L’oran­ge­rie et l’en­ceinte des « fos­sés jaunes »

Historia - - Dossier Île-de-france -

En 2009, en re­cons­trui­sant les fon­da­tions du mu­sée de l’oran­ge­rie, dans le jar­din des Tui­le­ries, on dé­couvre un mur. C’est la mu­raille de Pa­ris. Oui, mais la­quelle ? La ca­pi­tale a connu cinq en­ceintes suc­ces­sives. Celle-ci date du XVIE siècle : c’est le rem­part construit pour pro­té­ger le châ­teau de Catherine de Mé­di­cis lors des guerres de Religion. Une le­vée de terre de 16 mètres de lar­geur cou­ron­née d’un mur de 2,50 m de hau­teur sur… 60 mètres de lon­gueur ! Cette der­nière en­ceinte, dite « des fos­sés jaunes », est vi­sible dans le sous-sol du mu­sée de l’oran­ge­rie. Com­men­cée en 1565 puis aban­don­née, elle est re­prise sous Louis XIII. 80 marques la­pi­daires en forme de roue sont les si­gna­tures des tailleurs de pierre qui l’édi­fièrent. Sur le rem­part, une mai­son est bâ­tie sous Louis XIV. L’ar­chéo­logue Paul Cel­ly consi­dère qu’il s’agit pro­ba­ble­ment de celle de Gilles Re­nard, le com­mis­saire du roi char­gé de trans­for­mer la mu­raille en une pro­me­nade ar­bo­rée, les Grands Bou­le­vards. Pa­ra­doxe : au mo­ment où la France est en guerre contre toute l’eu­rope, on rase les rem­parts de Pa­ris. C’est que, dé­sor­mais, la dé­fense est por­tée aux fron­tières du royaume, for­ti­fiées par Vau­ban… L’en­ne­mi ne peut donc plus at­teindre la ca­pi­tale ! u

L’en­ceinte, construite en deux temps (der­nier tiers du XVIE s. et entre 1632 et 1647), re­liait les Tui­le­ries à l’an­cien rem­part de Charles V.

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