Franck Mes­nel le style Eden Park

Infrarouge - - CRAMPONS & NOEUD PAP - Par Eric Valz

Alors que dé­bute le Tour­noi des VI Na­tions, re­tour sur l’in­ter­na­tio­nal Franck Mes­nel qui ap­por­ta pro­vo­ca­tion et fan­tai­sie au french flair. Et qui fête au­jourd’hui les trente ans de son en­seigne Eden Park, la marque au my­thique noeud rose.

« Je veux por­ter la marque au noeud pa­pillon rose au ni­veau mon­dial. »

Pour un grand in­ter­na­tio­nal fran­çais*, vous n’êtes pour ain­si dire ja­mais sor­ti de l’Ouest pa­ri­sien : for­mé dans les Yve­lines, puis ayant fait car­rière au Ra­cing Club de France. Ce­la pré­fi­gure- t- il une at­ti­tude, un style ?

Il est clair que la for­ma­tion rug­bys­tique que j’ai re­çue a été très for­ma­tée sur le mo­dèle an­glo- saxon, que ce soit à Saint- Ger­main- en- Laye ou en­suite au Ra­cing. J’ai ef­fec­ti­ve­ment et fa­ta­le­ment in­té­gré cet ADN très construit sur les va­leurs édu­ca­tives de ce sport. No­tam­ment, une ma­nière d’abor­der la com­pé­ti­tion au plus haut ni­veau qui pre­nait en compte les no­tions de style, d’élé­gance, jus­qu’à ma ma­nière de por­ter mon maillot de rugby, mon short, mes chaus­settes et mes cram­pons.

Un sens in­né du dé­tail ?

Je pré­fé­rais m’ar­rê­ter sur ces dé­tails pour pré­pa­rer mes matchs plu­tôt que de mettre un grand coup de tronche dans la porte des douches ou de m’en­fi­ler des co­tons im­bi­bés de Syn­thol comme le fai­sait Laurent Bé­né­zech [ do­ping ?]. Je ne vous dis pas que dans quelques oc­ca­sions dé­li­cates, je ne me suis pas frot­té les épaules et « le casque » à ceux de mes par­te­naires, mais glo­ba­le­ment je pré­fé­rais gar­der mon en­thou­siasme pour le ter­rain.

Et le choix du Ra­cing ?

Ce n’est pas non plus un ha­sard si j’ai choi­si les jo­lies cou­leurs bleu ciel et blanc du Ra­cing, aux dé­pens de nos voi­sins vio­lets et amis Pu­cistes. Ces ré­flexes, qui ap­pe­laient aus­si à l’art et à la ma­nière, m’ont été en­sei­gnés sur les bancs des Beaux- Arts pen­dant six ans. J’ai donc ap­pli­qué ces har­mo­nies à la pre­mière oc­ca­sion ve­nue !

« Le kilt, ça gratte un peu mais c’est vi­vi­fiant. »

Votre re­nom­mée et votre dé­con­trac­tion ont- elles ap­por­té da­van­tage au rugby ou à votre marque ?

J’es­père un peu aux deux, car il s’agit d’une phi­lo­so­phie ex­trê­me­ment pro­duc­tive. Au sein de l’équipe du Ra­cing et avec mes co­équi­piers, ce­la s’est avé­ré être une vé­ri­table si­gna­ture, une mé­thode et un style de jeu ba­sés sur de la prise de risque et les contre- at­taques. Cette marque de fa­brique, cette op­po­si­tion entre la rigueur et une touche de fan­tai­sie, ont éga­le­ment été un booster for­mi­dable et donc très lé­gi­time pour dé­fi­nir, avec une exac­ti­tude chi­rur­gi­cale, le style et l’ADN tout à fait uniques de notre marque. Ces at­tri­buts lui per­mettent de re­ven­di­quer au­jourd’hui une position de lea­der mon­dial dans son uni­vers : le style de vie pre­mium à la fran­çaise.

Vous avez si­gné un ac­cord de partenariat avec la Fé­dé­ra­tion an­glaise de rugby à XV en 2010, vous ha­billez les équipes de France, du Pays de Galles et d’Ir­lande pour l’après- match… Vous n’ai­mez pas les kilts écos­sais ?

Si nous n’avons pas en­core si­gné de partenariat avec l’équipe d’Écosse, je vous si­gnale que nous avons en re­vanche d’au­then­tiques kilts dans nos col­lec­tions, réalisés avec un clan unique qui est le nôtre et ava­li­sé par le fa­bri­cant écos­sais. Nous nous dé­lec­tons à le por­ter dans la plus grande tra­di­tion : ça gratte un peu mais c’est vi­vi­fiant. Pour conti­nuer sur l’élé­gance et la lé­gi­ti­mi­té : avoir réus­si à ha­biller l’équipe de sa Ma­jes­té la reine Eli­sa­beth II, avoir pu bro­der un noeud pa­pillon sur la cra­vate de Cam­bridge au cô­té du lion rouge, avoir le pri­vi­lège d’ha­biller l’équipe d’Ir­lande ain­si que celle d’Ita­lie, autre grand pays de la mode, tout comme la France, sont les fier­tés de notre en­tre­prise.

