AN­TIBES Un vieux port plus fort que Mar­seille !

Historia - - Dossier Paca -

Plus de 90 000 frag­ments de cé­ra­miques – dont plu­sieurs pièces tou­jours in­tactes – ain­si que l’épave d’un na­vire ro­main de moyen ton­nage de 25 mètres de lon­gueur : la fouille me­née en 2012 à la li­sière du port Vau­ban (le port de plai­sance d’an­tibes) – dans le cadre de l’amé­na­ge­ment d’un parc sou­ter­rain – s’est ré­vé­lée d’une ex­cep­tion­nelle ri­chesse. « Jus­qu’à la fin du néo­li­thique, la la­gune était en­core fer­mée, rap­porte Isabelle Da­veau, res­pon­sable de l’opé­ra­tion. Après la rup­ture du cor­don lit­to­ral, les couches d’en­sa­ble­ment se sont ac­cu­mu­lées, en­se­ve­lis­sant les ves­tiges de l’ac­ti­vi­té du port. La masse d’ob­jets (am­phores, vais­selle, pièces mé­tal­liques, en bois, en verre…) que nous avons ré­col­tée au mi­lieu des sé­di­ments té­moigne de la vi­ta­li­té de la zone entre la fin du Ve siècle et le dé­but du VIIE siècle avant notre ère. »

An­ti­po­lis n’était pas une ville comme une autre : ayant pris le par­ti de Cé­sar contre Pom­pée, elle avait été ré­com­pen­sée avec un sta­tut de mu­ni­cipe, gage d’au­to­no­mie à l’égard de Mar­seille. Non seule­ment elle ré­cep­tion­nait un large éven­tail de mar­chan­dises en pro­ve­nance de toute la Mé­di­ter­ra­née, mais elle ex­por­tait aus­si ses propres pro­duits. Comme le ga­rum, une sauce à base de pois­sons consom­mée jus­qu’à Londres. « Notre tra­vail at­teste cette pros­pé­ri­té et com­plète la vi­sion jusque-là très par­tielle du site », se fé­li­cite Isabelle Da­veau. u

Les am­phores té­moignent du rôle d’im­port-ex­port joué par la ci­té.

Épave ro­maine d’une quin­zaine de mètres de lon­gueur, cé­ra­miques par mil­liers – dont cer­taines en­core in­tactes, ain­si que leur conte­nu – per­mettent de mieux com­prendre l’ac­ti­vi­té flo­ris­sante du port an­tique.

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