Les har­kis à Rivesaltes

Historia - - Récit Rivesaltes, Le Camp Des Indésirables -

Après la si­gna­ture, le 19 mars 1962, des ac­cords d’évian, qui met fin à la guerre en Al­gé­rie, les an­ciens sup­plé­tifs de l’ar­mée fran­çaise – com­mu­né­ment ap­pe­lés les har­kis –, consi­dé­rés comme des « traîtres » par leurs com­pa­triotes, doivent s’exi­ler pour évi­ter les re­pré­sailles. Pour au­tant, la France ne ra­pa­trie sur le con­tinent qu’une pe­tite par­tie de ses an­ciens com­bat­tants avec leurs fa­milles. Les 10 000 per­sonnes ac­cueillies au camp de tran­sit et de re­clas­se­ment de Rivesaltes dé­couvrent en sep­tembre 1962 une si­tua­tion dé­sas­treuse : des struc­tures d’ac­cueil qua­si­ment in­exis­tantes, des ba­raques hors d’usage et de simples tentes pour se lo­ger. En octobre, elles sont 9 620, dont 4 660 enfants et 1 910 femmes, à éprou­ver un dé­nue­ment to­tal. Ré­par­ties sur dix vil­lages, elles su­bissent, de sur­croît, le dé­dain et la peur des au­to­ri­tés car elles sont consi­dé­rées comme « po­ten­tiel­le­ment dan­ge­reuses » et in­aptes à épou­ser « une vie à l’eu­ro­péenne ». Le 31 dé­cembre 1964, le camp pour les « ré­fu­giés mu­sul­mans » ferme ses portes. Cer­tains har­kis ont re­joint l’in­dus­trie tex­tile du Nord-pas-de-calais ou la si­dé­rur­gie lor­raine ; d’autres, les lignes fer­ro­viaires de l’est ou les chan­tiers fo­res­tiers du Sud. J. M.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.