CI­ME­TIÈRE SOUS-MA­RIN POUR FRÉ­GATES MA­LOUINES

Historia - - Dossier Bretagne -

Si­tué en bor­dure du che­nal d’ac­cès au port de Saint-ma­lo, le banc de la Na­tière souffre d’une si­nistre ré­pu­ta­tion, celle de « piège à ba­teau ». Par­mi ses vic­times, deux fré­gates du XVIIIE siècle – la Dau­phine et L’ai­mable Gre­not – qui re­posent à 15 mètres de fond, à moins d’un mille de la côte, et qui ont fait l’ob­jet de fouilles entre 1999 et 2008. Le « bu­tin » s’avère ex­cep­tion­nel : 3 000 ob­jets (ca­nons, cor­dages, ins­tru­ments de na­vi­ga­tion, de chi­rur­gie, vais­selle, ef­fets per­son­nels). Le 11 dé­cembre 1704, Dubocage, aux com­mandes de la Dau­phine, s’ap­proche de Saint-ma­lo. Si le na­vire est sor­ti vic­to­rieux de trois com­bats, son des­tin va bas­cu­ler en quelques mi­nutes. Dros­sé par un vent violent, le vais­seau se fra­casse contre les écueils bor­dant le che­nal. Le 6 mai 1749, L’ai­mable Gre­not s’ap­prête à quit­ter la rade de Di­nard pour Ca­dix avec une car­gai­son de toiles. Peu après son dé­part, le na­vire heurte les pierres des Ou­vras et se couche sur le flanc. Pour ré­cu­pé­rer mar­chan­dise et ar­tille­rie, les ma­te­lots pra­tiquent une ou­ver­ture dans la coque. Dé­ga­gée par le cou­rant, la fré­gate fi­ni­ra par som­brer. Deux siècles après ce double nau­frage, la mois­son d’ob­jets re­cueillis par les ar­chéo­logues éclaire d’un jour nou­veau le dé­ve­lop­pe­ment du com­merce ma­ri­time ain­si que les as­pects les plus quo­ti­diens de la vie des équi­pages ma­louins du XVIIIE siècle. u

SHO­CKING Re­cons­ti­tu­tion nu­mé­rique de la Dau­phine, vic­to­rieuse des An­glais mais vain­cue par le banc de la Na­tière, un jour de dé­cembre 1704.

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