Her­vé Van der Strae­ten le pu­riste de­si­gner

Infrarouge - - DESIGN - Par Aude Ber­nard- Treille.

Jeu de lu­mières, lignes ner­veuses et ma­té­riaux nobles, les pièces si­gnées du de­si­gner ne cessent de sur­prendre par l’ima­gi­naire qu’elles dé­ploient. Des clients de re­nom s’ar­rachent son mo­bi­lier d’ex­cep­tion. Entre Pa­ris, où il a son ate­lier et New York où il ex­pose, il re­vient sur son tra­vail avec élé­gance, à l’image de ses créa­tions.

à quelle pé­riode au­riez- vous ai­mé vivre et créer ?

Beau­coup de pé­riodes ! Tout dé­pend de quel point de vue on se place. Quoi qu’on fasse en France au­jourd’hui, c’est com­pli­qué. Donc sans conno­ta­tion so­ciale ni po­li­tique, on va dire que je suis très content de l ’ époque dans la­quelle je suis. On peut en­core uti­li­ser des sa­voir- faire tra­di­tion­nels qui sont clai­re­ment en train de dis­pa­raître. J’ai vou­lu en pé­ren­ni­ser cer­tains en ayant mes propres ate­liers, ce qui est par­ti­cu­lier pour un de­si­gner. En pa­ral­lèle, je tra­vaille avec des ma­chines pour des dé­coupes la­ser… Cette hy­bri­di­té me convient.

Quand vous des­si­nez un ob­jet ou du mo­bi­lier, pen­sez­vous en prio­ri­té à la fonc­tion ou à l’es­thé­tisme ?

D’abord la struc­ture, la forme, viennent en­suite la ma­tière et les cou­leurs pour ren­for­cer le concept de la pièce. Je pense à l’er­go­no­mie, mais je ne fais pas beau­coup d’as­sises. Les pièces sont en ef­fet plus sculp­tu­rales qu’utilitaires.

Quel est la créa­tion qui est res­tée sur pa­pier et dont la concré­ti­sa­tion n’a pas abou­ti ?

J’en ai plein ! Je rem­plis un car­net de cro­quis par an avec des ébauches… A chaque ex­po­si­tion, je sé­lec­tionne par­mi les thèmes qui m’in­té­ressent et les pièces qui sont les plus fortes. De­puis que j’ai mon ate­lier, même si je ne suis pas tech­ni­cien ( ni ébé­niste ni bron­zier), je connais plu­tôt nos ca­pa­ci­tés. Je des­sine avec énor­mé­ment de l iber­té, mais en­suite il y a un tra­vail de re­cherche très ap­pro­fon­di qui per­met d’ar­ri­ver à ce que je veux. Les li­mi­ta­tions sont d’ordre tem­po­rel ou fi­nan­cier.

Dans votre tra­vail, quel a été votre plus grand dé­fi ?

J’ai réa­li­sé un billard pour Yves Car­celle ( ndlr : ex PDG de Louis Vuit­ton Mal­le­tier et au­jourd’hui pré­sident de la Fon­da­tion Louis Vuit­ton pour la créa­tion), c’était un énorme chal­lenge car un billard, c’est très tech­nique. Il a fal­lu tra­vailler avec des gens dont c’est le mé­tier. J’ai con­çu l’ex­té­rieur. C’était quelque chose de mo­nu­men­tal, très lourd et je l’ai re­vi­si­té en l’al­lé­geant et en lui don­nant une dy­na­mique.

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