Pierre Ni­ney, dé­jà au som­met

Infrarouge - - INTERVIEW CINÉMA - Par Her­vé Prou­teau.

Le Dic­ta­teur, La scène d’in­ter­ro­ga­toire dans True Ro­mance, entre Den­nis Hop­per et Ch­ris­to­pher Wal­ken. Ma­gis­trale !

Une pro­jec­tion de Pen­sion­naire de la Comédie Fran­çaise de­puis 3 ans, no­mi­né aux César, for­mi­dable dans le film « 20 ans d’écart » , il in­car­ne­ra bien­tôt « Yves Saint Laurent » . N’en je­tez plus ! Ren­contre avec l’un des plus doués de la jeune gé­né­ra­tion.

Mé­moire… quel est le pre­mier film que vous avez vu au ci­né­ma ?

Mon nom est per­sonne.

Quel est ce­lui que vous avez le plus vu ?

de Cha­plin.

Ci­tez trois ac­teurs qui vous ont don­né en­vie de faire ce mé­tier, pour des rai­sons dif­fé­rentes ?

Pa­trick De­waere, pour la fra­gi­li­té et le secret. Jim Car­rey, pour l’in­ven­ti­vi­té et sa cor­po­ra­li­té. Mathieu Amal­ric, pour son art de l’ap­pro­pria­tion.

Une scène qui vous a par­ti­cu­liè­re­ment mar­qué au ci­né­ma ou au théâtre ? La pre­mière fois que vous avez échan­gé un baiser au ci­né­ma ou au théâtre… ten­sion ou bon­heur ?

A 16 ans, au ci­né­ma. Sou­vent les gens me disent « Wa­hou ! Tu t’es fait plai­sir, t’as pu em­bras­ser unetelle ou unetelle ! » . En réa­li­té, le plai­sir est ra­re­ment de la par­tie lors­qu’il s’agit de tour­ner ce genre de scène. En de­hors du fait que toute l’équipe de tour­nage vous re­garde, je trouve que c’est sou­vent l’un des trucs les moins agréables à jouer.

Dans l’aven­ture d’une pièce ou d’un film, quel est le « pire » mo­ment pour vous ?

L’ap­pren­tis­sage du texte, seul chez soi. C’est par­fois le mo­ment le plus la­bo­rieux et le moins lu­dique. Je suis sur Phèdre en ce mo­ment, au­tant vous dire que je me sens seul cer­tains soirs.

Quel est le rôle que vous au­riez rê­vé d’in­ter­pré­ter ré­cem­ment ?

Le Prince de Hom­bourg, « Ah mais… en fait, t’es pas du tout comme le per­son­nage ! »

de Kleist.

Quel est le plus beau com­pli­ment pro­fes­sion­nel que vous ayez re­çu ? Qu’ima­gi­niez- vous de plus fa­cile dans la vie de co­mé­dien ?

Jouer beau­coup et long­temps une pièce de théâtre.

Votre truc contre le trac ?

Me per­sua­der que je suis le seul à sa­voir faire ce que je m’ap­prête à faire sur scène. Même si c’est faux…

La pre­mière fois que votre no­to­rié­té vous a servie ?

Sur l a pièce Un cha­peau de paille d’Ita­lie. Un soir en en­trant en scène, j ’ou­blie l ’ac­ces­soire in­dis­pen­sable à toute la pièce. Plus le mo­ment de sor­tir hé­roï­que­ment cet ob­jet ap­proche, plus je me de­mande comment je vais faire pour re­tour­ner en cou­lisse le ré­cu­pé­rer. Le dia­logue avance. Une es­pèce d’ins­tinct de sur­vie se met alors en route. On im­pro­vise Un flic m’ar­rête car je suis à contre- sens, dans une ligne de bus après avoir grillé deux feux rouges. Ça par­tait très mal. Il com­mence à me ser­mon­ner. Puis me re­con­nait au mi­lieu de son mo­no­logue et fait alors dis­crè­te­ment ma­chine ar­rière dans son dis­cours. Il fi­nit par dé­chi­rer sa contra­ven­tion et se met pro­gres­si­ve­ment à me par­ler de ses imi­ta­tions de De­par­dieu et Jean Re­no. J’as­siste alors à un mi­ni hap­pe­ning im­pro­bable d’un agent des forces de l’ordre de 45 ans, sur un bout de trot­toir à la Dé­fense. Il me li­bère fi­na­le­ment avec un grand sou­rire et me glisse sa carte d’imi­ta­teur !

Pre­mier trou de mé­moire gê­nant, on gère comment ?

des ré­pliques im­pro­bables. On se jette en cou­lisse fa­çon Usain Bolt. Et on re­tombe fi­na­le­ment sur ses pattes, l’ac­ces­soire bien en main, la pièce pou­vant conti­nuer.

Pre­mières dés­illu­sions du mé­tier ?

Les cas­tings, ils peuvent être un exer­cice réel­le­ment violent et as­sez in­hu­main par­fois.

Quelle est la plus jo­lie cri­tique lue ou en­ten­due à votre égard ?

« Quelque chose de Bus­ter Kea­ton dans son jeu » .

Les cas­tings peuvent être un exer­cice

réel­le­ment violent et as­sez in­hu­main par­fois.

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