme, mais doit tout à l’un de ses des­cen­dants (Mu­ham­mad ibn Ibra­him). Il a sui­vi ses cours à par­tir de 1928, l’an­née où il com­mence à perdre la vue, jus­qu’en 1938, date à la­quelle il est nom­mé ca­di dans une ville de l’ara­bie cen­trale, sur pro­po­si­tion de son men­tor. Il faut at­tendre 1951 pour qu’il soit rap­pe­lé à Riyad, et dix ans en­core pour qu’il re­joigne Mu­ham­mad ibn Ibra­him en tant que vice-pré­sident de l’uni­ver­si­té is­la­mique de Mé­dine (1961). Neuf ans plus tard, il hé­rite de la pré­si­dence. Dès lors, il en­chaîne les hon­neurs : pré­sident du Dé­par­te­ment des re­cherches, de la con­sul­ta­tion en 1974 – l’an­née même où il apo­strophe Bourguiba –, grand muf­ti en 1993 et pré­sident du Conseil des grands ou­lé­mas d’ara­bie saou­dite la même an­née. Ibn al-baz s’est taillé la ré­pu­ta­tion d’un doc­tri­naire. Son oeuvre compte 41 écrits (y com­pris la fat­wa contre Bourguiba). Sa fat­wa en 1990 ava­li­sant le re­cours aux « in­fi­dèles » pour com­battre Sad­dam Hus­sein est un gage d’obéis­sance ab­so­lue à une mo­nar­chie qui lui a lâ­ché la bride dès 1974, au mo­ment où l’ara­bie de­vient une puis­sance pé­tro­lière, pour me­ner une pro­pa­gande mon­diale d’une rare vio­lence. H. R.

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