MONTRES

Bleu est un par­fum ( Cha­nel), L’Heure bleue est un par­fum ( Guer­lain), l'Eau des Mer­veilles bleue ( Her­mès) est un par­fum. Une montre au ca­dran bleu ré­vèle la fra­grance du temps. Entre poé­sie, pas­sion et grands es­paces ( sur terre, ciel et mer), re­vue exh

Infrarouge - - EDITO / SOMMAIRE -

Le temps bleu

BLEU PRISE D’ARMES Le ca­libre BR- CAL 301 qui équipe cette montre en grand uni­forme de la Royale est ba­sé sur le très cou­ru ca­libre ETA 2894- 2. Il équipe nombre de chro­nos Tis­sot, Baume & Mer­cier, Ra­do, Bell & Ross, Cho­pard ( les chro­nos Mille Mi­glia) et Eter­na. Soit, en ré­su­mé, une fré­quence de 4 Hz, une ré­serve de marche de 42 heures et 37 ru­bis. Il est ici en­fer­mé bien au sec – la montre est étanche à 100 mètres – et au large, le dia­mètre de 43 mil­li­mètres pri­vi­lé­giant la lec­ture. La lec­ture est ren­for­cée par le do­ré des ga­lons sur les in­dex ap­pli­qués et les ai­guilles sque­let­tées, rem­plies de su­per­lu­mi­no­va. La montre idéale pour rem­pi­ler avec pa­nache. BR 126 Aé­ro­na­vale, 3 800 eu­ros. BLEU CÉRULÉEN Ap­pa­rue en fé­vrier der­nier, l’Elite Ch­ro­no­graphe Clas­sic a pris à l’en­trée de l’hiver ce bleu cé­leste, dit en­so­leillé bleu. En son coeur, l’ul­tra- per­for­mant 4069 El Pri­me­ro à roue à co­lonnes, mou­ve­ment au­to­ma­tique à haute fré­quence de 5 Hz ( 36 000 al­ter­nances/ h) cer­ti­fié COSC et 50 heures de ré­serve de marche. Ne manque qu’une échelle ta­chy­mé­trique pour ex­ploi­ter son po­ten­tiel. Mais là n’est pas son propos, avec un de­si­gn très sobre pour son for­mat ( 42 mil­li­mètres de dia­mètre) qui dis­si­mule ses hautes per­for­mances. Une ap­proche de­si­gn très Pa­tri­mo­ny Contem­po­raine ( Va­che­ron Cons­tan­tin) mais net­te­ment plus abor­dable. Une montre élé­gante pour es­thètes. 7 100 eu­ros. « C’est l’heure que je pré­fère, On l’ap­pelle l’heure bleue, Où tout de­vient plus beau, plus doux, plus lu­mi­neux […] C’est une heure in­cer­taine, c’est une heure entre deux Où le ciel n’est pas gris même quand le ciel pleut » , su­sur­rait, en alexan­drins, Fran­çoise Har­dy dans les se­ven­ties. L’heure bleue, c’est entre chien et loup, une cou­leur d’un bleu plus fon­cé que le bleu du ciel. Celle où, en été, les oi­seaux chantent. Ils savent, tout comme Jean- Paul Guer­lain, que l’heure bleue se­rait la pé­riode du jour ex­ha­lant le mieux le par­fum des fleurs. On a écrit des ro­mans sur elle et même Laure Ad­ler lui offre le titre de son émission dé­li­cieuse sur France In­ter. Une heure de sens, donc, pro­pice aux confi­dences. Pa­ré de cette car­na­tion cé­leste, le ca­dran d’une montre ex­hale alors une fra­grance, celle du temps. Et le ma­nège des ai­guilles peut dès lors bu­ti­ner sa sur­face. Une sur­face ré­duite : on es­time qu’à peine 5 % des ca­drans sont à l’heure bleue. Cette of­fen­sive sur le bleu se se­ra pour­sui­vie au SIHH 2017 ( Sa­lon in­ter­na­tio­nal de la Haute- Hor­lo­ge­rie).

