Vi­site his­to­rique des lieux :

Du temps des ca­thé­drales à la tem­pête de 1999

Intérêts Privés - - QUE FONT-ILS DE NOTRE PATRIMOINE ? -

Elle n’a pas l’ho­mo­gé­néi­té des ca­thé­drales de Reims ou de Pa­ris. Et pour cause ! No­treDame de Rouen est le pro­duit d’une mul­ti­tude de cam­pagnes de construc­tion et de re­cons­truc­tion. « Il y a d’abord eu un groupe ca­thé­drale pa­léo­chré­tien au IVe siècle dont on a re­trou­vé quelques ves­tiges », ra­conte l’his­to­rien Jacques Tan­guy, qui as­sure des vi­sites gui­dées du mo­nu­ment de­puis qua­rante-cinq ans. Au XIe siècle, l’édi­fice ori­gi­nel est rem­pla­cé par une deuxième ca­thé­drale en style ro­man. Moins d’un siècle plus tard, l’ar­che­vêque Hugues d’Amiens, ins­pi­ré par son ami Su­ger, le maître d’ou­vrage de la ba­si­lique Saint-De­nis, dé­cide de trans­for­mer la ca­thé­drale à la mode gothique. « À l’époque, Rouen était la ca­pi­tale du du­ché de Nor­man­die”, rap­pelle l’his­to­rien. “Il lui fal­lait donc une église à sa me­sure ». La tour Saint-Ro­main, la fa­çade et la nef sont tout juste ache­vées lors­qu’un in­cen­die dé­truit ce qu’il res­tait de l’église ro­mane. Les tra­vaux re­prennent aus­si­tôt… à l’en­vers de l’ordre ha­bi­tuel puis­qu’on ter­mine ici par le choeur. En­fin, “ter­mine”, fa­çon de par­ler. Car dès la fin du XIIIe siècle, de nou­veaux chan­tiers sont en­tre­pris pour rendre le mo­nu­ment en­core plus grand, en­core plus beau. On édi­fie ain­si les por­tails la­té­raux, la cha­pelle de la Vierge et la tour de beurre qui doit son nom à la cou­leur jaune de sa pierre. Après deux in­cen­dies suc­ces­sifs en 1514 et 1823, on rem­place en­fin la flèche en bois par une flèche en fonte, ce qui est à l’avant-garde pour l’époque. Pen­dant la Se­conde Guerre mon­diale, Notre-Dame de Rouen est à deux doigts de dis­pa­raître com­plè­te­ment sous les bombes. Il fau­dra douze ans pour la re­mettre en état. Le culte n’est rou­vert qu’en 1956. Lors de la vio­lente tem­pête du 26 dé­cembre 1999, l’un des quatre clo­che­tons de la tour lan­terne culmi­nant à 65 mètres de hau­teur tombe, en­dom­ma­geant à la fois la toi­ture et les stalles au ni­veau du choeur. Des tra­vaux de sé­cu­ri­sa­tion s’im­posent. Et de­puis 2016, c’est au tour de la flèche d’en­trer en chan­tier.

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