• Vin­ci Éner­gies, AG2R La Mon­diale, Ar­mor Lux

Pour as­su­rer une in­for­ma­tique à coûts res­treints dans un contexte de très forte crois­sance ex­terne, le groupe a ini­tié une stan­dar­di­sa­tion de son sys­tème d’in­for­ma­tion et en par­ti­cu­lier de ses ERP. Le dé­ploie­ment sur SAP Ha­na est en cours. Le pas­sage à S/

IT for Business - - LA UNE - • Pa­trick Bré­bion

Dans deux ans, SAP se­ra qua­si­ment le seul ERP en pro­duc­tion chez Vin­ci Éner­gies, une so­cié­té pré­sente dans 51 pays avec 65 000 col­la­bo­ra­teurs. Cette ap­pli­ca­tion ex­ploi­te­ra no­tam­ment un ré­fé­ren­tiel de four­nis­seurs-clients unique. Dé­mar­ré en 2016, ce pro­jet de longue ha­leine va s’éta­ler sur quatre ans. « Ma pre­mière mis­sion est de stan­dar­di­ser le sys­tème d’in­for­ma­tion pour le groupe en­tier », ex­plique Do­mi­nique Tes­sa­ro, DSI du groupe. Un chal­lenge de taille au vu de la po­li­tique de dé­ve­lop- pe­ment en cours. Re­pré­sen­tant en­vi­ron un quart du groupe Vin­ci en termes de chiffre d’af­faires, la fi­liale Éner­gies s’est lan­cée dans une forte crois­sance ex­terne. « Nous sommes pas­sés de 4 à plus de 10Md€ de chiffre d’af­faires entre 2010 et 2016 » , rap­pelle le DSI. Si le ra­chat de Ce­ge­lec en 2011 avait à lui seul fait bon­dir le CA de 4 à 7 Md€, la crois­sance se concré­tise aus­si par 20 à 30 ac­qui­si­tions d’en­tre­prises par an. « Nous comp­tons au­jourd’hui plus de 800 so­cié­tés en termes d’en­ti­tés ju­ri­diques » , constate Do­mi­nique Tes­sa­ro. Un exis­tant qui se dé­cline en presque au­tant de sys­tèmes d’in­for­ma­tion. Cas le plus mar­qué et le plus im­por­tant, Vin­ci Éner­gies n’avait qua­si­ment au­cune brique com­mune avec Ce­ge­lec, « ou 5 % tout au plus, dé­taille Do­mi­nique Tes­sa­ro, qui était pré­cé­dem­ment DSI de ce groupe. Le sys­tème d’in­for­ma­tion de Ce­ge­lec était ba­sé sur du Dell pour le ma­té­riel, Lo­tus Notes pour la mes­sa­ge­rie et l’an­nuaire, Co­gnos pour le dé­ci­sion­nel… Vin­ci Éner­gies s’ap­puie sur du ma­té­riel HP, sur Mi­cro­soft, sur Bu­si­nes­sob­ject ou en­core Oracle… » . Consé­quence des ra­chats conti­nus d’en­tre­prises, le DSI dé­nom­brait en 2015 pas moins de 15 ERP en pro­duc­tion. « Rien qu’en Al­le­magne, trois sys­tèmes SAP et un Na­vi­sion [de­ve­nu Mi­cro­soft NAV, ndlr] étaient uti­li­sés », rap­pelle le DSI. La crois­sance ex­terne étant no­tam­ment mo­ti­vée par les éco­no­mies d’échelles, la ra­tio­na­li­sa­tion du sys­tème d’in­for­ma­tion à l’échelle du groupe est alors de­ve­nue un chan­tier prio­ri­taire, avec un re­tour sur in­ves­tis­se­ment es­comp­té no­tam­ment grâce à la sup­pres­sion des autres ap­pli­ca­tifs. La DSI de Vin­ci Éner­gies compte au to­tal 400 col­la­bo­ra­teurs, dont 150 ex­ternes. « Le SI re­pré­sente sur le plan fi­nan­cier un ra­tio de 1,1 % par rap­port au CA » , se fé­li­cite Do­mi­nique Tes­sa­ro.

La DSI a dé­mar­ré cette ra­tio­na­li­sa­tion par la stan­dar­di­sa­tion des postes de tra­vail et, plus glo­ba­le­ment, « par les couches basses, pour avoir un seul contrat par type d’ap­pli­ca­tion comme pour les postes de tra­vail », jus­ti­fie Do­mi­nique Tes­sa­ro. Qui fait le choix de stan­dar­di­ser la bu­reau­tique

