Les élec­tions eu­ro­péennes 2014 Les en­jeux du Par­le­ment eu­ro­péen Son­dage d’opi­nion

Investir en Europe - - Sommaire -

504 mil­lions d’ha­bi­tants en Union eu­ro­péenne vont élire les 751 dé­pu­tés du Par­le­ment eu­ro­péen en mai afin qu’ils prennent leurs fonc­tions le 1er juillet 2014.

Au re­gard des abs­ten­tions crois­santes de­puis les pre­mières élec­tions eu­ro­péennes de 1979 (38% d’abs­ten­tion en moyenne dans l’UE) jus­qu’à celles de 2009 (57% d’abs­ten­tion), le dé­sin­té­rêt pour cette ins­ti­tu­tion semble crois­sant et ma­jo­ri­taire. Le Royaume-Uni et les pays d’Eu­rope cen­trale et orien­tale ont les ni­veaux d’abs­ten­tion les plus bas (au Royaume-Uni, cha­cune des élec­tions eu­ro­péennes fait l’ob­jet d’un taux d’abs­ten­tion de 76% à 65%), tan­dis que des pays comme l’Ita­lie comptent des ni­veaux d’abs­ten­tion très faibles (14,35% à 35%).

Pour­tant, l’Union eu­ro­péenne n’a ces­sé de s’élar­gir (de 6 pays membres à 28 au­jourd’hui) et d’élar­gir ses com­pé­tences (du mar­ché unique, de la po­li­tique com­mer­ciale com­mune et de la po­li­tique agri­cole com­mune à la po­li­tique mo­né­taire, la po­li­tique de co­hé­sion, l’en­vi­ron­ne­ment, la co­or­di­na­tion en ma­tière de sé­cu­ri­té in­té­rieure et de jus­tice et de fi­nances ).

In­ves­tir en Eu­rope a in­ter­viewé une cin­quan­taine d’Eu­ro­péens re­pré­sen­ta­tifs de la po­pu­la­tion en mars 2014. Il en res­sort deux prin­ci­pales ten­dances: les scep­tiques et les con­vain­cus mais l’en­semble ré­clame du chan­ge­ment.

En­jeux du Par­le­ment eu­ro­péen : un pou­voir crois­sant ?

Le Par­le­ment eu­ro­péen (PE) vote les dis­po­si­tions ju­ri­diques eu­ro­péennes avec le Con­seil de l’UE. Se­lon les ré­sul­tats du son­dage, ce pou­voir du PE est le plus im­por­tant pour 70% des son­dés.

Grâce au trai­té de Lis­bonne, pour la pre­mière fois, le Par­le­ment eu­ro­péen élie­ra le pré­sident de la Com­mis­sion eu­ro­péenne en 2014 (voir les can­di­dats en en­cart). Tou­te­fois, ce sont les chefs d’Etat et de gou­ver­ne­ment au sein du Con­seil eu­ro­péen qui nom­me­ront un can­di­dat à ce poste certes clé puis­qu’il dis­pose de l’ini­tia­tive lé­gis­la­tive eu­ro­péenne, de la mise en place des po­li­tiques eu­ro­péennes et de la sur­veillance de l’ap­pli­ca­tion du droit eu­ro­péen. Ain­si ce vote de la pré­si­dence pour ce pou­voir exé­cu­tif n’est pas une élec­tion di­recte mais ac­croît les contre-pou­voirs dé­mo­cra­tiques.

Par­mi les per­sonnes qui n’ont pas l’in­ten­tion de vo­ter aux élec­tions eu­ro­péennes, les rai­sons les plus fré­quem­ment évo­quées sont : le faible pou­voir du PE, le mé­con­ten­te­ment vis-à-vis de l’UE, le manque de temps et, pour les ex­pa­triés, les com­pli­ca­tions ad­mi­nis­tra­tives sup­plé­men­taires.

