7,500 BA en Al­le­magne 4,300 BA en France

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Ré­par­ti­tions géo­gra­phiques concen­trées ou dé­cen­tra­li­sées

En France, les quelques ré­gions les plus riches concentrent la plu­part des Bu­si­ness An­gels (BA) avec une forte concen­tra­tion sur Pa­ris et la ré­gion pa­ri­sienne. Tan­dis qu’en Al­le­magne, il y a une très bonne ré­par­ti­tion ré­gio­nale des Bu­si­ness An­gels dans tous les Län­der de l’Ouest, d’ailleurs bien plus nom­breux qu’en France (7.500 en Al­le­magne contre 4.300 en France)(3).

Les BA sont prin­ci­pa­le­ment im­plan­tés dans les ré­gions les plus riches. 76% des BA se trouvent en Ita­lie du Nord par exemple.

Quels sont leurs cri­tères de sé­lec­tion ?

Le prin­ci­pal cri­tère de sé­lec­tion d’un BA est la haute ca­pa­ci­té à dé­cu­pler en peu de temps (2 ans) la va­leur des ac­tions d’une Start-Up.

Les BA fi­nancent les jeunes en­tre­prises dé­jà exis­tantes qui prouvent leurs ca­pa­ci­tés à ac­croître for­te­ment leurs chiffres d’af­faires et à gé­né­rer une forte ren­ta­bi­li­té en s’ap­puyant sur un nou­veau ser­vice, un nou­veau pro­duit, des bre­vets et ayant ain­si soit l’at­trac­ti­vi­té né­ces­saire pour in­té­res­ser une grande en­tre­prise soit la ca­pa­ci­té de faire une bonne in­tro­duc­tion en bourse dans un dé­lai court (idéa­le­ment 2 ans).

Seules les in­no­va­tions ap­pli­cables à un mar­ché peuvent sé­duire les BA. Ain­si, les sec­teurs les plus in­ves­tis sont les TIC (Tech­no­lo­gies d’in­for­ma­tion et de Com­mu­ni­ca­tions) (43% en Au­triche, 48% en France), mais tous les sec­teurs in­dus­triels peuvent être cou­verts.

Les BA re­çoivent beau­coup de pro­jets, en pré­sentent peu à leurs in­ves­tis­seurs qui eux-mêmes ne sont pas tous fi­nan­cés. Le ré­seau au­tri­chien ABAN re­çoit chaque an­née une cin­quan­taine de pro­jets, en sé­lec­tionne 60 et seule une pe­tite ving­taine trouve un fi­nan­ce­ment de BA. En Bel­qique, les 400 BA re­çoivent en moyenne 750 pro­jets par an et ne fi­nancent que 40 à 50 d’entre eux pour un mon­tant d’en­vi­ron 10 mil­lions€. En Ita­lie, sur près de 2000 pro­jets ana­ly­sés par an, seul 4% à 5% trouvent un fi­nan­ce­ment (33 mil­lions en 2012). Un pe­tit pays comme les Pays-Bas to­ta­lise 3200 BA et fi­nance plus de 200 mil­lions€ par an. En moyenne, si un Bu­si­ness An­gel re­çoit 1000 pro­jets par an, il en sé­lec­tion­ne­ra 400 qu’il au­di­tion­ne­ra seul pen­dant 10 mi­nutes pour n’en ins­truire que 160 et ne pré­sen­ter aux in­ves­tis­seurs que 40 à 50 pro­jets pen­dant 30 mn qui eux-mêmes ne trou­ve­ront un fi­nan­ce­ment que pour 20 à 30 Start-Ups.

Com­ment les gou­ver­ne­ments fa­vo­risent les BA?

Le sec­teur pu­blic mets par­fois en place un ré­seau de BA comme en Au­triche (ABAN) (4), en Al­le­magne (BAND)(5) et aux Pays-Bas (BAN)(6). Il peut aus­si plus usuel­le­ment per­mettre des dé­duc­tions fis­cales comme en France (en 2007 la loi TEPA sur l’ISF), en Ita­lie ou en­core au Royaume-Uni (« 70% des in­ves­tis­se­ments de BA sont cou­verts par des al­lè­ge­ments fis­caux »)(7). La puis­sance pu­blique peut aus­si mettre en place des sub­ven­tions et des fonds de co-in­ves­tis­se­ment (en Al­le­magne HTGF, ERP Start­fonds, EAF ; aux Pays-Bas Seed ; en France ré­cem­ment An­gel Source…).

Le crowd­fun­ding nou­vel ou­til des BA?

Beau­coup de BA ont in­ves­ti les plat­formes de crowd­fun­ding. Au Royaume-Uni par exemple, 23% des BA ont in­ves­ti par ce ca­nal.

Ces in­ves­tis­seurs ont un pro­file plus jeune (au Royaume-Uni, 74% de ces An­gels ont entre 25 et 54 ans).

Quel ave­nir pour les BA ?

Dans le contexte de l’épui­se­ment des res­sources, de la di­mi­nu­tion du fac­teur tra­vail par rap­port au ca­pi­tal et donc de la ré­mu­né­ra­tion liée au tra­vail, du vieillis­se­ment de la po­pu­la­tion, il risque d’y avoir un ap­pau­vris­se­ment du­rable d’une par­tie de la po­pu­la­tion des pays de la Triade (Eu­rope de l’Ouest, Amé­rique du Nord, Ja­pon) et ailleurs à court et moyen terme.

Ain­si, les BA ne fa­vo­risent pas les en­tre­pre­neurs du dé­ve­lop­pe­ment du­rable car ces pro­jets sont moins ren­tables, né­ces­sitent des in­ves­tis­se­ments à long terme et la prise en compte d’ob­jec­tifs so­cié­taux et pas seule­ment fi­nan­ciers.

Dans le même temps, le sur­en­det­te­ment pu­blic de ces mêmes pays de la Triade et la prise de risque éle­vée des pro­jets en­tre­pre­neu­riaux font des BA un ou­til in­dis­pen­sable au dé­ve­lop­pe­ment de la 4e ré­vo­lu­tion in­dus­trielle.

Il fau­drait une nou­velle gé­né­ra­tion de BA qui in­té­gre­rait les pro­jets so­cié­taux si les in­ves­tis­seurs ou l’Etat en font un ob­jec­tif condi­tion­nel. Il s’agi­rait de cri­tères so­ciaux bé­né­fiques pour les consom­ma­teurs (san­té, éco­no­mie d’éner­gie…) ou en­core les em­ployés (nombre d’em­plois créés, qua­li­té des em­plois, des condi­tions de tra­vail et des sa­laires… ), de cri­tères en­vi­ron­ne­men­taux (dé­ve­lop­pe­ment du­rable, pré­ser­va­tion des res­sources, faible pol­lu­tion,…) ou en­core de re­cherche (spa­tiale,…), culture (di­men­sion mul­ti­cul­tu­relle, phi­lo­so­phie fa­vo­ri­sant la paix,…).

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