Les clés pour s’at­ta­quer au mar­ché Amé­ri­cain

En­tre­tien avec Fré­dé­ric Ba­jol, fon­da­teur et di­ri­geant de FB Con­sul­ting LLC.

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In­for­ma­tions En­tre­prise : Se­lon vous, est-ce que le chan­ge­ment de gou­ver­ne­ment en France à in­flué sur le phé­no­mène d'ex­pa­tria­tion pour rai­sons fis­cales? Fré­dé­ric Ba­jol : Je pense que la pres­sion fis­cale en France pour les en­tre­prises a tou­jours été forte. En ce qui concerne les en­tre­prises, deux points sont à mettre en avant. Pre­miè­re­ment il y a la pres­sion fis­cale exer­cée par l'Etat en gé­né­ral, quel que soit le pays qui vient prendre sa part sur les en­tre­prises et deuxiè­me­ment il y a la vi­ta­li­té du mar­ché. Or au­jourd'hui en France, cette vi­ta­li­té du mar­ché est re­la­ti­ve­ment faible. Donc les op­por­tu­ni­tés de crois­sance pour un di­ri­geant d'en­tre­prise dans les trois à cinq ans sont faibles. I.E : Par­lons du cas par­ti­cu­lier des États-Unis, que vous con­nais­sez bien. Quelles sont les pers­pec­tives qu'un tel pays peut of­frir ? F.B : Pour moi, les Etats-Unis sont une for­mi­dable terre d'op­por­tu­ni­tés, puisque quel que soit le sec­teur d'ac­ti­vi­té vous avez une charge so­ciale de l'ordre de 10 à 15% maxi­mum. Cette dif­fé­rence no­table par rap­port à la France tient sur­tout aux sys­tèmes so­ciaux de cha­cun des deux pays. En ef­fet les Etats-Unis n'ont pas de sé­cu­ri­té so­ciale gé­né­ra­li­sée ou de caisse des re­traites et en contre­par­tie les lois so­ciales y sont très dures. Autre point im­por­tant, le parc im­mo­bi­lier amé­ri­cain est très in­té­res­sant fi­nan­ciè­re­ment et offre de belles op­por­tu­ni­tés de lo­ge­ments com­mer­ciaux, le tout cha­peau­té par un cli­mat gé­né­ral qui fa­vo­rise l'ini­tia­tive per­son­nelle et la créa­ti­vi­té. I.E : Et qu'en est-il de l'état de Flo­ride où est ba­sé votre so­cié­té ? F.B : La Flo­ride est en­core un cas à part. En ef­fet aux Etats-Unis, vous avez gé­né­ra­le­ment trois types d'im­pôts : l'im­pôt fé­dé­ral (que vous payez à Wa­shing­ton), l'im­pôt de l'Etat et vous pou­vez aus­si avoir des im­pôts de mu­ni­ci­pa­li­té. Ce qu'il faut sa­voir c'est qu'en Flo­ride, ain­si que dans neuf autres Etats, il n'y a ni im­pôts d'Etat, ni im­pôts aux mu­ni­ci­pa­li­tés. Ce­la ré­sulte d'une me­sure prise à la fin du 19e siècle vi­sant à in­ci­ter les « pion­niers » à co­lo­ni­ser les états très in­hos­pi­ta­liers du sud qui n'étaient peu­plés que d'in­diens et de mous­tiques. Et cette dé­ci­sion n'a ja­mais été re­mise en cause. I.E : De ma­nière gé­né­rale comment les amé­ri­cains ac­cueillent-ils les fran­çais qui viennent tra­vailler aux EU ? F.B : Il faut se rap­pe­ler que de­puis leur créa­tion, les Etats-Unis sont une terre d'ac­cueil et sa so­cié­té est un mé­lange de races et d'ori­gines. Les Etats-Unis sont donc prêts à ac­cueillir tous les gens qui veulent par­ti­ci­per au dé­ve­lop­pe­ment du pays en par­ti­cu­lier a tra­vers son Bu­si­ness. Pour preuve, lors d'une dé­li­vrance de Vi­sa une ques­tion es­sen­tielle po­sée est : don­nez-moi la preuve que dans les an­nées à ve­nir vous al­lez dé­ve­lop­per l'éco­no­mie du pays en créant une en­tre­prise qui fait des pro­fits et que vous al­lez em­bau­cher des amé­ri­cains ou des ré­si­dents amé­ri­cains ? I.E : Comment se ma­ni­feste votre in­ter­ven­tion avec FB Con­sul­ting pour ac­com­pa­gner les en­tre­prises fran­çaises aux Etats-Unis ? F.B : Dans la me­sure où le fé­dé­ra­lisme des Etats crée une par­ti­cu­la­ri­té cultu­relle très dif­fé­rente de celle de la France qui est un Etat cen­tra­li­sé, il faut ab­so­lu­ment bien connaître les Etats-Unis pour ve­nir y en­tre­prendre. Si ce n'est pas le cas, on peut se faire ai­der par un or­ga­nisme comme FB con­sul­ting. En ef­fet, aux Etats-Unis ça ne marche qu'avec les ré­seaux, avec l'in­for­ma­tion et l'im­por­ta­tion lo­cale. En outre dans un tel pro­jet, la par­tie la plus im­por­tante de l'im­plan­ta­tion c'est la par­tie ini­tiale. Donc, j'ac­com­pagne les so­cié­tés à ana­ly­ser le mar­ché et se po­ser les bonnes ques­tions. Quelle est la pos­si­bi­li­té d'ou­vrir quelque chose ? Dans quel Etat dois-je le faire ? Dans quelle ville ? Puis vient l'heure de la créa­tion de l'en­tre­prise lors de la­quelle j'as­sure l'écri­ture du bu­si­ness plan qui est en fait une vi­sion de l'en­tre­prise à 5 ans. Ce­lui-ci ser­vi­ra à la fois au di­ri­geant de l'en­tre­prise mais aus­si aux avo­cats de l'im­mi­gra­tion pour l'ob­ten­tion des Vi­sas. Donc, mon rôle pre­mier est de va­li­der de fa­çon construc­tive et sans com­plai­sance la stra­té­gie que l'en­tre­prise sou­haite dé­ve­lop­per. Deuxiè­me­ment, je les sen­si­bi­lise à la ques­tion des in­di­vi­dus. En ef­fet, le sa­la­rié n'est pas le seul concer­né, il faut pen­ser à sa fa­mille. Au-de­là de la dé­ci­sion stra­té­gique de l'en­tre­prise il faut gé­rer la dé­ci­sion per­son­nelle de pro­jet de vie, parce que c'est toute une fa­mille qu'on va dé­pla­cer et ce n'est pas neutre. Pour bien faire j'es­time donc qu'il faut en gé­né­ral comp­ter un an au to­tal entre la pré­pa­ra­tion et l'im­plan­ta­tion pour un pro­jet fa­cile et entre 18 et 24 mois pour un pro­jet d'am­pleur plus im­por­tante. (Il y a en ef­fet des dé­lais ad­mi­nis­tra­tifs in­com­pres­sibles).

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