Ah, la Squa­dra Az­zu­ra éga­le­ment ?

Il faut re­lire tes fiches, Papy ! Ces par­te­na­riats rap­pellent à quel point Eden Park est lé­gi­time et est bien la pre­mière marque au monde de la mode rugby. J’en pro­fite éga­le­ment pour re­mer­cier glo­ba­le­ment toutes les équipes d’Eden Park qui réa­lisent depuis presque trente ans un tra­vail exem­plaire et en­ga­gé à mes cô­tés pour faire de notre marque une vé­ri­table perle, unique dans l’uni­vers du tex­tile.

Dans quelle ligne de vê­te­ments peut- on re­trou­ver votre goût ori­gi­nal pour la pro­vo­ca­tion, la fan­tai­sie ? Sont- elles com­pa­tibles avec un po­si­tion­ne­ment haut de gamme ?

Tous les brie­fings ini­tiaux concer­nant le bran­ding, qui reste ma fonc­tion opé­ra­tion­nelle et que je trans­mets au di­rec­teur ar­tis­tique Vincent Na­dal, à la di­rec­trice de l’offre ain­si qu’à ses équipes de créa­tion, exigent le res­pect de ce pa­ra­doxe : à savoir, le croi­se­ment des der­nières ten­dances avec les élé­ments de notre ADN.

À trente ans, votre marque est- elle au som­met de son art, comme un joueur de rugby à XV ?

Trente ans pour un joueur de rugby, c’est un peu plus que la ma­tu­ri­té et ce­la com­mence à de­ve­nir dan­ge­reux. Pour une marque, au contraire, ce­la reste en­core jeune. D’au­tant plus qu’à l’oc­ca­sion de ce 30e an­ni­ver­saire, nous avons dé­ci­dé de prendre un vrai vi­rage, qui consis­te­ra à presque nous af­fran­chir des in­fluences néo- bri­tish ( mis à part le rugby) pour fran­ci­ser et mo­der­ni­ser au maxi­mum notre marque pa­ri­sienne.

Une ligne tex­tile avec BMW, un évé­ne­ment avec Adi­das, un co- bran­ding avec S. T. Du­pont… Vous flam­bez pour le 30e an­ni­ver­saire de votre en­seigne !

Comment vous dire ? J’ado­re­rais presque re­ven­di­quer le fait de pou­voir flam­ber, mais quand on flambe, il vaut mieux avoir un gros ex­tinc­teur au cas où… Chez Eden Park, même si nous com­pre­nons que la mode est liée à l’image et à la com­mu­ni­ca­tion, nous pré­fé­rons construire des par­te­na­riats très fiables, pé­rennes et dans la li­gnée de notre crois­sance me­su­rée et maî­tri­sée. La no­to­rié­té et l’image de nos par­te­naires vont as­su­ré­ment conso­li­der notre po­si­tion­ne­ment pre­mium et notre vi­rage, en dou­ceur mais en­ga­gé, d’une marque qui de­vient elle- même tendance pour d’autres. J’ose le dire : je suis fier qu’Eden Park soit au­jourd’hui ob­ser­vée et ana­ly­sée aus­si bien en France qu’à l’étran­ger.

J’ima­gine que votre montre Poi­ray Eden Park pour­rait pri­vi­lé­gier l’in­dex 10…

Non, pas du tout. En re­vanche, je vous confirme que Ma­nu Mal­len m’en a gar­dé une pré­cieu­se­ment, et je l’en re­mer­cie. Je ne peux ni pri­vi­lé­gier le nu­mé­ro 10, ni les trois- quarts, conscient que ce sont « les gros » qui nous ont dis­til­lé, fil­tré, toutes ces perles de bal­lons que nous avons es­sayé d’ex­ploi­ter en­suite au mieux. Le rugby est un exemple de va­lo­ri­sa­tion des dif­fé­rences.

Après avoir lan­cé puis pé­ren­ni­sé cette marque dans le temps, quel est votre fu­tur Eden ?

Si j’ai bien conscience du par­cours ex­tra­or­di­naire que les ac­tion­naires et les équipes d’Eden Park ont réa­li­sé depuis sa créa­tion, ma struc­ture men­tale, l’éducation trans­mise par mes pa­rents et cette li­ving ex­pe­rience du rugby au plus haut ni­veau m’ont construit comme étant le plus grand casse- bon­bons et sou­cieux du dé­tail que la marque ait connu. Je n’ai pas lâ­ché six ans d’ar­chi­tec­ture et dé­fié le monde du tex­tile avec mon pas­sif de spor­tif pour ne pas am­bi­tion­ner de por­ter la marque au noeud pa­pillon rose au plus haut de son po­ten­tiel, au­quel je crois plus que ja­mais : de­ve­nir une marque mon­diale. * 56 sé­lec­tions en équipe de France, trois fois vain­queur du Tour­noi des Cinq Na­tions dont un grand che­lem, vice- cham­pion du monde en 1987, quart de fi­na­liste en 1991 et de­mi- fi­na­liste en 1995.

Che­mise de­nim - 165 eu­ros

Blou­son en cuir ve­lours - 745 eu­ros

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