au­tour des so­lu­tions Of­fice 365 de Mi­cro­soft. Ce pre­mier chan­tier s’étale sur deux ans, entre 2012 et 2014. Le groupe lance alors un ap­pel d’offres pour la par­tie ERP. SAP, dont la ver­sion ECC 6.0 gère dé­jà quelque 2,6 Md€ pour Vin­ci Éner­gies, et Oracle, dont la ebu­si­ness Suite en pro­duc­tion à l’époque chez Ce­ge­lec to­ta­lise plus de 4 Md€ dans sa base, se re­trouvent face à face. SAP l’em­porte et le contrat est si­gné en mai 2015. Tou­jours dans la lo­gique de stan­dar­di­ser, la DSI opte pour une ar­chi­tec­ture ba­sée sur un man­dant unique, en d’autres mots sur une ins­tance unique. Pour rap­pel, dans SAP, un man­dant cor­res­pond au ni­veau le plus éle­vé et com­porte ses propres don­nées. En d’autres termes, « toutes les so­cié­tés du groupe par­tagent le même ré­fé­ren­tiel de don­nées, ex­plique Do­mi­nique Tes­sa­ro. Le choix d’un seul man­dant sur SAP est une fa­çon ef­fi­cace de faire du Mas­ter Da­ta Ma­na­ge­ment ». Les spé­ci­fi­ci­tés propres à chaque en­tre­prise et, no­tam­ment, l’im­pact des ré­gle­men­ta­tions lo­cales et na­tio­nales dans les mo­dules de fi­nance et de comp­ta- bi­li­té, sont pris en compte à tra­vers au­tant de pa­ra­mé­trages dif­fé­rents.

In­dé­pen­dam­ment du pro­jet tech­nique, ce choix a im­pli­qué bien sûr d’ho­mo­gé­néi­ser les mé­thodes de tra­vail comme, en pre­mier lieu, la créa­tion ou la ges­tion des four­nis­seurs et des clients. Pour évi­ter les dou­blons ou autres ava­tars et « même si elles sont ini­tiées à tra­vers des work­flows lo­caux, toutes les de­mandes de créa­tion de four­nis­seurs ou de clients sont cen­tra­li­sées et prises en charge par des spé­cia­listes au ni­veau groupe ou par pays, quelle que soit l’en­tre­prise » , dé­crit Do­mi­nique Tes­sa­ro. Une cen­tra­li­sa­tion qui as­sure éga­le­ment un contrôle qua­li­té sur les don­nées, une nor­ma­li­sa­tion sur les adresses par exemple pour évi­ter d’avoir Av ou Ave­nue se­lon les cas. Pour sa­tis­faire les be­soins des uti­li­sa­teurs, la DSI s’en­gage à ré­pondre aux de­mandes de créa­tion de compte four­nis­seur ou client dans des dé­lais ra­pides « de 48 heures au maxi­mum. Un dé­lai qui in­clut la va­li­da­tion de la di­rec­tion fi­nan­cière. Notre ac­ti­vi­té per­met de sup­por­ter ce type de dé­lai » , ajoute le DSI. La pré­sence très ma­jo­ri­taire du groupe, à hau­teur d’en­vi­ron 85 %, dans des pays eu­ro­péens évite aus­si de mettre en place une équipe 24/7. Seule l’aus­tra­lie at­tend un peu.

Pa­ral­lè­le­ment, le pro­jet a été scin­dé en plu­sieurs étapes dis­tinctes. La pre­mière consiste à mi­grer les don­nées dans Ha­na, « la base de don­nées, qui est un pro­duit dif­fé­rent de S/4 Ha­na, la nou­velle offre de

SAP », sou­ligne Do­mi­nique Tes­sa­ro. Une obli­ga­tion compte te­nu de l’aban­don an­non­cé par SAP du sup­port sur ECC 6.0 en 2020 et de la né­ces­si­té, pour uti­li­ser S/4 Ha­na, d’avoir ses don­nées dans Ha­na. Cô­té ar­chi­tec­ture, la DSI fait le choix de rem­pla­cer toutes les ap­pli­ca­tions SAP en place, telles celles ba­sées sur Oracle, par une seule ap­pli­ca­tion « Core Mo­del » sur SAP. En 2020, un seul ap­pli­ca­tif gé­re­ra donc les quelque 9,5 Md€ gé­né­rés par les 20 pays les plus im­por­tants. L’ERP Na­vi­sion pren­dra en charge les 30 plus pe­tits pays et les so­cié­tés pe­tites ou moyennes res­tantes. Cette étape passe par au­tant de sous-pro­jets de mi­gra­tion que D’ERP. Dé­mar­rée en 2016 en Bel­gique, aux Pays-bas, en Al­le­magne et en France, la mi­gra­tion se ter­mi­ne­ra par la Suisse en 2019. Pour les ERP sur Oracle, plu­sieurs ver­sions de bases de don­nées, de 11 à 12.1 étaient en pro­duc­tion. Toutes les don­nées vont être ver­sées dans une seule base Oracle avant de mi­grer dans Ha­na. Dé­mar­ré il y a deux an­nées, ce sous-pro­jet se­ra bien­tôt fi­na­li­sé. « Dans deux ans, la ebu­si­ness Suite d’oracle ne se­ra plus uti­li­sée chez Vin­ci Éner­gies » , pré­voit le DSI. À l’ins­tar des mi­gra­tions de base de don­nées, cette étape ne pose pas de pro­blème par­ti­cu­lier.

