Culture & so­cié­té ­35 ­So­cie­ty

MO­DERN SLA­VE­RY, AN EU­RO­PEAN REA­LI­TY

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L’es­cla­vage mo­derne une réa­li­té eu­ro­péenne Mo­dern sla­ve­ry, an eu­ro­pean rea­li­ty

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Dans l'ou­vrage « Ma vie d'es­clave »(1), Mende Na­zer une jeune femme née au Sou­dan, re­late son parcours mar­qué au fer rouge par le sceau de l'es­cla­vage. Sa des­cente aux en­fers dé­bute au Sou­dan, où alors qu'elle n'a que 12 ans le vil­lage de la jeune fille est at­ta­qué et brû­lé par des bri­gands. A la suite de ce­la, Mende Na­zer fut vio­lée puis ven­due à une riche fa­mille de Khar­toum. Elle ser­vi­ra au sein de cette fa­mille d'es­clave do­mes­tique et su­bi­ra de mul­tiples sé­vices (nour­rit avec les restes, in­sul­tée, me­na­cée de mort). Après 7 ans de cap­ti­vi­té Mende Na­zer ose es­pé­rer son cal­vaire ter­mi­né lorsque sa maî­tresse la « cède » à sa soeur : la femme d'un haut fonc­tion­naire sou­da­nais tra­vaillant en An­gle­terre. Il n'en se­ra pour­tant rien, puisque au Royaume­Uni même, la cap­ti­vi­té de la jeune sou­da­naise se pour­suit ; celle­ci tra­vaille jour et nuit et est re­te­nue en­fer­mée dans la mai­son de ses maîtres. Mende Na­zer fi­ni­ra ce­pen­dant par re­trou­ver sa li­ber­té grâce à l'in­ter­ven­tion de res­sor­tis­sants sou­da­nais.

Cette his­toire sor­dide n'est mal­heu­reu­se­ment pas un cas iso­lé en Eu­rope. En ef­fet, se­lon une étude me­née par la fon­da­tion Walk Free(2) le nombre d'es­clave est es­ti­mé à l'heure ac­tuelle à 1 234 400 sur le conti­nent.

In the book "Slave, my true sto­ry"(1), Mende Na­zer a young wo­man born in Su­dan, re­counts her sto­ry mar­ked by sla­ve­ry. Her des­cent in­to hell be­gins in Su­dan, where at the age of 12, her vil­lage was at­ta­cked and bur­ned by ban­dits. Fol­lo­wing this, Mende Na­zer was ra­ped and sold to a weal­thy fa­mi­ly in Khar­toum. She was used as a slave and had suf­fe­red from mul­tiple abuses ( fed with lef­to­vers, in­sul­ted, threa­te­ned with death). Af­ter 7 years of cap­ti­vi­ty, her mis­tress de­ci­ded to “give" the slave to her sis­ter, the wife of a high of­fi­cial wor­king in En­gland at the Su­da­nese Em­bas­sy. In UK as well, the cap­ti­vi­ty of the young Su­da­nese conti­nued; she wor­ked day and night and lo­cked up in the house of her mas­ters. Mende Na­zer ho­we­ver re­gains her free­dom, by the in­ter­ven­tion of Su­da­nese na­tio­nals.

Sad­ly, this hor­rible sto­ry isn't an iso­la­ted event in Eu­rope. In­deed, ac­cor­ding to a stu­dy conduc­ted by the Walk Free Foun­da­tion(2), the num­ber of slave is es­ti­ma­ted at the mo­ment at 1 234 400 on the conti­nent.

A titre illus­tra­tif, la Po­logne est le pays de l'Union eu­ro­péenne avec l'es­ti­ma­tion d'es­claves la plus im­por­tante (181 000) sui­vie par la Rou­ma­nie (80 200) et la Grèce (40 200). Si la France, le Royaume­Uni et l’Al­le­magne de­meurent loin dans ce clas­se­ment, on y re­cense tout de même res­pec­ti­ve­ment 12 000, 11 700, et 14 500 es­claves. Se­lon un rap­port d’Eu­ro­stat(3) pu­blié en 2015, ces es­claves sont prin­ci­pa­le­ment is­sus des pays de l'Eu­rope de l’Est. Tan­dis que les 35% non européens sont pour leur part ori­gi­naires en ma­jo­ri­té du Ni­ge­ria, de Chine et du Bré­sil. L’étude me­née par la fon­da­tion Walk free(2) ré­vèle en outre que 80% des es­claves mo­dernes sont des femmes. Ce­pen­dant le terme d'es­claves mo­derne re­coupe dif­fé­rents types d'as­ser­vis­se­ments qu'il convient d’ana­ly­ser.

