LA FO­LIE DES COL­LEC­TION­NEURS ILLUSTRES

Ces personnages cé­lèbres par­tagent tous un goût im­mo­dé­ré pour les oeuvres d’art, une ma­nie qui s’ac­com­mode tan­tôt d’exo­tisme, tan­tôt d’insolite. Ha­sard, cu­rio­si­té, coup de foudre ? Tra­di­tion fa­mi­liale ? Ou un des­sein plus stra­té­gique, plus po­li­tique… Écla

Historia - - Sommaire N° 847-848 - Ma­rie Mi­ni­co­ni

Les Ro­ma­nov, ils ne jurent que par les oeufs Fa­ber­gé

Les cé­lèbres oeufs sont créés par le joaillier Pierre-karl Fa­ber­gé (1846-1920), de loin­taine des­cen­dance fran­çaise. Ils sont consti­tués de mé­taux et de pierres pré­cieuses. Le pre­mier est fa­bri­qué en 1885 pour le tsar Alexandre III (1845-1894), qui l’offre à son épouse, Ma­ria Feo­do­rov­na. L’im­pé­ra­trice l’ap­pré­cie tel­le­ment qu’alexandre III com­mande à Fa­ber­gé un oeuf – de fait im­pé­rial – à l’oc­ca­sion des fêtes pas­cales. La col­lec­tion Fa­ber­gé est née. Le tsar en offre ain­si dix de rang à son épouse. Après le dé­cès d’alexandre III, le nou­veau tsar, son fils Ni­co­las II (1868-1918), per­pé­tue cette tra­di­tion en of­frant à sa mère 21 oeufs im­pé­riaux. Tou­te­fois, il n’ou­blie pas son épouse, Alexan­dra Feo­do­rov­na, à qui il offre aus­si chaque an­née un oeuf im­pé­rial pour Pâques. Au to­tal, 50 oeufs im­pé­riaux sont réa­li­sés pour la famille ré­gnante. On es­time que 43 de ces ob­jets ex­cep­tion­nels existent en­core. Sur les 31 oeufs Fa­ber­gé ayant ap­par­te­nu à l’im­pé­ra­trice Ma­ria Feo­do­rov­na, sept dis­pa­raissent pen­dant la ré­vo­lu­tion bol­che­vique, tan­dis que la plu­part des autres in­tègrent des col­lec­tions pri­vées russes et amé­ri­caines. Comme celle du ri­chis­sime Mal­colm Forbes (12 exem­plaires) ou bien celle de l’homme d’affaires russe Vik­tor Vek­sel­berg. Hor­mis les oeuvres réa­li­sées pour la famille im­pé­riale, Fa­ber­gé ho­nore aus­si des com­mandes spé­ciales. Au to­tal, 17 oeufs sont li­vrés à des fa­milles for­tu­nées. Un épisode insolite se pro­duit en 2004, quand les hé­ri­tiers Fa­ber­gé veulent vendre chez So­the­by’s une par­tie de leur col­lec­tion. Le gou­ver­ne­ment russe s’op­pose à cette vente afin que les oeufs re­viennent sur le ter­ri­toire na­tio­nal. Entre alors en lice Vik­tor Vek­sel­berg, qui né­go­cie avant les en­chères la vente de 14 des oeufs Fa­ber­gé (dont neuf im­pé­riaux), pour la co­quette somme de 100 mil­lions de dol­lars. Ils sont au­jourd’hui ex­po­sés à Saint-pé­ters­bourg, dans le pa­lais Chou­va­lov, qui pos­sède ain­si la plus im­por­tante col­lec­tion d’oeufs Fa­ber­gé au monde. u

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PONTE L’oeuf dit « du cou­ron­ne­ment », com­man­dé par Ni­co­las II en 1897, est au­jourd’hui la pièce phare de la col­lec­tion du mil­liar­daire russe Vik­tor Vek­sel­berg. Ci-des­sus, l’oeuf « du mu­guet » (1898).

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