Thier­ry Fré­maux, Palme Mi­nis­ter

Infrarouge - - INTERVIEW - Par Aude Ber­nard-Treille.

Le nu­mé­ro deux du staff du Festival de Cannes est, tel un « Prime Mi­nis­ter », le maillon es­sen­tiel de cette Quin­zaine. Sé­lec­tion­neur of­fi­ciel, il re­met dé­jà une Palme po­ten­tielle à tous les films en com­pé­ti­tion. Ci­né­phile pu­riste, il nous ré­pond sans faire de ci­né­ma.

C’est la 65e édi­tion du Festival de Cannes, ré­tros­pec­ti­ve­ment, quelle est pour vous sa prin­ci­pale évo­lu­tion ?

Qu’ i l s oit tou­jou r s en é vo­lut ion, jus­te­ment. Le Fes­ti­va l de Cannes pos­sède des ri­tuels re­con­nus (la mon­tée des marches, la Palme d’or), une his­toire lé­gen­daire, une image forte, et pour­tant il a su s’adap­ter à l’évo­lu­tion du ci­né­ma comme à l’évo­lu­tion du monde. Cannes s’est adap­tée au mar­ché, à In­ter­net, à la mon­dia­li­sa­tion, etc. sans jamais perdre sa vo­ca­tion pre­mière : dire que le ci­né­ma est un art, qui pro­duit de belles oeuvres à tra­vers le monde en­tier.

Com­bien voyez-vous de films par an ?

Pour Cannes, en­vi­ron 700 sur les 1 700 ins­crits (les autres sont tous vus par mes col­la­bo­ra­teurs). Pour le plai­sir, je ne compte pas !

Si vous de­viez pas­ser der­rière la ca­mé­ra, de quels ci­néastes vous rap­pro­che­riez-vous le plus ?

De Mau­rice Pialat et de John Cas­se­vetes.

En­fant, quel mé­tier rê­viez-vous d’exer­cer ?

His­to­rien ou jar­di­nier. Ça m’est res­té.

Si vous n’aviez au­cune li­mite, votre amour du ci­né­ma vous pous­se­rait à faire quoi ?

A de­man­der en ma­riage toutes les ac­trices dont on tombe amou­reux sur l’écran. À part ça, mon amour du ci­né­ma m’au­ra conduit à pas­ser une grande par­tie de mon exis­tence dans une salle obs­cure, loin du monde et des miens. Bi­zarre, comme exis­tence, quand même.

Quelle est la de­vise d’un sé­lec­tion­neur ?

Un sé­lec­tion­neur a plu­sieurs de­vises se­lon les cir­cons­tances, se­lon qu’il re­tient ou qu’il re­fuse un film, se­lon qu’il parle à un grand ci­néaste ou à un dé­bu­tant. Dans tous les cas, j’aime cette dé­cla­ra­tion de Victor Hu­go que m’a en­sei­gnée Ber­trand Ta­ver­nier : « J’ad­mire comme une brute ».

Ri­tuel : que faites-vous tou­jours juste avant de mon­ter les marches ?

Je mets mon smo­king et j’écoute Thun­der Road de Bruce Spring­steen.

En­fin, quel est le plus beau com­pli­ment pro­fes­sion­nel que l’on vous ait fait ?

Claude Sau­tet, qui m’a écrit un jour : « Mer­ci de ce tu fais, et mer­ci de ce que tu es. »

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