EXPOS

Le Guer­rier, d’hier comme d’au­jourd’hui, doit com­battre l’en­ne­mi et af­fron­ter l’at­tente. Son équi­pe­ment en té­moigne, avec gran­deur et, par­fois, avec tri­via­li­té.

Historia - - Historia -

L’af­fiche de l’ex­po­si­tion est spec­ta­cu­laire de quo­ti­dien­ne­té tri­viale ! 2014. Bam­ba­ri, Cen­tra­frique. Un bâ­ti­ment ad­mi­nis­tra­tif re­con­ver­ti en cam­pe­ment mi­li­taire. Dans le clair-obs­cur, un sol­dat du 2e REI par­ti­ci­pant à l’opé­ra­tion « San­ga­ris ». Ac­crou­pi, torse nu, en treillis et ran­gers, il se rase la tête, pen­sif. Tentes, équi- pe­ments mi­li­taires et fils ten­dus sur les­quels sèchent sous- vê­te­ments et uni­formes… En­le­vez les élé­ments contem­po­rains et c’est un lé­gion­naire ro­main, mé­di­tant les com­bats pas­sés ou à ve­nir, son­geant à sa Cam­pa­nie loin­taine, ou ne pen­sant à rien, si­non à dé­po­ser son pa­que­tage de plus de 35 ki­los, sou­la­ger ses pieds des longues marches sous le so­leil d’orient ou dans les plaines de Ger­ma­nie, se soi­gner, boire, man­ger, dor­mir.

Veiller et com­battre

De­puis plus de deux mil­lé­naires, la vie quo­ti­dienne du sol­dat n’a pas fon­da­men­ta­le­ment chan­gé, en de­hors des pro­grès tech­no­lo­giques. Le temps des com­bats s’est même en­core rac­cour­ci, et son quo­ti­dien est da­van­tage fait de veilles, d’en­traî­ne­ments, de dé­pla­ce­ments, d’amé­na­ge­ment des po­si­tions de com­bat, de com­mu­ni­ca­tion et d’at­tente, in­ter­mi­nable, par­fois jus­qu’à l’ab­surde – comme pour le lieu­te­nant Gio­van­ni Dro­go, le jeune « hé­ros » du ro­man de Di­no Bu­zat­ti Le Dé­sert des Tar­tares (1940). Dans la salle Vau­ban, l’an­cien ré­fec­toire des In­va­lides, une im­pres­sion­nante co­horte de guer­riers, gran­deur na­ture, en armes et ac­com­pa­gnés d’ani­maux et de vé­hi­cules, évoque la fi­gure du sol­dat de l’an­ti­qui­té à nos jours. Quelques re­pré­sen­ta­tions fé­mi­nines aus­si – la po­pu­laire can­ti­nière de l’époque mo­derne ou la ti­reuse d’élite de l’ar­mée rouge. Au par­cours chro­no­lo­gique suc­cède, à l’étage, un par­cours thé­ma­tique, illus­trant à tra­vers plus de 300 ob­jets, is­sus pour la ma­jo­ri­té des col­lec­tions du mu­sée de l’ar­mée, les dif­fé­rentes sé­quences de la jour­née d’un sol­dat.

Uni­formes, ma­té­riel de pro­tec­tion et de com­mu­ni­ca­tion, ra­tions ali­men­taires, mé­di­ca­ments, ou­tils di­vers, vé­hi­cules de trans­port… la rup­ture tech­no­lo­gique est im­mense entre l’an­ti­qui­té et le XXIE siècle. Mais la peau du sol­dat est tou­jours aus­si fra­gile, et le pou­voir des­truc­teur des armes tou­jours plus puis­sant. Cui­rasses, ar­mures, gi­lets pare-balles, la pro­tec­tion du corps et sa ré­pa­ra­tion sont prio­ri­taires, mais les sta­tuettes di­vines, amu­lettes, ta­lis­mans ou mé­dailles pieuses, pré­sentes de­puis tou­jours dans le pa­que­tage du sol­dat, disent as­sez, au­de­là de son en­ga­ge­ment et de son sens du de­voir, sa vi- sion ul­time de la mort et pour cer­tains de la trans­cen­dance. Chaque ob­jet « utile » est char­gé de sen­ti­ments, de mé­moire, ce dont té­moigne avec une in­tense émo­tion cette pho­to­gra­phie d’une veuve re­ce­vant les ef­fets et ob­jets de son ma­ri mort « au champ d’hon­neur ». Les hon­neurs, les grades, les ci­ta­tions sont au coeur de l’en­ga­ge­ment mi­li­taire, mais com­ment as­ti­quer les bou­tons d’un uni­forme sans le ta­cher ? Gran­deur et ser­vi­tudes… JOËLLE CHE­VÉ

GI JOE. Te­nue de ti­reur au fu­sil­mi­trailleur BAR de la 1re ar­mée amé­ri­caine en 1944-1945.

FIRST AID. Am­bu­lances bri­tan­niques re­grou­pées dans la cour des In­va­lides en juillet 1915.

Dans la peau d’un sol­dat. De la Rome an­tique à nos jours MU­SÉE DE L’AR­MÉE, PA­RIS, JUS­QU’AU 28 JAN­VIER. Rens. : 0 81011 39 99 et www.mu­see-ar­mee.fr

PANZER LEA­DER. Har­nois et barde de che­val de l’élec­teur Ot­to Hen­ri de Wit­tels­bach, fa­bri­qué en 1534. L’ar­mure de l’homme d’armes pèse 33 ki­los…

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