Na­tha­lie Co­lin, brillante… bien sûr !

Infrarouge - - INTERVIEW DÉCOUSUE - Par Her­vé Prou­teau.

« Mais à quoi sert toute cette re­cherche créa­tive ? » . Ce qui nous ra­mène sans cesse à l’op­ti­mi­sa­tion des res­sources créa­tives. Ce qui est in­té­res­sant, c’est l’ac­ci­dent es­thé­tique ! La bonne sur­prise. Comme on le dit, la mode est un éter­nel re­com­men­ce­ment ; il nous faut trou­ver à chaque fois et pour chaque col­lec­tion le pe­tit « twist » . Le clin d’oeil était fa­cile, mais dans un monde de strass et de paillettes, si les dia­mants sont éter­nels, les pé­pites sont rares. Ren­contre avec Na­tha­lie Co­lin, à la tête de la créa­tion de Swa­rovs­ki, la cé­lèbre marque au­tri­chienne.

Votre terme fa­vo­ri, pour dé­crire ce que vous faites ?

J’aime par­ler de « vi­sion créa­tive » . Parce que j’ai comme des calques qui se su­per­posent dans mon es­prit.

A quand re­monte ce goût pour la mode ?

Mon père tra­vaillait dans le tex­tile, mais je me sou­viens que lorsque ma grandmère me gar­dait, elle me don­nait des ca­ta­logues de vente par cor­res­pon­dance à feuille­ter, et dé­jà, je des­si­nais des ac­ces­soires sur les pho­tos !

Votre dé­fi­ni­tion de l’élé­gance ?

C’est une af­faire de per­son­na­li­té, on peut être très chic, mais vrai­ment pas élé­gant !

La forme, est- ce vrai­ment le fond qui re­monte à la sur­face ? Quelle est la par­ti­cu­la­ri­té créa­tive de Swa­rovs­ki ?

De­puis quelques an­nées, c’est la cou­leur ! Elle est main­te­nant une forte iden­ti­té créa­tive de la marque Swa­rovs­ki. C’est une si­gna­ture, on peut pas­ser plein de mes­sages avec la cou­leur.

Quel est le tra­vers prin­ci­pal des créa­teurs… au­quel vous échap­pez ?

La grosse tête ! Qui crée bien sûr un filtre peu construc­tif… Heu­reu­se­ment, la di­men­sion « com­mer­ciale » im­plique de la gé­né­ro­si­té.

Une cri­tique qui vous a fait avan­cer ? A qui vo­le­riez- vous vo­lon­tiers un brin de ta­lent ?

A l’ar­tiste Iri­na Vol­kons­kii, pour son in­croyable es­prit sur­réa­liste et dé­ca­lé que l ’on re­trouve dans ses pein­tures

Mal­gré l’ex­pé­rience et le suc­cès, en quoi êtes- vous en­core un peu « verte » ?

Je garde in­tacte cette en­vie, cette cu­rio­si­té et les pro­jets de col­lec­tion cap­sule me per­mettent aus­si de gar­der cette fraî­cheur.

Qu’y a- t- il de « ter­rible » dans votre vie rê­vée de créa­trice ?

On voit tou­jours les paillettes des dé­fi­lés, mais il y a deux choses f in­ale­ment as­sez dif­fi­ciles à gé­rer : la masse de do­cu­ments, d’ar­gu­men­taires à pro­duire, à l’at­ten­tion de l’en­semble des dé­ci­deurs et in­ter­lo­cu­teurs de la so­cié­té, pour « pré- vendre » ses idées, et les équipes à gé­rer. C’est 50 per­sonnes ( dont 22 na­tio­na­li­tés) avec des per­son­na­li­tés fortes et sen­sibles.

Un clin d’oeil ou une anec­dote au su­jet de vos créa­tions ?

Lors d’un dé­jeu­ner au Square Trous­seau, je m’aper­çois que ça brillait dans le fond. J’aper­çois une femme qui por­tait un col­lier Swa­rovs­ki de notre thème « eve­ning » . J’ai écla­té de rire, car nous avions ima­gi­né ce col­lier pour être plus simple et « plus jeune » . Or, c’était ma­gni­fique mais cette dame très chic avait plus de 65 ans !

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