LE BIEN-ÊTRE DU CORPS PAR LE ME­NU

Au XIIIE siècle, un mé­de­cin fait de la dié­té­tique le pre­mier des re­mèdes.

Historia - - Le vin -

La pa­ru­tion au Moyen Âge d’un grand nombre de textes dié­té­tiques at­teste un re­gain d’in­té­rêt pour la san­té. Le Ré­gime du corps (XIIIE s.), du mé­de­cin Al­de­bran­din de Sienne, est l’un des plus ré­pan­dus. Ré­di­gé en français, à une époque où le la­tin est la langue de la science, traduit en ita­lien, ca­ta­lan et fla­mand, l’ou­vrage rem­porte un vif suc­cès. L’au­teur consacre nombre de cha­pitres à la qua­li­té dié­té­tique des den­rées. À cette époque, l’on pla­çait l’homme dans un sys­tème com­plexe où il était en cor­res­pon­dance avec le ma­cro­cosme. Pour faire simple, chaque es­pèce vé­gé­tale et ani­male avait une place hié­rar­chique as­so­ciée à des qua­li­tés hu­mo­rales. « Toutes choses » étaient ain­si consi­dé­rées comme chaudes et moites, chaudes et sèches, froides et moites, froides et sèches. À ce­la s’ajou­taient les quatre élé­ments, dont dé­pendent « herbes, arbres, oi­seaux et toutes autres bêtes, pois­sons et hommes ». Les hu­meurs des hommes évo­luaient selon leur tem­pé­ra­ment (san­guin, co­lé­rique, fleg­ma­tique, mé­lan­co­lique), leur san­té, leur âge et leur si­tua­tion so­ciale. Pour res­ter en bonne san­té, l’in­di­vi­du de­vait man­ger des ali­ments conformes à son tem­pé­ra­ment : le san­guin de­vait s’orien­ter vers la vo­laille et le vin, parce que chauds et hu­mides. Pour Al­de­bran­din de Sienne, l’homme, qui « par na­ture est chaud et moite », doit, pour gar­der sa com­plexion, man­ger du pain de bon fro­ment, de la viande d’agneau d’un an, et boire un bon vin ayant une belle cou­leur, une « bonne odeur » et une « bonne sa­veur »…

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