Les ro­bots in­tel­li­gents, té­moins d’une fu­ture ci­vi­li­sa­tion hu­maine IA ro­bots as evi­dence of a fu­ture lost ci­vi­li­za­tion

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D’après les pré­vi­sions pes­si­mistes du pro­fes­seur Ste­phen Haw­king*, notre vie sur Terre se­ra éra­di­quée d’ici 1.000 ans, mais aus­si, la sur­vie des 7 mil­liards d’hu­mains se­ra me­na­cée si nous ne trou­vons pas d’autres pla­nètes dans un siècle seule­ment(1).

Ain­si, il est pos­sible que la vie hu­maine soit me­na­cée par la ra­re­té des res­sources et le ré­chauf­fe­ment cli­ma­tique. Au re­gard du der­nier rap­port de l’Or­ga­ni­sa­tion in­ter­na­tio­nale mé­téo­ro­lo­gique, l’hy­po­thèse pes­si­miste du GIEC(2) est loin d’être écar­tée : d’ici 2100 une élé­va­tion des tem­pé­ra­tures de + 4,8°c. Elles au­raient un im­pact po­ten­tiel d’élé­va­tion du ni­veau des mers de 3 mètres d’ici 2300 avec +8°c)(3).

S’ajoute à ces risques la me­nace nu­cléaire(4) et ain­si seule sur­vi­vrait peut-être l’in­tel­li­gence ar­ti­fi­cielle.

Dans cette hy­po­thèse, se pose le pro­blème de la concep­tion des ro­bots in­tel­li­gents non comme de simples ou­tils mais comme des té­moins de notre pas­sage sur Terre. Com­ment trans­mettre notre hé­ri­tage hu­main à des ma­chines ?

Faut-il qu’elles soient do­tées d’une conscience aux sens psy­cho­lo­gique et mo­ral ?

Doivent-elles se do­ter d’une ca­pa­ci­té de pro­duc­tion au­to­nome mais com­ment s’as­su­rer qu’elles ne prennent pas de mau­vaises dé­ci­sions ?

Com­ment dé­fi­nir la conscience ?

De­puis les temps an­ciens, les phi­lo­sophes ont ten­té de dé­fi­nir la conscience. Au XVIIe siècle R. Des­cartes a dé­fi­ni « la pen­sée comme étant une conscience ré­flexive ou une conscience de soi »(5). Aux XVIIIe et XIXe siècles, se­lon G. W. F. He­gel, la conscience est la connais­sance et se­lon I. Kant, «la conscience c’est l’uni­té se fai­sant » en dé­fi­nis­sant l’uni­té comme étant une syn­thèse(6).

Au XXe siècle B. Rus­sel dé­fi­nit la conscience comme la si­gni­fi­ca­tion éma­nant du rap­port (une re­la­tion) entre un ob­jet et un su­jet. Pour J.P. Sartre « toute conscience n’est pas connais­sance » en pre­nant l’exemple de la conscience af­fec­tive(6). J’ai ain­si in­ter­viewé et ques­tion­né dif­fé­rents corps de mé­tiers sur ce su­jet de ré­flexion.

Le physicien doc­teur Ma­no­har Ru­dolph(7) dé­fi­nit la conscience comme étant éclai­rée par la connais­sance et es­saie de ré­soudre ce dif­fi­cile pro­blème en uti­li­sant le mo­dèle des 4 chambres de P. R. Sar­kar qui est une re­pré­sen­ta­tion phy­sique et men­tale des réa­li­tés éma­nant des pro­ces­sus de bi­fur­ca­tion et de ré­duc­tion (dé­ve­lop­pant une réa­li­té sub­jec­tive et ob­jec­tive). Et ain­si la conscience émane des in­ter­ac­tions vi­vantes entre ces états. Ce mo­dèle est un com­plexe es­pace-temps mé­trique qui sont re­liés en­semble comme dans un or­ga­nisme vi­vant. Ce mo­dèle prend en compte les phé­no­mènes ex­ternes (ac­ti­vi­tés phy­siques du sys­tème neu­ro­nal) et in­ternes (ca­rac­tères psy­chiques comme l’ex­pé­rience) dans des es­paces dif­fé­rents.

Le so­cio­logue Dr Dan est scep­tique sur le pro­jet de mo­dé­li­ser un cer­veau en ma­thé­ma­tique car les ma­thé­ma­tiques sont elles mêmes le pro­duit de notre cer­veau. Ain­si ce mo­dèle trouve ses li­mites (car non ex­haus­tif).

La re­cherche scien­ti­fique en neu­ro­lo­gie iden­ti­fie son fonc­tion­ne­ment (iden­ti­fi­ca­tion des lieux du rai­son­ne­ment, du lan­gage, de la co­or­di­na­tion mo­trice vo­lon­taire, de la conscience du corps et de son en­vi­ron­ne­ment, de l’in­té­gra­tion des mes­sages, du centre de l’au­di­tion, de la mé­moire et des émo­tions)(8) et donc les par­ties cé­ré­brales par­ti­ci­pant à la conscience (iden­ti­fié dans le lobe pa­rié­tal) grâce aux scan­ners réa­li­sés sur des per­sonnes en état de co­ma et celles en état d’éveil. Nos cel­lules ner­veuses (100 mil­liards de neu­rones par cer­veau) com­mu­niquent entre elles par des si­gnaux élec­triques via les sy­napses (ter­mi­nai­sons). Plus l’in­flux ner­veux est fré­quent, plus le neu­rone pro­duit des sub­stances chi­miques (neu­ros­trans­met­teurs). Le cer­veau émo­tion­nel co­existe avec le cer­veau ra­tion­nel (cor­tex pré­fron­tal) et sont à l’ori­gine de nos pen­sées, de nos ac­tions, de nos dé­si­rs et de nos mo­ti­va­tions.

En phi­lo­so­phie, l’Enac­ti­visme est un concept phi­lo­so­phique de cog­ni­tion concen­tré sur la ma­nière dont les or­ga­nismes vi­vants et es­prits hu­mains in­ter­agissent avec l’en­vi­ron­ne­ment. Il est pos­sible que ce concept aide à prou­ver l’exis­tence aus­si d’une conscience col­lec­tive.

Des ro­bots in­tel­li­gents do­tés d’une conscience…

Cer­taines per­sonnes croient que la conscience est liée à la vie, et ain­si leur ré­ponse est «non, une ma­chine, même in­tel­li­gente, ne se­ra ja­mais do­tée de conscience».

L’homme d’af­faires To­ny, a dit «une ca­mé­ra n’est pas une vi­sion. C’est cette qua­li­té de la conscience qui éta­blit le fon­de­ment de ce qui est réel - ce qui donne un sens »(parce que res­sen­ti).

«Au­cun code, au­cun al­go­rithme pour­rait avoir une si­gni­fi­ca­tion de l’IA.»

Se­lon l’écri­vain amé­ri­cain Don «où la conscience se pro­duit spon­ta­né­ment est une pure fic­tion» parce que «la conscience est un as­pect de la VIE».

Le ma­na­ger Fin­lan­dais uni­ver­si­taire Juk­ka a dé­cla­ré que «les ré­ponses se trou­ve­ront dans l’hu­ma­nisme, pas dans la tech­no­lo­gie».

Ma­no­har Ru­dolph

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