Bé­ré­nice Be­jo, sans cé­ré­mo­nies

Infrarouge - - RENCONTRE - Par Her­vé Prou­teau.

Non, mais j’ai beau­coup d’ad­mi­ra­tion pour Cé­cile de France qui fût ma pré­fé­rée ! Elle était mu­tine mais mo­derne, simple et ri­go­lote. A l’oc­ca­sion de ces deux cé­ré­mo­nies, j’ai tra­vaillé avec les au­teurs de la sé­rie Bref pour que ce soit bien et que ça aille vite ! Je vou­lais trou­ver une mu­si­ca­li­té, ils sont fins et culti­vés : ça me cor­res­pond ! Tou­jours aus­si spon­ta­née, fraî­che­ment ré­com­pen­sée du César de la meilleure ac­trice, Bé­ré­nice Be­jo est la maî­tresse de cé­ré­mo­nie du 65e Festival de Cannes. Ren­contre avec une ar­tiste vrai­ment pas muette qui n’a pas la langue dans sa poche !

Le Festival de Cannes, évi­dem­ment vous connais­sez bien ?

Pas tant que ça ! Pour moi, l’aven­ture de Cannes n’a com­men­cé qu’il y a deux ans, lorsque Mi­chel [Ha­za­na­vi­cius, son ma­ri et réa­li­sa­teur, ndlr] cher­chait de l’ar­gent pour mon­ter The Ar­tist. L’an­née der­nière, le film a été pré­sen­té en com­pé­ti­tion et Jean Du­jar­din a re­çu le Prix d’in­ter­pré­ta­tion mas­cu­line et, cette an­née, je viens clore cette his­toire… j’es­père en beau­té !

Vous al­lez donc « bou­cler la boucle » cette an­née ?

Tout à fait ! Je n’ai plus vingt ans, donc je prends ça avec plai­sir et sim­pli­ci­té.

Un peu de stress cette an­née avec l’ani­ma­tion des cé­ré­mo­nies d’ou­ver­ture et de fer­me­ture ?

Je n’avais au­cune an­goisse lors­qu’on me l’a pro­po­sé et de­puis que je re­garde ce qui a été fait avant, je com­mence à trem­bler un peu ! Je vais es­sayer d’être la plus simple et la plus hon­nête pos­sible, je ne suis pas la ve­dette du Festival !

Avez-vous pris conseil ou trou­vé de l’ins­pi­ra­tion au­près des pré­cé­dentes maî­tresses de cé­ré­mo­nie ?

Avez-vous un truc contre le trac ?

Je n’ai pas de truc, je me jette ! En fait, je n’ai pas le trac avant, je l’ai juste aux tout pre­miers ins­tants du mo­ment cru­cial !

Cette an­née, c’est une suc­ces­sion de suc­cès, cou­ron­née par le César ?

Di­sons qu’avec le César, j’ai l’im­pres­sion de faire par­tie de la fa­mille, main­te­nant il faut que j’es­saie d’y res­ter ! Le César m’a apai­sée, pour­tant je ne manque ni d’amour ni de re­con­nais­sance, mais j’avais be­soin d’être ai­mée par les gens de la pro­fes­sion.

Le Pré­sident de cette 65e édi­tion, Nan­ni Mo­ret­ti n’a pas eu que des mots agréables pour le film TheArtist…

Il m’en par­le­ra s’il veut (rires). Au moins, ça prouve qu’il a vu le film !

A quel mo­ment de vos jour­nées faites-vous le plus de ci­né­ma ?

Avec mon fils Lu­cien, pour le convaincre d’al­ler se bros­ser les dents puis de se cou­cher ! Là, j’en fais des caisses…

Et à quel mo­ment vous amu­sez­vous le plus ?

Au pe­tit dé­jeu­ner, tout le monde ar­rive dans la cui­sine en­core à moi­tié en­dor­mi. C’est un mo­ment vrai­ment sym­pa.

Quel est le do­maine où vous avez le plus de pro­grès à faire dans le jeu ?

Je ne me fais pas as­sez confiance, ce qui im­plique que je me re­garde par­fois jouer et je me juge ! Mais j’en ai conscience, c’est dé­jà ça.

Une ren­contre pro­fes­sion­nelle qui ne s’est tou­jours pas faite ?

Il y en avait deux… Pe­dro Al­mo­do­var mais je l’ai ren­con­tré ! Et puis j’ai eu la chance et l’hon­neur de dî­ner avec Woo­dy Al­len.

Une cri­tique qui vous a fait avan­cer ?

Lorsque j’avais 17 ans, ma meilleure amie m’a dit : « ar­rête de cher­cher à ce que tout le monde t’aime ! ». Elle a rai­son, j’en ai d’ailleurs re­par­lé avec elle, il y a quelques jours !

De quoi avez-vous peur de man­quer par­fois ?

De ne plus lire au­tant de livres que je le sou­haite !

Qu’est ce qui vous im­pres­sionne le plus chez vous ?

Ma ca­pa­ci­té à être très pré­sente pour mes proches.

Une phrase ou une ex­pres­sion qui vous ré­sume bien ?

« Per­sonne n’est par­fait ! ».

Vous n’avez pas la té­lé­vi­sion, mais ar­ri­vez-vous à vous re­gar­der au ci­né­ma ?

Oui ! Et c’est Jean Du­jar­din dans OSS 117 qui m’a ap­pris à me re­gar­der, à m’ac­cep­ter.

A qui vo­le­riez-vous vo­lon­tiers un brin de ta­lent ?

A beau­coup d’ac­trices et toutes pour des rai­sons dif­fé­rentes. Et puis, à ma pe­tite soeur, qui ne se laisse jamais dé­mon­ter, j’ai­me­rais avoir son tem­pé­ra­ment !

Quel est le dé­faut, qui dans votre mé­tier, peut de­ve­nir une grande qua­li­té ?

L’égo. Ce­la de­vient par­fois po­si­tif, pour en­tre­prendre, croire en soi ou se battre !

In­ver­se­ment, quelle est la qua­li­té, qui dans votre mé­tier, peut de­ve­nir un gros dé­faut ?

De trop « in­tel­lec­tua­li­ser » les choses, à un mo­ment il faut se lâ­cher !

Ra­con­tez-nous la der­nière fois que votre no­to­rié­té vous a ser­vi ?

En ce mo­ment, tout le monde est très sym­pa­thique avec moi, mais fran­che­ment, ma gros­sesse m’a plus ser­vi que mon César pour griller les files d’at­tente !

Un com­bat que vous re­gret­tez de ne pas avoir me­né ?

Lors­qu’on est sur le de­vant de la scène, c’est par­fois plus diff icile de faire des choses. J’ai­me­rais ai­der, mais sans que ce­la ne se sache.

Un pe­tit mot sur vos pro­jets ?

Le pro­chain f i l m d e … Mic h e l Ha­za­na­vi­cius ! Mais je vous as­sure, on ne fe­ra pas tous nos films en­semble ! (rires). Et puis, je suis la voix de Mé­ri­da, l’hé­roïne du nou­veau film d’ani­ma­tion de Pixar. Après The Ar­tist, où l’on me voyait sans m’en­tendre… là, on va m’en­tendre sans me voir !

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