Pro­pria­no À QUAT­TRI­NA, UNE ÉGLISE PEUT EN CA­CHER UNE AUTRE…

Historia - - Dossier Corse -

On était loin de se dou­ter qu’aux temps an­ciens Quat­tri­na a au­tant ai­mé l’en­cens. Tom­bées dans l’ou­bli dès le Moyen Âge, les églises pri­mi­tives de cette pe­tite bour­gade de pê­cheurs qui de­vra at­tendre long­temps pour se voir éri­ger en com­mune (Pro­pria­no, en 1860). Pour­tant, la pierre est tê­tue : on y a très tôt fleu­ri des au­tels. En 2009, à la fa­veur d’un projet im­mo­bi­lier, les cher­cheurs ont ain­si dé­ga­gé les ruines d’un édi­fice an­tique et d’un en­semble d’églises ain­si qu’une né­cro­pole, qui s’est peut-être dé­ve­lop­pée à par­tir d’une cha­pelle pri­mi­tive dont seule la pointe ouest a été ren­due à la lu­mière. Plus par­lantes, en re­vanche, sont les ruines des églises en­châs­sées qui lui sont pos­té­rieures. Une cha­pelle – qui pré­sente une nef de 11 m sur 5,60 m ter­mi­née en ab­side – a, de toute évi­dence, été éri­gée au­tour du Xe siècle sur les ruines d’un édi­fice bien plus vaste (16 m sur 8,50 m) dont les amé­na­ge­ments li­tur­giques, conser­vés de ma­nière ex­cep­tion­nelle, at­testent l’im­por­tance : base d’un au­tel et sol du choeur ma­çon­nés, banc pres­by­té­ral por­tant ca­thèdre en son centre, ados­sée à l’ab­side. Si le sta­tut de cette église n’est tou­jours pas clai­re­ment dé­fi­ni, Phi­lippe Cha­pon, res­pon­sable des fouilles, re­con­naît dé­jà en elle « l’égal[e] des édi­fices les plus im­por­tants de l’île, comme Mariana ou Corte ». u

EMBOÎTÉES Un lieu de culte (XIE s.) bâ­ti sur les ruines d’une cha­pelle, plus vaste et plus an­cienne (VIE-VIIE s.).

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