La Fo­lie Douce

Entre deux pistes, La Fo­lie Douce Val d’Isère fait le bon­heur des skieurs en quête de sen­sa­tions fortes ! Ca­ba­ret, club­bing et bis­tro­no­mie, ce concept unique cé­lèbre la joie de vivre et la fête pour pe­tits et grands. La saison re­prend le 20 dé­cembre proch

Infrarouge - - Édito / Sommaire - Par Alexia Far­ry

« On a un plan pour 2018, 2019 et 2020 as­sez im­pres­sion­nant et, si vous me de­man­dez quel se­ra le vi­sage de la mon­tagne en 2030, je connais dé­jà la ré­ponse. Je n’ai qu’un mot en tête : “in­no­va­tion”, “in­no­va­tion”, “in­no­va­tion”... » Comme un homme po­li­tique en cam­pagne, Luc Re­ver­sade, 70 ans, an­nonce son pro­gramme dans un sec­teur qu’il connaît mieux que per­sonne : la mon­tagne. N’y voyez rien de pré­somp­tueux, le fon­da­teur de La Fo­lie Douce sait par­fai­te­ment de quoi il parle, lui qui a été le vi­sion­naire des « nou­veaux sports d’hi­ver », il y a plus de 30 ans. Tout a com­men­cé dans la sta­tion chic et spor­tive de Val d’Isère. Cet au­to­di­dacte, fils d’ins­ti­tu­teurs, fait ses armes dans l’hô­tel­le­rie et la res­tau­ra­tion. Ce­pen­dant, tra­vailler pour les autres, ce n’est pas son truc, le jeune homme étant aus­si cu­rieux qu’am­bi­tieux. Luc Re­ver­sade s’exile à Ibi­za pour dix ans de fêtes et d’ap­pren­tis­sage sur le ter­rain, puis ouvre quelques hô­tels dans le Ver­cors, « mais il

pleu­vait tout le temps, j’en avais marre », se sou­vient-il. Pa­ral­lè­le­ment, le jeune Luc prend la ges­tion de la plus grosse dis­co­thèque de tout l’At­lan­tique : La Grange, à Royan. Mais le monde de la nuit l’épuise…

Fort de ses mul­tiples ex­pé­riences, il dé­cide de re­ve­nir aux sources, à Val d’Isère, pour faire sa place et ra­chète

« un pe­tit re­fuge “pour­ri” » bap­ti­sé Les Tom­meuses. Si­tué à 2 400 mètres, au ni­veau de la té­lé­ca­bine de la Daille, c’est am­biance Les Bron­zés font du ski. « Il n’y avait que six tables, pas d’eau, pas de toi­lettes, je mon­tais l’eau par les ca­bines et nous pas­sions des heures et des heures à dé­ge­ler », nous ra­conte Luc Re­ver­sade, avec le sou­rire. Nous sommes en 1975, l’idée de La Fo­lie Douce fait son che­min…

La fin des « sports d’hi­ver »

Aux Tom­meuses, on vient se ré­chauf­fer entre deux pistes et cas­ser la croûte. Der­rière les four­neaux, « Mo­mone », la ma­man de Luc, pré­pare avec amour les plats du jour que l’on dé­guste avec un bon vin chaud. Pro­gres­si­ve­ment, le lieu s’agran­dit : « À l’époque, on di­sait : je vais aux sports d’hi­ver… Tout ça est bien fini. Dé­sor­mais, on part en va­cances, donc le par­cours client n’est plus le même. » Et ça, Luc le com­prend très vite. La dé­cen­nie 80 marque un tour­nant avec un chan­ge­ment de nom pour le res­tau­rant Les Tom­meuses, re­bap­ti­sé « La Fo­lie Douce ». People, bu­si­ness­men, sportifs de haut ni­veau, tout le monde ré­serve. Jean-Claude Killy y est même un ha­bi­tué ! Pa­ral­lè­le­ment, Luc Re­ver­sade lance La Frui­tière, une nou­velle table au­jourd’hui ré­pu­tée pour sa cui­sine tra­di­tion­nelle, re­vi­si­tée en ver­sion bis­tro­no­mique. Une douce fo­lie vrom­bis­sante qui ne de­mande qu’à ex­plo­ser. L’heure des chan­ge­ments a dès lors son­né : « Je me suis dit : main­te­nant, tu vas créer un concept qui s’ap­pelle “La Fo­lie Douce” avec spec­tacle, ca­ba­ret et show ! »

Ca­ba­ret, club­bing et gas­tro­no­mie en altitude

Après des an­nées de tra­vaux, La Fo­lie Douce des an­nées 2000 est lan­cée (en 2007). À l’offre de res­tau­ra­tion s’ajoute un tout nou­veau concept : le ca­ba­ret élec­tro et l’après-ski club­bing.

Dan­ce­floor en plein air, DJ per­ché au balcon du cha­let, chan­teurs, dan­seurs, cette fois, Luc a vu gros et compte bien de­ve­nir le nou­veau roi de l’en­ter­tain­ment sur les pistes. Tous les jours, entre 12 et 17 heures, l’équipe de La Fo­lie Douce met le feu avec un show unique et un DJ set vi­brant où l’on vient se dé­chaî­ner, tout en bu­vant une coupe de champagne ou une bière. Pour réus­sir ce pa­ri fou, Luc s’est en­tou­ré des meilleurs, à l’ins­tar de Ke­ly Star­light, le MC (Mas­ter of Ce­re­mo­ny) de­ve­nu la star des lieux. Avec sa voix puis­sante et son look ex­tra­va­gant, il prend place et monte sur les bars de­vant un pu­blic en transe : « Il y a un lâ­cher-prise, on sent que tout est pos­sible, que l’on peut lais­ser son quo­ti­dien, ses sou­cis dans la té­lé­ca­bine. Quelle que soit la mé­téo, nous se­rons tou­jours là, pour as­su­rer le show et le dé­col­lage », dé­clare Ke­ly. Un show in­édit re­nou­ve­lé chaque an­née : « Chaque saison, nous chan­geons les cos­tumes, les cho­ré­gra­phies, les thèmes. Pour les fêtes, nous al­lons pré­sen­ter des dan­seurs aé­riens, c’est une nou­veau­té, ins­pi­rée des spec­tacles du Cirque du So­leil », ajoute Ser­gey No­vi­kov, cho­ré­graphe et cos­tu­mier of­fi­ciel de La Fo­lie Douce.

