Belles plantes

L’hiver de­vient chaud quand il en­flamme le go­sierdes belles plantes… Celles qui aro­ma­tisent nos li­queurs pré­fé­rées, fruits ré­vé­lés de leur ma­cé­ra­tion.

Infrarouge - - LIQUEURS -

ARTEMISIA

L’Artemisia ge­ni­pi ou l’Artemisia um­bel­li­for­mis vous ai­de­ront à des­cendre les der­nières pistes ou re­lè­ve­ront vos cock­tails. La re­cette du gé­né­pi est ul­tra- simple : « qua­rante brins, qua­rante sucres, qua­rante jours » . Soit 40 brins de gé­né­pi fleu­ris ma­cé­rés pen­dant qua­rante jours dans de l’al­cool, le plus neutre pos­sible, à 40°, le sucre ajou­té adou­cis­sant ou cou­vrant le goût du gé­né­pi, selon le res­pect des pro­por­tions.

Les Bron­zés qui font du ski l’au­ront re­trou­vé dans l’iné­nar­rable grolle, à base de ca­fé, de co­gnac, de clou de gi­rofle, de ci­tron et d’orange. Cra­paud pas obli­ga­toire.

AMANDES AMERES

L’aman­dier ré­chauffe l’hiver : il est le pre­mier arbre frui­tier à fleu­rir sous les ge­lées ma­ti­nales. À base d’amandes amères ( mais aus­si de noyaux d’abri­cots), l’ama­ret­to illu­mi­ne­ra tous vos cock­tails, ne crai­gnant pas d’épou­ser en long drink un Sou­thern Com­fort et du gin dans un Ala­ba­ma Slam­mer, du co­gnac dans le sim­plis­sime French Connexion ou en­core rhum cu­bain et ma­li­bu dans un Fern Gul­ly… As­sez doux en al­cool ( 28°), son nez vif n’a d’égal que la lon­gé­vi­té de l’aman­dier : cent ans. La Rolls, c’est le Di­sa­ron­no, bai­ser d’Ita­lie is­su de la Re­nais­sance et, comme son nom l’in­dique, de la ville de Sa­ron­no ( Lom­bar­die). Par Eric Valz Illus­tra­tion par Ro­ber­to

SU­REAU

Elle a tout juste dix ans et c’est déjà une icône. En 2007, l’Amé­ri­cain Rob Coo­per, troi­sième gé­né­ra­tion d’une fa­mille de dis­til­leurs, ima­gine la li­queur Saint- Ger­main comme un hom­mage à la France, aux An­nées folles, à l’Art dé­co. Ce que Woo­dy Al­len a fait au ci­né­ma, lui le réa­lise dans les spi­ri­tueux. Il ne faut pas moins de 1 000 fleurs de su­reau pour ob­te­nir une ma­gni­fique bou­teille de 70 cl. Sont juste ajou­tés à la dé­can­ta­tion à Beau­caire ( chez Ba­car­di- Mar­ti­ni, qui a ra­che­té la li­queur en 2013) de l’eau- de- vie de vin et un peu de sucre pour re­le­ver le tout. Peu al­coo­li­sée ( 20 %) mais très odo­rante, SaintGer­main en­ri­chit de sa touche fleu­rie gin, vod­ka, te­qui­la et même whis­ky. En pa­lais, elle leur ap­porte ca­resse et lon­gueur.

GEN­TIANE

On ne sait si Suze est le di­mi­nu­tif de Su­zanne, belle- soeur de Fer­nand Mou­reaux, in­ven­teur avec Henri Porte de cet apé­ri­tif, ou si la li­queur tire son nom du cours d’eau qui ar­rose la com­mune de Son­vi­lier, dans le can­ton de Berne, où au­raient été dis­til­lées les pre­mières ra­cines de gen­tiane. Ra­che­tée en 1965 par le groupe Pernod, cette li­queur doit sa belle teinte do­rée et son amer­tume aux gen­tianes jaunes. Très sol­li­ci­tée en cock­tails, la Suze ( 15°) fe­ra re­dé­col­ler de trois traits un short drink comme un Man­hat­tan, gar­ni de sa ce­rise, avec whis­key US et ver­mouth rouge.

ORANGES AMÈRES

La grande amer­tume de l’Ape­rol ( pro­prié­té du groupe Cam­pa­ri depuis 2003) le rap­proche d’un bit­ter. Com­po­sé prin­ci­pa­le­ment d’oranges amères, de gen­tiane et de rhu­barbe, il est la clef du suc­cès du sim­plis­sime cock­tail Spritz avec sa belle teinte oran­gée re­le­vant sé­rieu­se­ment du col, mal­gré son faible de­gré d’al­cool ( 15°), pro­sec­co et eau ga­zeuse.

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