BLEU GRANDS HO­RI­ZONS On ne pré­sente plus la Breit­ling Na­vi­ti­mer, ici en ver­sion no­made GMT et pa­rée de sa teinte Au­ro­ra Blue. Soit sa règle à cal­cul d’avia­tion qui per­met, par exemple, de cal­cu­ler un taux de change plus vite qu’un Smart­phone, et son ma­gni­fique ca­libre au­to­ma­tique B04 de 47 ru­bis, ch­ro­no­graphe cer­ti­fié COSC. Grâce à son sys­tème in­édit de ré­glage par la cou­ronne, on peut se ca­ler sur l’heure et la date de sa des­ti­na­tion tout en con­ser­vant son heure d’ori­gine sur 24 heures, évi­tant ain­si le renfort d’un comp­teur jour/ nuit. Pour da­van­tage de vi­si­bi­li­té, l’Au­ro­ra Blue prend ses aises sur 48 mil­li­mètres, ser­tie au poi­gnet par un bra­ce­let ca­ou­tchouc profil pneu d’avion, as­sor­ti à la cou­leur du ca­dran. Ré­serve de marche de plus de 70 heures. 7 580 eu­ros. FLAGSHIP IN­DI­GO Le ca­libre au­to­ma­tique ul­tra­fin Ma­nu­fac­ture Her­mès H 1950 ( 2,6 mil­li­mètres d’épais­seur, 3 Hz, 42 heures de ré­serve de marche) prend 1,4 mil­li­mètre d’em­bon­point avec l’ajout d’un mo­dule de com­pli­ca­tion : le quan­tième per­pé­tuel ( tient compte des mois à 30 et 31 jours et des an­nées bis­sex­tiles, sans cor­rec­tion). Cette mé­moire mé­ca­nique s’en­ri­chit d’un se­cond fu­seau ho­raire, d’une in­di­ca­tion jour/ nuit et d’une phase de lune en nacre sur ciel d’aven­tu­rine. L’écrin est en pla­tine. On re­trou­ve­ra, comme sur toute Slim, les ma­gni­fiques chiffres dé­cal­qués ar­gen­tés du grand de­si­gner gra­phique et ty­po­graphe Phi­lippe Ape­loig. Si le ti­cket d’en­trée de la très réus­sie Slim en acier s’af­fiche à 5 650 eu­ros, le prix ici est sur de­mande. UL­TRA THIN COBALT Le SIHH 2017 au­ra cé­lè­bré les soixante ans de l’ul­tra­fine Al­ti­pla­no de Pia­get. Son bleu, teinte pro­fonde entre cobalt et bleu de mi­nuit, se dis­tille au- des­sus des ci­tés éclai­rées dans ses cam­pagnes de com­mu­ni­ca­tion. On pri­vi­lé­gie­ra ici la digne hé­ri­tière en 43 mil­li­mètres de l’Al­ti­pla­no en or blanc ayant ap­par­te­nu à Alain De­lon ( 1963). Le lé­gen­daire mou­ve­ment au­to­ma­tique ex­tra- fin 12P est rem­pla­cé par le ma­gni­fique 1200P ( 3 Hz, 2,35 mil­li­mètres d’épais­seur, 44 heures de ré­serve de marche). Outre ses fi­ni­tions ( Côtes de Ge­nève cir­cu­laires, pla­tine per­lée, ponts an­glés, vis bleuies, roues so­leillées, si­gna­ture « P » Pia­get sur la ra­quet­te­rie), on sou­li­gne­ra sa masse os­cil­lante en or rose, ici co­lo­rée en gris ar­doise. Pia­get Al­ti­pla­no col­lec­tion 60e An­ni­ver­saire, édi­tion li­mi­tée à 460 exem­plaires. 24 600 eu­ros.

NÉO- VIN­TAGE BLUE Le gra­phisme de son ca­dran bleu nuit, em­prun­té à ce­lui d’un vin­tage comp­teur chro­no, trans­forme la grande trot­teuse cen­trale en pe­tite se­conde et la montre en to­ta­li­seur d’ins­tants. Le ca­libre qui meut l’Am­bas­sade au­to­ma­tique en acier bros­sé est le très clas­sique, fiable mais épais Sel­li­ta SW 200- 1 ( cf. la Nau­ti­lo ci- des­sus). Une porte d’en­trée de 41 mil­li­mètres dans l’uni­vers hor­lo­ger fran­çais, la montre ayant été conçue et as­sem­blée dans les ate­liers Mi­chel Her­be­lin en Franche-Com­té. 690 eu­ros. BIG BLUE ANNIVERSARY Depuis fin 2016, la Nau­ti­lus af­fiche ses qua­rante ans. C’est en ef­fet en 1976 que Phi­lippe Stern, fils d’Henri Stern, pré­sident de l’en­tre­prise fa­mi­liale Pa­tek Phi­lippe, lan­ça, avec le lé­gen­daire de­si­gner hor­lo­ger Gé­rald Gen­ta, la Nau­ti­lus, mon­tre­bra­ce­let « sport élé­gant » en acier et étanche à 120 mètres. Une bombe hor­lo­gère in­édite dont les saillies la­té­rales ( à 9 h et 13 h), construc­tions à char­nières ins­pi­rées du mé­ca­nisme de fer­me­ture des hu­blots, per­mettent de main­te­nir les deux pièces du boî­tier ( trois usuel­le­ment). Un an­ni­ver­saire por­té ici par ce su­per jum­bo, étant don­né son en­ver­gure ( 49,25 mil­li­mètres, y com­pris la cou­ronne vis­sée), et dont la taille su­pé­rieure, en li­vrée or gris, ac­corde plus de place et de li­si­bi­li­té à un gui­chet de date agran­di. Le mo­no­comp­teur de ce ch­ro­no­graphe fly­back ( Ca­libre CH 28- 520 C, 4 Hz, 55 heures de ré­serve de marche) su­bit le même trai­te­ment, très ap­pré­ciable pour la me­sure des temps courts. Les in­dex ap­pli­qués des heures sont ser­tis de dia­mants taille ba­guette et prin­cesse. Le sys­tème ver­ti­cal d’em­brayage à disques per­met à la trot­teuse du chro­no d’être uti­li­sée en conti­nu. Ch­ro­no­graphe Nau­ti­lus 5976/ 1G – 40e MA­RINE BLUE La Nau­ti­lo d’Ano­ni­mo ( marque ita­lienne is­sue de la scis­sion du staff Pa­ne­rai lors de son ra­chat par le groupe Ri­che­mont en 1997) conti­nue de na­ger en eaux bleues. Après le ca­dran puis le bra­ce­let cuir, c’est au tour du bra­ce­let de ca­ou­tchouc de plon­ger dans les pro­fon­deurs avec une teinte dite « ma­rine blue » . Au choix en acier ou bronze pour une usure per­son­nelle au por­té, son boî­tier de 44 mil­li­mètres, do­té de sa tra­di­tion­nelle cou­ronne à 4 heures, ren­ferme un fiable mou­ve­ment au­to­ma­tique Sel­li­ta SW 200- 1 ( qui re­prend les cotes de l’ETA 2824- 2, né en 1961) avec sa fré­quence de 4 Hz ( 28 800 al­ter­nances par heure) et ses 38 heures de ré­serve de marche. Étanche à 200 mètres, donc to­ta­le­ment tout ter­rain, la ver­sion acier se po­si­tionne à 1 950 eu­ros. Comp­tez 1 000 eu­ros de plus pour la ver­sion en bronze.

