Au­ré­lie Bidermann ré­veille une belle en­dor­mie

La créa­trice de bi­joux de­vient di­rec­trice ar­tis­tique des col­lec­tions Poi­ray, tout en res­tant à la tête de la créa­tion de sa mai­son épo­nyme. Elle ap­porte sa vi­sion d’un luxe jeune, gai et libre à une mai­son de joaille­rie qui a le même âge qu’elle. Rencontr

Infrarouge - - INTERVIEW - Par Aude Ber­nard- Treille Dé­cou­vrez le tra­vail d’Au­ré­lie Bidermann à par­tir du mois de juin dans les bou­tiques Poi­ray. www. poi­ray. com. Poi­ray, 17, rue de la Paix, 75002 Pa­ris.

Votre style en trois mots ?

Bour­geoise, dé­lu­rée et pa­ri­sienne.

Votre ar­ri­vée chez Poi­ray ap­porte un vent de fraî­cheur à la marque. Quelle a été votre pre­mière « touche per­son­nelle » ?

Nos deux mai­sons ont par chance les mêmes codes : ce sont des marques fraîches, hautes en cou­leur. On re­trouve en elles un cô­té so­laire com­mun. Mon ar­ri­vée chez Poi­ray peut alors sem­bler très na­tu­relle et son­ner comme une évi­dence.

On connaît les clas­siques de la mai­son de joaille­rie. Ra­con­tez- nous ce qu’était Poi­ray pour vous avant de la re­joindre ?

Pour moi, c’est une très jo­lie mai­son, très pa­ri­sienne. On ne s’en rend pas for­cé­ment compte, mais c’est la der­nière- née, en 1975. À plus de qua­rante ans elle est donc jeune, à cô­té de ses voi­sines Car­tier, Chau­met ou Van Cleef… Je la ré­su­me­rais à une « belle en­dor­mie » .

Raf­fi­ne­ment, cou­leurs, belles pierres : c’est un ter­rain que vous connais­sez bien. Pou­vez- vous évo­quer cette nou­velle col­lec­tion ?

Mal­heu­reu­se­ment, il est en­core trop tôt… Il fau­dra un peu de pa­tience pour la dé­cou­vrir.

Qu’est- ce que vous avez été obli­gée d’in­té­grer pour être dans la ligne Poi­ray ?

Rien, car l’ADN de Poi­ray est tout à fait proche de ce que je sais faire.

Comment pré­sen­te­riez- vous la Pa­ri­sienne chic d’au­jourd’hui ?

La Pa­ri­sienne a beau­coup de goût, elle est raf­fi­née et sait ac­cor­der son look à des ba­sics et des pièces rares. Elle sait don­ner du re­lief à son ap­pa­rence avec un choix d’ac­ces­soires ju­di­cieux, comme des bi­joux ou de jo­lis sou­liers un peu ex­tra­va­gants.

La pho­to, les voyages, l’art vous ins­pirent beau­coup. Don­nez- nous un aper­çu de vos der­niers coups de coeur.

Je suis ins­pi­rée par tout ce qui est poé­tique, frais, quand tout se ré­pond. Je suis al­lée en Égypte ré­cem­ment et j’ai ai­mé son mu­sée de la Culture. Je suis aus­si une in­con­di­tion­nelle du MET à New York, avec ses salles ro­maines ou pré­co­lom­biennes.

Votre dé­fi­ni­tion de l’élé­gance ?

C’est in­né, ce­la ne s’achète pas. C’est un sou­rire, une at­ti­tude. Pour moi, ce­la vient de l’in­té­rieur et re­flète une per­son­na­li­té.

Un suc­cès mode qui vous laisse plus que per­plexe ?

En fait, quand je m’ha­bille, j’ai mon style, je ne suis pas « à la mode » car je ne la suis pas for­cé­ment. J’achète ce qui me plaît, en fonc­tion du mo­ment, et je ne fais pas trop at­ten­tion au reste.

Qu’ai­mez- vous chez les autres ou sur les autres, mais pas sur vous ?

Le pan­ta­lon à pattes d’élé­phant.

La faute de goût pour la­quelle vous avez le plus d’in­dul­gence ?

Je trouve qu’on ne peut pas par­ler de faute de goût car c’est trop sub­jec­tif. Cha­cun a un style dif­fé­rent et l’ex­prime à sa fa­çon.

Quel est le plus grand dé­faut des créa­teurs en gé­né­ral ?

Au­cun.

Le bi­jou le plus sym­bo­lique pour vous au­jourd’hui ?

Un mé­daillon que j’ai créé pour la nais­sance de ma fille.

Le bi­jou de fa­mille qui vous est cher ?

Ce sont un pou­drier et un étui à rouge à lèvres qui ap­par­te­naient à ma grand- mère, de chez Van Cleef, en or rose avec un pe­tit ca­nard, des gra­vures ser­ties ma­gni­fiques. Ce sont deux ob­jets pré­cieux qui ont une his­toire.

« Je suis ins­pi­rée par tout ce qui est poé­tique, frais, quand tout se ré­pond. »

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