For example, Po­land is the mem­ber state of the Eu­ro­pean Union with the most im­por­tant es­ti­ma­tion of slaves (181 000) fol­lo­wed by Ro­ma­nia (80 200) and Greece (40 200). If France, the Uni­ted King­dom and Ger­ma­ny re­main far in this clas­si­fi­ca­tion we can list res­pec­ti­ve­ly 12 000, 11 700, and 14 500 slaves. Ac­cor­ding to a re­port of Eu­ro­stat(3), pu­bli­shed in 2015 these slaves are main­ly ori­gi­na­ted from Eas­tern Eu­ro­pean coun­tries. The non­Eu­ro­pean 35 % come from most­ly Ni­ge­ria, Chi­na and Bra­zil. The stu­dy led by the foun­da­tion Walk Free(2) re­veals that about 80 % of the mo­dern slaves are wo­men. Ho­we­ver, mo­dern sla­ve­ry term can be in­ter­pre­ted by va­rious types of sub­jec­tions we have to ana­lyse.

De l'as­ser­vis­se­ment sexuel au vol for­cé

L'es­cla­vage mo­derne re­groupe une réa­li­té large et com­plexe. L'es­cla­va­gisme le plus mas­sif et pré­sent est sans nul doute l'es­cla­va­gisme sexuel. En 2012, se­lon le rap­port d'Eu­ro­stat(3) près de 66% des es­claves mo­dernes européens sont des es­claves sexuels. Ces es­claves (des femmes en grande ma­jo­ri­té) se pros­ti­tuent dans la rue, dans des mai­sons closes, sont for­cés de se pro­duire dans des clubs de strip­tease, ou en­core dans l'in­dus­trie por­no­gra­phique. Sur la même base sta­tis­tique de 2012 20% sont des es­claves for­cés à tra­vailler : ils se re­trouvent dans qua­si­ment toutes les branches d'ac­ti­vi­tés né­ces­si­tant une grande quan­ti­té de main d’oeuvre fai­ble­ment qua­li­fiée. Ain­si, on en trouve beau­coup dans l'agri­cul­ture, le bâ­ti­ment et l'in­dus­trie tex­tile sans ou­blier les es­claves do­mes­tiques. En­fin, 14% des es­claves sont clas­sés dans des ac­ti­vi­tés di­verses et fourre­tout par Eu­ro­stat. Celle­ci vont de la men­di­ci­té for­cée au vol, sans omettre les tra­fics en tous genres.

Il est ce­pen­dant à no­ter que le type d'es­cla­va­gisme évo­lue en fonc­tion des po­pu­la­tions pré­sen­tant une vul­né­ra­bi­li­té, ain­si l'ac­tuel vague mi­gra­toire vers l'Eu­rope re­pré­sente un fort risque. Eu­ro­pol a der­niè­re­ment ré­vé­lé que près de 10 000 en­fants mi­grants non ac­com­pa­gnés ar­ri­vés et en­re­gis­trés sur le sol eu­ro­péen ont été por­tés dis­pa­rus(4). La po­lice eu­ro­péenne craint que des ré­seaux pé­do­philes et ma­fieux se soient em­pa­rés d'eux.

