Do­ria Tillier, du ton­nerre !

Infrarouge - - INTERVIEW - Par Her­vé Prou­teau. Pho­tos : Xa­vier Lahache et Maxime Bru­no / Canal+

De­puis la ren­trée, elle illu­mine la mé­téo du Grand Jour­nal chaque soir vers 20h. Pen­dant qu’il pleut des mau­vaises nou­velles sur les autres chaînes, ses textes sou­vent aus­si bien écrits que bien joués font mouche. Dé­cryp­tage d’une co­mé­dienne qui joue avec les mots pour chas­ser la gri­saille.

Avec qui vous confond-on par­fois ?

On s’amuse à me confondre de­puis long­temps avec Vir­gi­nie Le­moine. Et avec la télé, l’autre jour, on m’a prise pour Lou Doillon.

Ra­con­tez-nous le cas­ting du Grand Jour­nal…

Ça date de jan­vier der­nier ! Ch­ris­telle Graillot (en charge des dé­cou­vertes chez Canal) avait vu deux sketchs d’imi­ta­tions que je fai­sais et tout s’est dé­ci­dé après Cannes, mais il n’y a pas eu vrai­ment de « cas­ting ».

Quel est le plus beau com­pli­ment pro­fes­sion­nel qu’on puisse vous faire ?

Je crois que c’est lorsque mes proches me disent : « Dans ta mé­téo, c’est vrai­ment toi ! On te re­trouve telle que tu es ».

Quelle a été votre plus grosse frayeur en pla­teau jus­qu’à main­te­nant ?

Dès que ma mé­téo ne dé­pend pas que de moi, je stresse un peu. Par exemple, au tout dé­but, face à Da­niel CohnBen­dit, une co­lombe de­vait sor­tir de ma manche. J’étais moins à l’aise, je crai­gnais la plan­tade.

Faites la pro­mo de votre mé­téo en 5 ad­jec­tifs.

In­exacte mais op­ti­miste, lourde mais dé­com­plexée et hon­nête.

Quel est le truc le plus fou que vous ayez osé faire pour dé­cro­cher un rôle ?

Il y a plein de réa­li­sa­teurs avec qui je rê­ve­rais de tour­ner, mais jus­qu’à main­te­nant je n’ai jamais eu d’idées suf­fi­sam­ment « in­tel­li­gentes » pour leur dire !

Y-a-t-il un truc que vous ap­pré­ciez chez les autres, mais pas sur vous ?

Tous les looks très sty­lés, ti­rés à quatre épingles, je trouve ça jo­li, mais ça ne me va pas. J’ai l’im­pres­sion d’être une autre ! Par­fois, ça vient avec le temps : par exemple, main­te­nant j’adore les jeans slim.

Par­mi les qua­li­tés que l’on vous trouve, quelle est la plus vraie ?

La sin­cé­ri­té, l’in­té­gri­té !

Et celles que l’on vous prête un peu à tort ?

Celles qu’on me trouve sont vraies ! D’ailleurs, on ne m’en trouve pas tant que ça… Long­temps, on m’a pré­sen­tée comme « la co­pine folle », celle qui n’a pas de li­mites et qui dit tout haut ce qu’elle pense ! Alors que je me trou­vais sou­vent en re­te­nue !

Qu’est-ce qui vous im­pres­sionne le plus chez vous ?

Mon en­du­rance. On m’avait pré­ve­nue : « tu vas voir, le rythme est hy­per dur ». Bon, ça va, je ne suis pas en­core au bord du pré­ci­pice !

Et ce qui vous dé­çoit le plus ?

C’est un peu comme en amour, je pen­sais prendre du plai­sir tous les soirs ! Or, c’est par­fois un peu moins fort, mais tout va bien !

Si vous n’étiez pas co­mé­dienne, que fe­riez-vous avec plai­sir comme job ?

Mu­si­cienne, mais je n’ai pas les ins­tru­ments… A part ça, dans les res­tos où je bos­sais, j’ai tou­jours été l’une des ser­veuses pré­fé­rées de mes pa­trons.

Quel est le su­jet de pré­di­lec­tion avec le­quel vous ne plai­san­tez jamais ?

Bien sûr, il y a des su­jets ta­bous : l’ad­mi­nis­tra­tion, la vieillesse, le temps qui passe.