Au­jourd’hui, La Fo­lie Douce Val d’Isère est de­ve­nue une ma­chine de guerre bien hui­lée, comp­tant 110 sa­la­riés et in­ter­mit­tents du spec­tacle et un chiffre d’af­faires avoi­si­nant les 6 mil­lions d’eu­ros par saison et entre 4 et 5 mil­lions d’eu­ros par saison pour les fran­chi­sés. De

plus en plus de jeunes sont at­ti­rés par cet uni­vers, qui peut être aus­si un trem­plin, à l’ins­tar d’Ali­son, DJette de 24 ans, qui tra­vaillait dans la fi­nance à Londres avant de rejoindre l’aven­ture Fo­lie Douce pour sa pre­mière saison cette an­née : « J’ai en­ten­du par­ler de La Fo­lie Douce pour la pre­mière fois il y a dix ans, quand j’étais en­core au ly­cée. Je me sou­vien­drai tou­jours de l’en­thou­siasme de mes amis qui ren­traient des sports d’hi­ver et m’en par­laient. Dès ma pre­mière ren­contre avec Luc, le cou­rant est pas­sé. Luc est très jeune dans sa tête, il est créa­tif, ins­pi­ré et in­nove constam­ment. Il est gé­né­reux, aime s’en­tou­rer et mettre en avant la jeu­nesse. » Un concept au­jourd’hui fran­chi­sé à Mé­ri­bel, Me­gève, l’Alpe d’Huez et Val Tho­rens.

La Fo­lie Douce du fu­tur : tou­jours plus « per­chée »

De­puis dix ans, Luc Re­ver­sade vi­site d’autres sta­tions de ski pour prendre la tem­pé­ra­ture des nou­velles ten­dances et amé­na­ge­ments en mon­tagne. « Il n’y a au­cune sta­tion en Al­le­magne, en Ita­lie, en Au­triche, en Suisse ou aux USA que je ne connais pas », nous confiet-il. Le groupe vient de si­gner un par­te­na­riat avec La Com­pa­gnie des Alpes, une dé­lé­ga­tion de ser­vice pu­blic qui gère les re­mon­tées mé­ca­niques. C’est la pre­mière fois qu’un tel par­te­na­riat a lieu. L’ob­jec­tif : chan­ger le vi­sage de la mon­tagne dès 2018 avec un pre­mier grand chan­tier, le lancement d’une toute nou­velle té­lé­ca­bine luxueuse de dix places, chauf­fée, éclai­rée et avec am­biance mu­si­cale qui vous amène di­rec­te­ment sur le dan­ce­floor.

De nou­veaux ser­vices sont en pré­pa­ra­tion : la créa­tion de ves­tiaires avec toi­lettes et douches, d’une consigne pour lais­ser ses skis sur place et les re­prendre le len­de­main, un Kid’s Club avec cours de cui­sine et école de danse. Mais la grande pre­mière, c’est le night show avec un spec­tacle de nuit, une fois par se­maine. « La piste se­ra éclai­rée et il va y avoir un spec­tacle d’une heure, un peu ins­pi­ré de la cérémonie d’ou­ver­ture des JO d’hi­ver, avec des cho­ré­gra­phies, beau­coup de map­ping vi­déo, un spec­tacle hal­lu­ci­nant ! Ce­la existe en Au­triche, en Al­le­magne, mais on va faire mieux avec la French Touch », nous ex­plique Luc Re­ver­sade.

Des étoiles dans les yeux, de l’in­sou­ciance et un brin de fo­lie, il faut en avoir pour rê­ver à l’im­pos­sible et le réa­li­ser. « J’ai 70 ans, de toute fa­çon, je suis éter­nel. Tant que tu es bien et que tu es pas­sion­né, tu n’as pas de retraite à prendre. » Ren­dez-vous pour les fêtes de Noël…

La Fo­lie Douce Mé­ri­bel/Cour­che­vel In­ter­mé­diaire Bur­gin Sau­lire, 73550 Mé­ri­bel. Tél. : 04 79 00 58 31.

La Fo­lie Douce Val d’Isère/ Tignes Té­lé­ca­bine de la Daille, 73150 Val d’Isère. Tél. : 04 79 06 21 08.

La Fo­lie Douce Val Tho­rens Piste Plein Sud, 73440 Val Tho­rens. Tél. : 04 79 00 04 27.

La Fo­lie Douce L’Alpe d’Huez Té­lé­siège Mar­motte, 38750 L’Alpe d’Huez. Tél. : 04 76 80 32 36.

La Fo­lie Douce Me­gève/Saint-Ger­vais

Som­met du té­lé­siège Mont-Joux, 74170 Saint-Ger­vais. Tél. : 04 50 58 99 67. la­fo­lie­douce.com

Jean-Louis Au­bert, sa femme, dé­jeu­nerà La Frui­tiè­rea­vec son mo­ni­teur en 1998

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