Le car­di­nal de Retz ap­pré­hen­dé aux marches du pa­lais

Historia - - Dossier Le Louvre Au Coeur Des Batailles Française -

Le der­nier acte de la Fronde se joue au Louvre. De re­tour à Pa­ris après la dé­faite des princes, Louis XIV et Anne d’au­triche y trouvent un fron­deur im­pé­ni­tent : Paul de Gon­di, car­di­nal de Retz, co­ad­ju­teur de l’ar­che­vêque de Pa­ris. Tant qu’il se­ra libre, écrit Ma­za­rin, il est im­pos­sible que Louis soit roi dans sa ca­pi­tale ! Mais Retz est po­pu­laire et bien gar­dé. Force est à la fa­mille royale d’at­tendre que se pré­sente l’oc­ca­sion fa­vo­rable. Pour en­dor­mir sa mé­fiance, le roi et sa mère se rendent à Saint-ger­mainl’auxer­rois, où ils en­tendent le car­di­nal prê­cher l’avent. Enfin, le 16 dé­cembre 1652, Retz se rend au Louvre pour y pré­sen­ter ses hom­mages. Mon­tant chez le roi, il ren­contre ce der­nier dans l’es­ca­lier, en train de des­cendre chez Anne d’au­triche. Fai­sant tou­jours bon vi­sage au pré­lat re­belle, Louis l’in­vite à le suivre chez sa mère. Pen­dant que le car­di­nal parle à Anne d’au­triche, le jeune roi or­donne au ca­pi­taine des gardes, M. de Ville­quier, de l’ar­rê­ter. Sor­tant de chez la reine, Retz se laisse ap­pré­hen­der sans ré­agir. Bien lui en a pris, car Louis XIV et sa mère avaient pré­vu, le cas échéant, de lui faire su­bir un sort ana­logue à ce­lui de Con­ci­ni qua­rante ans plus tôt (lire en­ca­dré p. 32) . Dans l’ordre au­to­graphe qu’il adresse à Pra­del, ca­pi­taine au ré­gi­ment des gardes françaises, le roi pres­crit d’ar­rê­ter le car­di­nal « mort ou vif, en cas de ré­sis­tance de sa part ». Au lieu de quoi, on sert à Retz un dé­jeu­ner avant de l’en­voyer au don­jon de Vin­cennes ré­flé­chir aux périls d’une am­bi­tion ex­ces­sive. « Ain­si fi­nit en lui le reste de la Fronde, écrit Mme de Mot­te­ville, confi­dente d’anne d’au­triche. Il en avait été le chef et la source, et fut le der­nier abat­tu. » Le coup de ma­jes­té du 16 dé­cembre 1652 a été le pre­mier acte po­li­tique de Louis XIV. À peine âgé de 14 ans, le jeune roi s’y est ré­vé­lé dé­jà ex­pert en dis­si­mu­la­tion. T. S.

MENEUR Le pré­lat au cours de la se­conde jour­née des Bar­ri­cades, le 26 août 1648.

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