A part ça, je plai­sante sur tout, même sur ce qui pour­rait m’anéan­tir !

Qu’ai­me­riez-vous que le diable vous dise si, par ha­sard, vous al­liez en en­fer ?

Quitte à être en en­fer, j’ai­me­rais au­tant qu’il me cède sa place !

Quelle est l’in­vi­ta­tion que vous dé­cli­nez sys­té­ma­ti­que­ment ?

Je n’ai pas d’agen­da ! Et les en­ga­ge­ments m’an­goissent plus qu’ils ne m’émous­tillent. La palme, ce se­rait pour un pe­tit déj ! Je pré­fère dor­mir.

Pour quel plat pour­riez-vous en faire un si on ne vous le ser­vait pas de temps en temps ?

La ques­tion est plus amu­sante que ma ré­ponse ! Des pâtes à la car­bo­na­ra.

Quels sont les trois mor­ceaux qui tournent en boucle dans vos oreilles ?

School ’s out d’Alice Coo­per, I hate you d’Izia, et Vienne de Bar­ba­ra.

Quel est le livre qui vous in­trigue ?

Je n’ai jamais lu le livre La Pos­si­bi­li­té d’une île de Houel­le­becq, mais son titre me laisse la pos­si­bi­li­té de l’émer­veille­ment !

Et le film dont vous avez quit­té la pro­jec­tion ?

Chro­niques sexuelles d’une fa­mille d’au­jourd’ hui de Jean-Marc Barr. Je ne sa­vais pas de quoi il s’agis­sait, on al­lait voir un autre film, mais c’était com­plet et on a te­nu 30 mi­nutes !

Quel est votre sex-symbol mas­cu­lin pré­fé­ré ?

Dé­jà, sa­chez que per­sonne ne me fe­ra flan­cher lorsque je suis amou­reuse, comme en ce mo­ment ! Phy­si­que­ment, juste pour une nuit et sur­tout pas pour la vie : Clive Owen. Et puis, Ri­cky Gervais. Je l’aime bien, on au­rait sû­re­ment des trucs à se dire toute la vie !

Un mec qui plaît à toutes vos co­pines, sauf à vous ?

Ryan Gos­ling ! J’aime l’ac­teur uni­que­ment.

Quelle est votre meilleure per­for­mance spor­tive ?

Je suis nulle en sport, mais très bonne ca­va­lière.

Qu’est-ce qu’on vous sert pour vous dé­tendre ?

Je bois du cham­pagne de­puis que j’ai les moyens !

La der­nière ru­meur à la­quelle vous sou­hai­tez tordre le cou ?

Celle qui dit que j’ai été pis­ton­née pour en­trer au Grand Jour­nal ! Ça m’agace aus­si quand j’en­tends « non, ce n’est pas elle qui écrit ses textes ». Nous les écri­vons à deux.

Si le rire est le propre de l’homme, quel est ce­lui de la femme ?

Con­trai­re­ment aux hommes qui sont des « bons vi­vants », les femmes ont peut être une plus forte ten­dance à l’in­sa­tis­fac­tion.

Ra­con­tez-nous votre der­nière gaffe…

L’autre soir, dans les cou­lisses du Grand Jour­nal, je suis en­trée dans les toi­lettes oc­cu­pées par Ca­role Bou­quet ! Stu­peur, puis fou rire, mais c’était de sa faute !

Par­don, mais dans quelle cir­cons­tances pré­fè­re­riez-vous mou­rir ?

De rire. A une vanne de mon père. Il es­saie tou­jours de me faire rire, sou­vent en vain. Ce se­rait un bel hom­mage.

Chaque soir, c’est avec ou sans promp­teur ?

J’en ai un, mais je l ’uti­lise le moins pos­sible.

Avec ou sans cen­sure ?

Seule­ment de l’au­to­cen­sure.

Avec ou sans au­cun doute ?

Sans doute avec quelques doutes…

Dès que ma mé­téo ne dé­pend pas que de moi,

je stresse un peu.

Re­trou­vez Do­ria chaque soir, du lun­di au ven­dre­di, vers 20 h, dans la mé­téo du Grand Jour­nal, sur Canal Plus (en clair).

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