Les at­tentes des Eu­ro­péens sur le de­ve­nir de l’Union eu­ro­péenne

Par­mi les ques­tions po­sées par le son­dage d’In­vest(ir) (en) Eu­rope : « Qu’at­ten­dez-vous du Par­le­ment eu­ro­péen ? », cer­tains son­dés ont ré­pon­du en fa­veur d’un pou­voir crois­sant de cette ins­ti­tu­tion et des autres de l’UE : « une fé­dé­ra­tion, une har­mo­ni­sa­tion fis­cale et so­ciale, une po­li­tique mo­né­taire plus agres­sive et non cen­trée sur l’in­fla­tion exclusivement ». Par­mi les per­sonnes en fa­veur d’une fé­dé­ra­tion eu­ro­péenne, qu’elle soit ré­duite ou non en termes de nombre de membres, les mo­tifs in­vo­qués sont va­riés : « c’est la seule voie pour don­ner plus de pou­voir au prag­ma­tisme tan­dis qu’en France le pou­voir est aux mains d’idéo­logues », ou en­core une meilleure gou­ver­nance en fa­veur de «l’em­ploi et de la tech­ni­ci­té» et non un mar­ché com­mun au sein du­quel une concur­rence so­ciale et fis­cale s’exerce.

Cer­tains eu­ro­péens dé­plorent une ac­ti­vi­té ju­ri­dique mas­sive concen­trée sur des pro­blèmes in­si­gni­fiants, « la com­po­si­tion du vin, la hau­teur des tables des éco­liers, une har­mo­ni­sa­tion fis­cale et so­ciale ». Ils pré­fè­re­raient que l’UE se concentre sur des su­jets d’in­té­rêt gé­né­ral. D’autres son­dés dé­plorent les dif­fi­cul­tés à ré­gler les pro­blèmes com­muns tout en étant dans l’in­ca­pa­ci­té de se pen­cher de fa­çon in­dé­pen­dante sur l’ex­té­rieur: « il est dif­fi­cile de mettre en place des po­li­tiques com­munes à 28 ». Cer­tains son­dés ont l’im­pres­sion que les dis­po­si­tions lé­gis­la­tives eu­ro­péennes avan­tagent cer­tains pays mais ja­mais l’en­semble. D’autres ré­clament une ap­proche ju­ri­dique plus cen­trée sur l’en­tre­pre­na­riat.

Par­mi les son­dés qui n’ont pas l’in­ten­tion de vo­ter aux élec­tions eu­ro­péennes, il leur a été de­man­dé pour quel mo­tif et, « quels chan­ge­ments vous fe­raient chan­ger d’avis ? ». A la pre­mière ques­tion, deux prin­ci­pales ré­ponses sont don­nées par les son­dés. En pre­mier lieu, et ce­la s’ap­plique à toutes les élec­tions (qu’elles soient lo­cales, na­tio­nales ou eu­ro­péennes), beau­coup sont dé­çus de la classe po­li­tique, « qu’elle soit de droite ou de gauche ». En deuxième lieu, ici seules les élec­tions eu­ro­péennes sont concer­nées, il y a un dé­sin­té­rêt pour l’Union eu­ro­péenne. A la deuxième ques­tion, cer­tains ont ré­pon­du un «sys­tème plus dé­mo­cra­tique». Ils dé­plorent le sys­tème ac­tuel trop concen­tré et ali­men­té sur les lob­bies et non sur les ci­toyens. D’autres son­dés se sont ex­pri­mé en ces termes : « moins de dé­mo­cra­tie et plus d’opé­ra­tion­nel ». Mais en­core d’autres ont dé­cla­ré que « rien ne leur fe­raient chan­ger d’avis ».

L’en­semble de ces prises de parole illustre à quel point d’une part, les po­pu­la­tions at­tendent des po­li­tiques plus dé­ci­sives dans l’éco­no­mie et le so­cial que la sphère soit eu­ro­péenne ou na­tio­nale et, d’autre part, que l’ou­til ju­ri­dique soit au ser­vice de l’ef­fi­ca­ci­té et n’en­trave pas les li­ber­tés éco­no­miques.

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