« L’ani­mal est au coeur de notre hu­ma­ni­té »

Au royaume de l’em­pa­thie ani­male, Hé­lène Ga­teau – ani­ma­trice de té­lé­vi­sion et vé­té­ri­naire – est un chef pâ­tis­sier qui sait amal­ga­mer une main de beurre fin, un souffle de le­vain, une larme de miel et un soup­çon de sel. Une par­tie de la re­cette, en somme,

Infrarouge - - PET SPIRIT - Par Eric Valz

UNE MAIN DE BEURRE FIN L’émis­sion « Hé­lène et les ani­maux » a sui­vi la piste de la phi­lo­so­phie en­vi­ron­ne­men­tale, se fo­ca­li­sant sur la re­la­tion que les hu­mains en­tre­tiennent avec les ani­maux…

Oui, elle touche au rap­port phi­lo­so­phique entre l’homme et l’ani­mal. L’éthique de l’ani­mal éclaire l’hu­main. J’aime chez le chien sa fi­dé­li­té, son sens de l’ob­ser­va­tion, son écoute, son dé­voue­ment, sa ten­dresse. Toutes qua­li­tés qui fondent notre rap­port à l’autre. On re­cherche avec son ani­mal des échanges af­fec­tifs, des contacts phy­siques, de la ca­ma­ra­de­rie…

Mais comment évi­ter les pièges de l’an­thro­po­mor­phisme ?

Quand on connaît les ani­maux, on ne tombe pas de­dans. Un chat est un chat, tout comme l’hu­main n’est pas le point de ré­fé­rence. Sur un plan phy­sio­lo­gique, on sait tout sim­ple­ment que la pré­sence d’un ani­mal di­mi­nue votre pres­sion ar­té­rielle.

UNE LARME DE MIEL Le pre­mier cha­pitre de votre livre s’ouvre sur le monde des abeilles. En moins de 40 pages, vous le­vez le se­cret gour­mand des ruches en vous im­mis­çant dans la vie des abeilles, dans celle de deux api­cul­trices, nous aler­tant sur leur fra­gi­li­té par l’ob­ser­va­tion de leur en­vi­ron­ne­ment im­mé­diat. C’est de la mé­dia­tion ani­male pour la pla­nète ?

La fo­lie des­truc­trice de l’homme est sans li­mite. Soixante- dix pour cent de ce que l’on consomme dé­pend de la pol­li­ni­sa­tion. Sans abeilles, on ne trou­ve­rait plus dans nos su­per­mar­chés que du riz, des olives, du so­ja, des cé­réales. Mais les fruits et lé­gumes, tout comme les pro­duits lai­tiers et même la viande, ne fe­raient plus par­tie de notre ali­men­ta­tion. Dans cer­taines plan­ta­tions en Chine, c’est l’hu­main qui tente au­jourd’hui de se char­ger de la pol­li­ni­sa­tion…

UN SOUFFLE DE LE­VAIN C’est quoi, une vie de chien ?

Mé­tro, bou­lot, do­do ! Soit la vie de cer­tains chiens ur­bains, sou­mis aux dik­tats de la vie de leurs maîtres. L’idéal d’une vie de chien al­terne in­ter­ac­tion avec les congé­nères, dé­cou­verte de l’en­vi­ron­ne­ment, re­cherche de nour­ri­ture, phases de jeu et de re­pos. L’idéal, en somme, d’une vie d’hu­main.

L’es­sen­tiel de l’ou­vrage, très poi­gnant, parle de zoo­thé­ra­pie ou de mé­dia­tion ani­male. La­mas ou che­vaux pour au­tistes pro­fonds, ate­liers chouettes pour per­sonnes âgées, chiens pour troubles com­por­te­men­taux et cog­ni­tifs… L’ani­mal est- il l’ave­nir de l’homme, comme l’écrit Yann Quef­fé­lec en pré­face de votre livre ?

L’ani­mal est au coeur de notre hu­ma­ni­té. Dans l’er­go­thé­ra­pie, la psy­cho­lo­gie ou la psy­chia­trie, la mé­dia­tion ani­male entre de plus en plus dans l’ar­se­nal thé­ra­peu­tique. Les chiens sont uniques, qui savent re­con­naître les per­sonnes en souf­france, al­ler vers elles, s’adap­ter à leur at­ti­tude et leur faire du bien. Ils sont pro­fon­dé­ment al­truistes. Et plus en­core, ce sont de vé­ri­tables éponges émo­tion­nelles. Il fau­dra donc s’as­su­rer de leur bien- être, le ma­laise pou­vant des­cendre par la laisse.

UNE PIN­CÉE DE SEL La consom­ma­tion de viande doit- elle être rai­son­née ?

En pre­mier lieu, nous de­vons nous rendre compte de la quan­ti­té phé­no­mé­nale de ter­ri­toires agri­coles uti­li­sés pour nour­rir les ani­maux. Les pro­téines ani­males de­mandent bien plus d’éner­gie et sont beau­coup plus pol­luantes que les pro­téines vé­gé­tales. En­suite, nous de­vons prendre conscience que man­ger de la viande, c’est in­gé­rer un ani­mal.

Des hommes et des

ani­maux aux édi­tions Car­nets Nord. En li­brai­rie de­puis le 3 oc­tobre 2016.

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