From sexual sla­ve­ry to for­ced steal

Mo­dern sla­ve­ry is a wide and complex rea­li­ty. The ma­jo­ri­ty is un­doub­ted­ly sexual sla­ve­ry. In 2012, ac­cor­ding to a re­port of Eu­ro­stat(3) about 66 % of the Eu­ro­pean mo­dern slaves are sexual slaves. These people (wo­men in great ma­jo­ri­ty) pros­ti­tute them­selves in the street, in the bro­thels, are for­ced to oc­cur in clubs of strip­tease, or in the por­no­gra­phic in­dus­try. On the same sta­tis­ti­cal base of 2012 20 % are for­ced la­bour: They find them­selves in al­most all the bu­si­ness sec­tors re­qui­ring a big quan­ti­ty of uns­killed wor­kers. So, we find it in agri­cul­ture, buil­ding and tex­tile in­dus­try wi­thout for­get­ting the do­mes­tic slaves. Fi­nal­ly, 14% of the slaves are clas­si­fied in di­verse and tote ac­ti­vi­ties by Eu­ro­stat. These ac­ti­vi­ties range from for­ced beg­ging to theft and traf­fi­cking of all kinds.

Ho­we­ver, it is im­por­tant to note that the type of sla­ve­ry evolves ac­cor­ding to the po­pu­la­tions pre­sen­ting a vul­ne­ra­bi­li­ty. Then the recent mi­gra­to­ry wave to­wards Eu­rope re­pre­sents a strong risk. Eu­ro­pol re­cent­ly re­vea­led that about 10 000 not ac­com­pa­nied mi­grant chil­dren ar­ri­ved and re­gis­te­red on the Eu­ro­pean ground were car­ried di­sap­pea­red(4). The Eu­ro­pean po­lice is afraid that pae­do­phile and Ma­fio­so net­works seize a big part of them.

Des es­cla­va­gistes aux vi­sages mul­tiples.

La né­bu­leuse des ex­ploi­teurs est en­core plus large que les dif­fé­rents types d'es­cla­va­gismes mo­dernes. Le Co­mi­té contre l'es­cla­vage mo­derne ré­vèle qu'en 2010 sur tous les cas trai­tés par l'or­ga­nisme, les ex­ploi­teurs « ap­par­tiennent à toutes les ca­té­go­ries so­cio­pro­fes­sion­nelles. » « Il ar­rive trop sou­vent que la pau­vre­té ex­ploite la mi­sère. En 2010, 68% des em­ployeurs étaient d'ori­gine afri­caine (par­mi les­quels 51% ve­naient d'Afrique de l'Ouest et 32% d'Afrique du Nord), 13% d'Eu­rope, 9% du Moyen­Orient et du Proche­Orient, 4% d'Asie »(5). Si ce type d'ex­ploi­teur sé­vit prin­ci­pa­le­ment au­tour de l'es­cla­vage do­mes­tique, des bandes or­ga­ni­sées sont sou­vent à l’oeuvre en ce qui concerne l'es­cla­vage sexuel de plus des connec­tions existent entre les dif­fé­rents ré­seaux. Les ex­ploi­teurs prennent donc à la fois la forme de par­ti­cu­liers per­pé­tuant des pra­tiques cultu­relles ar­chaïques ou pro­fi­tant de la mi­sère sociale, mais aus­si de ré­seaux plus ou moins bien or­ga­ni­sés et im­por­tants.

Sla­vers with se­ve­ral faces

The ne­bu­la of the ex­ploi­ters is even wi­der than the va­rious types of mo­dern sla­ve­ry. The Com­mit­tee against Mo­dern Sla­ve­ry re­veals that in all the cases hand­led in 2010, the ex­ploi­ters "be­long to all so­cio­pro­fes­sio­nal ca­te­go­ries”. "Too of­ten po­ver­ty ex­ploits the mi­se­ry. In 2010, 68% of em­ployers were of Afri­can ori­gin (of which 51% came from West Afri­ca and 32% from North Afri­ca), 13% from Eu­rope, 9% from the Middle East and Near East, 4% Asian”(5). If this type of ex­ploi­ter rife main­ly around do­mes­tic sla­ve­ry, or­ga­ni­zed gangs are of­ten at work re­gar­ding sexual sla­ve­ry. Ex­ploi­ters the­re­fore take both the form of in­di­vi­dual per­pe­tua­ting ar­chaic cultu­ral prac­tices or ta­king ad­van­tage of social de­pri­va­tion, but al­so more or less or­ga­ni­zed and large net­works.

Adrien Ak­ka­cha, ré­dac­teur et Ma­he­ry Ra­ko­toa­sim­bo­la , étu­diant en science politique à l'Uni­ver­si­té de Ver­sailles Saint­Quen­tin­En­Yve­lines.

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