LE GRAND PA­RIS EST NÉ

La Ville Lu­mière sou­haite ac­cueillir les Jeux in­tra-mu­ros. Pas si simple. Les pros­pec­tions s’éter­nisent ; bien­tôt, le temps presse…

Historia - - Événement -

En juin 1921, au len­de­main du vote du CIO, le Co­mi­té olym­pique français ( COF) est as­su­ré d’une aide de l’état de 20 mil­lions de francs et de dix autres mil­lions ap­por­tés par la Ville de Pa­ris, aux­quels s’ajoute la mise à dis­po­si­tion des ter­rains pour bâ­tir sa ci­té olym­pique, com­pre­nant divers stades et le tout pre­mier vil­lage des­ti­né à hé­ber­ger les ath­lètes. Il reste trois ans pour pré­pa­rer les JO. Tout semble bien se pré­sen­ter. Il n’en se­ra rien. Pa­ris veut que ses Jeux se dé­roulent in­tra-mu­ros, mais faute de ter­rains dis­po­nibles les né­go­cia­tions entre la Ville et le COF s’en­lisent. Tour à tour, les ter­rains du Parc des Princes, de la porte de Ver­sailles, de la porte Do­rée sont évo­qués pour hé­ber­ger le pro­jet. Au­cune solution n’abou­tit. Le fi­nan­ce­ment reste flou. C’est en­suite le stade Per­shing, dans le bois de Vin­cennes, qui est en­vi­sa­gé. Il a été construit par l’ar­mée amé­ri­caine en 1919 pour ac­cueillir les Jeux in­ter­al­liés. Son amé­na­ge­ment reste l’op­tion

la moins coû­teuse. Faute de mieux… Neuf mois se sont dé­jà écou­lés de­puis le choix du CIO. La ru­meur a même un temps en­voyé les Jeux à… Los An­geles. In ex­tre­mis, le 10 avril 1922, le Ra­cing Club de France pro­pose au Co­mi­té son site et se dé­clare prêt à l’amé­na­ger moyen­nant des in­dem­ni­tés de quatre mil­lions de francs. Ines­pé­ré ! Les Jeux de Pa­ris au­ront donc lieu… à Co­lombes. On y en­tame les tra­vaux avant l’été. Le stade nau­tique est même qua­si fi­ni quelques mois plus tard, quand la Ville de Pa­ris dé­cide d’édi­fier le sien à la porte des Li­las, dans le 20e ar­ron­dis­se­ment. Ce se­ra le stade nau­tique des Tou­relles, théâtre des ex­ploits de John­ny Weiss­mul­ler. Pour la pre­mière fois aux JO, un bas­sin de 50 mètres avec cou­loirs a été spé­cia­le­ment conçu pour l’oc­ca­sion.

De Fon­tai­ne­bleau au Havre

La ca­pi­tale dé­fend ses sites. Au vé­lo­drome d’hi­ver se dis­putent les com­bats de lutte, de boxe, les com­pé­ti­tions de fleu­ret. Dans le bois de Vin­cennes, pas en­core rat­ta­ché à Pa­ris, le vé­lo­drome de la Ci­pale, inau­gu­ré en 1900, fait l’af­faire pour les épreuves de cy­clisme sur piste. Pour le reste, il faut donc fi­ler à Co­lombes. Ou plus loin en­core… Ces Jeux du Grand Pa­ris pro­posent des épreuves équestres à Saint-cloud et à Fon­tai­ne­bleau, celles de « yach­ting » à Meu­lan, sur la Seine, et au large du Havre. Les dis­ci­plines de tir sont dis­per­sées à Ver­sailles, à Is­sy-les-mou­li­neaux et même en Cham­pagne, dans le stand olym­pique flam­bant neuf inau­gu­ré à Reims. Le Conseil de Pa­ris et le Co­mi­té d’or­ga­ni­sa­tion concoctent un plan de dé­ve­lop­pe­ment des tran­sports en com­mun – dé­jà – pour ache­mi­ner les spec­ta­teurs. On crée une gare olym­pique à Co­lombes. Lignes de bus et de tram­ways sont ren­for­cées. Des na­vettes flu­viales sont même ins­tal­lées sur la Seine. C’est le Grand Pa­ris qui fête les Jeux. u

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.