OR­LÉANS Tou­jours vi­vante après la chute de l’em­pire…

Historia - - Dossier Centre-val De Loire -

Les fouilles me­nées à l’oc­ca­sion de la construc­tion d’une ligne de tram­way, de 2009 à 2012, ont ra­di­ca­le­ment chan­gé la vi­sion des historiens sur l’évo­lu­tion de la ci­té. Au coeur des recherches : la place Sainte-croix. Au VIE siècle, un vaste édi­fice s’y dres­sait en face de l’an­tique ca­thé­drale (re­trou­vée sous l’ac­tuelle, avec ses sols mo­saï­qués), au bord de la voie qui cou­pait alors la ville du nord au sud. Très peu fré­quent pour cette époque : ses fon­da­tions laissent ima­gi­ner une bâ­tisse d’au moins 110 m2, en pierres, à un étage et cou­verte de tuiles fa­bri­quées à Sa­ran (lire ci-contre). « Ces ves­tiges ne tra­hissent au­cune ap­par­te­nance à la religion. Dans les dé­po­toirs de l’ha­bi­ta­tion ont aus­si été ex­hu­més des os de che­val, un ali­ment alors in­ter­dit par les ca­nons re­li­gieux. On tient donc peut-être ici la ré­si­dence d’un roi mé­ro­vin­gien, au moins d’un per­son­nage illustre », ex­plique l’ar­chéo­logue Pas­cal Joyeux. Avec les autres édi­fices de la même pé­riode, mis au jour rue de la Char­pen­te­rie (une ré­si­dence royale) et rue Jeanne-d’arc, cette dé­cou­verte re­met en ques­tion l’idée te­nace d’une dé­li­ques­cence des villes d’oc­ci­dent après la chute de l’em­pire. Loin d’un amas de ca­hutes en bois et en terre, Or­léans était sous les Mé­ro­vin­giens une ci­té or­ga­ni­sée, bâ­tie se­lon des tech­niques iden­tiques à celles des Ro­mains. Les Bar­bares n’avaient donc pas tout dé­truit, ils avaient plu­tôt joué la conti­nui­té pour mieux ré­gner… u

BEAU QUAR­TIER Une ré­si­dence aris­to­cra­tique (VIIE s.) a été ex­hu­mée, preuve que la ci­té at­ti­rait en­core les plus for­tu­nés…

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.