QUAND LES BLEUS VOIENT ROUGE

Historia - - Dossier Pays De La Loire -

En oc­tobre 1793, l’ar­mée ca­tho­lique et royale de Ven­dée, ré­vol­tée contre la Ré­pu­blique, part cher­cher l’aide des An­glais à Granville. Mais elle échoue et, di­mi­nuée de moi­tié, re­part vers ses terres. Ré­fu­giés au Mans, ses 40 000 membres sont vain­cus, les 12 et 13 dé­cembre, par l’ar­mée ré­pu­bli­caine. Les textes évoquent un massacre de femmes, d’en­fants et de vieillards. Leurs ca­davres se­ront in­hu­més à la hâte sous la place des Ja­co­bins. Ce n’est qu’en 2010 que des preuves ma­té­rielles de cet épisode peu re­lui­sant se­ront avan­cées, à l’oc­ca­sion des fouilles pré­ven­tives, me­nées par Pierre Che­vet (In­rap). Ache­vée en 2016 par l’an­thro­po­logue Élo­die Ca­bot, l’étude des neuf char­niers conte­nant 154 sque­lettes montre des di­ver­gences no­toires avec les textes re­la­tant l’évé­ne­ment : l’iden­ti­fi­ca­tion des sexes ré­vèle une ma­jo­ri­té d’hommes et la qua­si-ab­sence d’en­fants ; les causes de dé­cès, par arme blanche ou à feu, re­flètent le dé­rou­le­ment d’une ba­taille en deux pans, avec, d’un cô­té, deux ar­mées face à face et, de l’autre, une masse de non-com­bat­tants pour­sui­vie lors de sa fuite hors les murs ; les ef­fets re­trou­vés (dont une bourse conte­nant trois écus d’ar­gent et une croix en or) prouvent que le dé­pouille­ment n’a pas été sys­té­ma­tique. Ces neuf char­niers ne sont pas ex­haus­tifs et re­pré­sentent moins de 10 % des corps en­ter­rés sous la place (2 000 à 3 000 se­lon les textes). Seule cer­ti­tude, des morts des deux camps sont bien en­ter­rés là… mais la science ne per­met pas de les dis­tin­guer ! u

TROUÉE La ba­taille du Mans est un épisode im­por­tant de « la vi­rée de Ga­lerne » au cours de la pre­mière guerre de Ven­dée (1793-1795). Les im­pacts d’armes à feu sur les os­se­ments sont mi­no­ri­taires mais pré­sents, par­fois confir­més par la dé­cou­verte de balles

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