BLUE HEART Comp­teur date, centre guillo­ché et bien sûr ou­ver­ture sur l’échap­pe­ment signent cette nou­velle Heart Beat Ma­nu­fac­ture ( sep­tembre 2016) de Fré­dé­ric Constant. Si la FC- 941 gagne 1 mil­li­mètre de dia­mètre ( 42 mil­li­mètres), son style s’af­firme et ne ré­cite plus sim­ple­ment la pure hor­lo­ge­rie clas­sique. On re­trou­ve­ra sur son mou­ve­ment au­to­ma­tique mai­son ( 4 Hz, 42 heures de ré­serve de marche) la dé­co­ra­tion per­lage et Côtes de Ge­nève qui, à ce ni­veau de prix, as­soit l’es­time des ama­teurs d’hor­lo­ge­rie. 4 490 eu­ros. BLEU SA­PHIR TEUTON Le mou­ve­ment Uni­tas 6498- 1 qui anime la Meis­terSin­ger N° 2 est au ca­libre ma­nuel ce que l’ETA 2824- 2 est au ca­libre au­to­ma­tique. Il est ba­sique, éprou­vé, fiable, de grande taille ( 37 mil­li­mètres de dia­mètre et 4,5 mil­li­mètres d’épais­seur), es­thé­tique et se prête ai­sé­ment à tous types de fi­ni­tion ( du sa­blage au sque­let­tage). Son re­mon­tage as­sez vi­ril ( ré­serve de marche de 48 heures) pro­voque un bruit de pe­tite voi­ture à fric­tion. Atout sup­plé­men­taire : il est as­sez bruyant et peut se pas­ser de la pré­sence d’une se­conde. Pa­ne­rai en fut friand. Sur la Meis­terSin­ger, il se lais­se­ra donc lo­gi­que­ment ad­mi­rer grâce à son fond vis­sé transparent. La mo­no- ai­guille de cette belle al­le­mande donne l’heure à deux minutes près grâce à la li­si­bi­li­té du che­min de fer di­vi­sé en 144 seg­ments de cinq minutes. 2 190 eu­ros. BLUE STEVE MCQUEEN EYES Digne hé­ri­tière de la my­thique 133B Heuer Mo­na­co, la Tag Heuer Mo­na­co en ligne He­ri­tage re­trouve son for­mat d’ori­gine ( 39 mil­li­mètres de dia­mètre), ain­si que sa cou­ronne de re­mon­toir dé­por­tée à gauche pour si­gni­fier qu’elle ne sert pas à grand- chose… puisque la montre est le pre­mier ch­ro­no­graphe au­to­ma­tique. Ici, elle est équi­pée du ca­libre 11, proche des­cen­dant de l’ori­gi­nal ( 4 Hz, 59 ru­bis, 40 heures de ré­serve de marche). Por­tée par le pi­lote Joe Sif­fert en 1970, la Mo­na­co peut en­core s’en­or­gueillir d’être la pre­mière montre étanche car­rée ( 100 mètres). Conquis par ses per­for­mances et son ca­dran bleu pé­trole, Steve McQueen la fe­ra en­trer dans la lé­gende du­rant le tour­nage du film Le Mans en 1971. Une icône, ré­ap­pa­rue l'an der­nier, à 4 995 eu­ros.

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