Cô­té dé­ve­lop­pe­ment, la nou­velle ap­pli­ca­tion SAP cen­tra­li­sée, le « Core Mo­del » , a né­ces­si­té des adap­ta­tions. Un des pre­miers chan­tiers a por­té sur l’im­plé­men­ta­tion de New G/L, un ou­til dé­dié au re­por­ting fi­nan­cier, à la ges­tion des centres de pro­fits ou en­core, d’un point de vue tech­nique, d’uni­code. « Une étape in­dis­pen­sable pour per­mettre aux mé­tiers de lan­cer des ana­lyses par en­tre­prises re­pré­sen­tées par des centres de pro­fit » , dé­taille le DSI. Mais glo­ba­le­ment, les dé­ve­lop­pe­ments spé­ci­fiques né­ces­saires sont res­tés « re­la­ti­ve­ment res­treints » , sou­ligne Do­mi­nique Tes­sa­ro. En de­hors d’un point blo­quant tou­te­fois. Par dé­faut et dans le cadre d’une seule ins­tance, SAP clô­ture tous les bi­lans comp­tables en même temps. Ce qui ne cor­res­pond pas à la si­tua­tion de Vin­ci Éner­gies et des dif­fé­rentes en­ti­tés ju­ri­diques qu’elle re­groupe.« Nous sommes tou­jours en at­tente d’une mise à jour pour cette fonc­tion­na­li­té » , rap­pelle le DSI. En de­hors de ce point, les pre­miers re­tours d’ex­pé­rience des so­cié­tés dé­jà uti­li­sa­trices de la nou­velle ap­pli­ca­tion sur Ha­na sont po­si­tifs. Ils rap­portent des gains de per­for­mance de l’ordre de 30 % en termes de temps de ré­ponse, une ré­duc­tion si­gni­fi­ca­tive de 50 % de la taille de la base de don­nées — de 2,8 To à 1,4 To —, et la pos­si­bi­li­té nou­velle d’uti­li­ser Bu­si­nes­sob­jects pour du dé­ci­sion­nel.

Étape sui­vante, le pas­sage à S/4 Ha­na ? « Cette so­lu­tion pro­pose des nou­veau­tés in­té­res­santes : des ser­vices cloud, de nou­velles fonc­tion­na­li­tés, des ca­pa­ci­tés de trai­te­ment In-me­mo­ry ou en­core des pos­si­bi­li­tés na­tives de dé­ci­sion­nel » , dé­crit Do­mi­nique Tes­sa­ro. S/4 Ha­na fa­ci­lite éga­le­ment la créa­tion d’in­di­ca­teurs per­son­na­li­sés par l’uti­li­sa­teur fi­nal. En 2016, L’ERP a fait l’ob­jet d’une preuve de concept (POC) à tra­vers l’uti­li­sa­tion de quelques apps pro­po­sées par SAP Fio­ri. SAP Fio­ri est une suite de plus de 300 apps in­té­grées avec Ha­na comme avec S/4 Ha­na et des­ti­nées à fa­ci­li­ter la vie des uti­li­sa­teurs grâce à une in­ter­face plus convi­viale. « Des­ti­née à gé­rer les notes de frais, une app dans la fa­mille RH a fait l’ob­jet de tests » , dé­taille le DSI. La ver­sion 15.11 du pro­duit n’était pas en­core stable et les tests ont fait émer­ger quelques pro­blèmes. La 16.10 a cor­ri­gé une par­tie de ces bogues. Au fi­nal, le POC a per­mis de mettre en re­lief la né­ces­si­té de pré­voir un ef­fort de dé­ve­lop­pe­ment pour chaque app… Au-de­là de SAP Fio­ri, S/4 Ha­na n’au­to­rise tou­jours pas une clô­ture des comptes à des dates in­dé­pen­dantes pour chaque so­cié­té du groupe. En­fin, beau­coup plus glo­ba­le­ment, « si Has­so Platt­ner, un des di­ri­geants de SAP, pro­pose une bonne vi­sion du fonc­tion­ne­ment de S/4 Ha­na, qui ré­pond à des pro­blé­ma­tiques ma­jeures, nous n’avons pas de vi­si­bi­li­té pré­cise sur la réelle dis­po­ni­bi­li­té de tous les com­po­sants de cette so­lu­tion » , in­siste Do­mi­nique Tes­sa­ro. Le pro­jet de l’ap­pli­ca­tion Core Mo­del est sur la voie, le pas­sage sur S/4 Ha­na reste en sus­pens.

Les ac­ti­vi­tés de Vin­ci Éner­gies se dé­clinent dans les in­fra­struc­tures, l’in­dus­trie, le ter­tiaire et L’ICT (Smarts grids...).

Do­mi­nique Tes­sa­ro, DSI de Vin­ci Éner­gies.

Éclai­rage de Vin­ci Éner­gies Ci­téos.

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