Élisabeth Ire

Historia - - Dossier Marie Stuart -

ORI­GINES

Élisabeth est née de pa­rents an­glais : son père, Hen­ri VIII, roi d’an­gle­terre (1509-1547), di­vorce d’avec Rome et em­brasse le pro­tes­tan­tisme afin d’an­nu­ler son ma­riage avec Ca­the­rine d’ara­gon, « cou­pable » de ne pas lui avoir don­né d’hé­ri­tier mâle, et de convo­ler en se­condes noces avec Anne Bo­leyn, an­cienne maî­tresse de Fran­çois Ier.

DES­TI­NÉE DE REINE

Élisabeth ne de­vient reine qu’à 25 ans. Elle a du mal à s’im­po­ser au dé­but parce que sa lé­gi­ti­mi­té ne va pas de soi. Elle se­ra même dé­cla­rée illé­gi­time quand le roi ré­pu­die et fait exé­cu­ter sa mère, Anne Bo­leyn, en 1536, avant de se ra­vi­ser dans son der­nier tes­ta­ment. Élisabeth ré­gne­ra de 1558 à 1603.

ÉDU­CA­TION

Elle a re­çu une édu­ca­tion hu­ma­niste com­plète : à 11 ans, elle parle cou­ram­ment cinq langues (an­glais, la­tin, grec, ita­lien et fran­çais). L’un de ses pré­cep­teurs, Ro­ger Ascham, a dit que « son es­prit n’avait pas cette fai­blesse com­mune à la femme, mais que sa per­sé­vé­rance éga­lait celle d’un homme ».

PER­SON­NA­LI­TÉ

La pru­dence et l’in­quié­tude sont ses traits de ca­rac­tère do­mi­nants. En­voyée un mo­ment à la Tour de Londres par sa de­mi-soeur ca­tho­lique, Ma­rie Tu­dor – dite Ma­rie la San­glante (1553-1558) –, elle se­ra aus­si me­na­cée de mort. Elle sait donc com­bien la vie peut bas­cu­ler du jour au len­de­main.

TEMPÉRAMENT

Cal­cu­la­trice, Élisabeth est une ha­bile po­li­tique. Elle ne cesse de ter­gi­ver­ser : elle est in­dé­cise, ver­sa­tile – « chan- geante comme le temps », dit William Ce­cil. Ses ad­ver­saires la dé­crivent comme fourbe, voire per­fide. Ain­si signe-t- elle l’ordre d’exé­cu­tion de Ma­rie, mais quand elle ap­prend que la chose a été faite, elle parle de « mal­heu­reux ac­ci­dent ».

AU POU­VOIR

Élisabeth Ire de­vait avoir l’un des plus longs règnes de l’his­toire de l’an­gle­terre, plus de qua­rante- quatre ans (1558-1603). Même si elle a gou­ver­né sans par­tage, elle n’a pas une concep­tion per­son­nelle du pou­voir. Elle a su s’en­tou­rer de per­sonnes com­pé­tentes en son Con­seil pri­vé, comme William Ce­cil et Francis Wal­sin­gham, ses se­cré­taires d’état.

MA­RIAGE

Élisabeth ne s’est ja­mais ma­riée et n’a pas connu les joies de la ma­ter­ni­té. On dit qu’elle était in­ca­pable de se don­ner com­plè­te­ment en amour en rai­son d’une in­fir­mi­té sexuelle. Si elle a eu de nom­breux cour­ti­sans, elle a tou­jours re­fu­sé de se ma­rier, de­meu­rant pour l’his­toire Vir­gin Queen, la « Reine vierge » – bien qu’as­su­ré­ment elle ne le fût pas ! L’EN­JEU DE LA RE­LI­GION Élisabeth est la pro­tec­trice de la Ré­forme. Sous son règne, les dis­po­si­tions d’édouard VI, fils d’hen­ri VIII, sont confir­mées, mais re­prises, dans un sens mo­dé­ré. On parle de via me­dia. Élisabeth est au­tant l’en­ne­mie du cal­vi­nisme écos­sais que du ca­tho­li­cisme ro­main. Elle se­ra ex­com­mu­niée en 1570, en­traî­nant une vague de com­plots vi­sant à sa perte… CONCEP­TION DE LA LI­BER­TÉ Bien qu’elle soit d’avis que des su­jets ne puissent at­ten­ter à la li­ber­té de leur reine (elle dé­fen­dra sa cou­sine lors­qu’elle se­ra pri­son­nière des lords écos­sais), Élisabeth ne s’es­time pas libre de faire ce qu’elle veut et se dit être au ser­vice du peuple an­glais.

CE QUE L’HIS­TOIRE RE­TIENT…

In­con­tes­ta­ble­ment, Élisabeth a en­ga­gé l’an­gle­terre sur la voie de la mo­der­ni­té, en la his­sant au rang des pre­mières puis­sances européennes. C’est éga­le­ment sous son règne qu’émerge une vé­ri­table conscience na­tio­nale an­glaise. Elle de­meure sans conteste l’un des plus grands sou­ve­rains que l’an­gle­terre ait ja­mais connus. u

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