FM Lo­gis­tic dé­livre ses ap­pli­ca­tions à grande vi­tesse

Un grand nombre d’ap­pli­ca­tions mé­tiers em­bou­teillaient les ré­seaux de cette en­tre­prise in­ter­na­tio­nale de lo­gis­tique. La so­lu­tion Steel­head de Ri­ver­bed flui­di­fie dé­sor­mais le tra­fic ré­seau et fa­ci­lite l’ad­mi­nis­tra­tion à par­tir d’une ap­proche Soft­ware-de­fin

IT for Business - - SOMMAIRE -

Chez FM Lo­gis­tic, jus­qu’à la mise en place d’une so­lu­tion d’op­ti­mi­sa­tion des flux, les uti­li­sa­teurs se plai­gnaient de la len­teur du ré­seau. « En fait, le pro­blème ve­nait des ap­pli­ca­tions » , rap­pelle Mi­chel Bou­lay, ar­chi­tecte ré­seau de la so­cié­té. Un pro­blème ma­jeur pour cette en­tre­prise de dis­tri­bu­tion au ni­veau mon­dial et pré­sente dans treize pays avec près de 22 000 col­la­bo­ra­teurs. Spé­cia­li­sée dans les pro­duits de grande consom­ma­tion, la dis­tri­bu­tion, de la par­fu­me­rie/beau­té et la san­té, FM Lo­gis­tic dé­cline la plus grande part de ses ac­ti­vi­tés au­tour de l’en­tre­po­sage, du tran­sport et d’opé­ra­tions de co-pa­cking. Ce qui se tra­duit par l’uti­li­sa­tion de 700 ap­pli­ca­tions, dont beau­coup sont cen­tra­li­sées au ni­veau du groupe ou dans chaque pays. Un nombre im­por­tant qui dé­coule d’abord des spé­ci­fi­ci­tés des ac­ti­vi­tés : « Il y a des ap­pli­ca­tions pour les ac­ti­vi­tés d’en­tre­po­sage, pour le condi­tion­ne­ment, ou en­core pour la douane, avec dans ce cas une ap­pli­ca­tion par pays » , pré­cise Mi­chel Bou­lay. Ce nombre tient aus­si à la crois­sance ex­terne de la so­cié­té et à la re­prise de l’exis­tant lo­gi­ciel cor­res­pon­dant.

Outre la len­teur pour les temps d’ac­cès, les dé­faillances po­saient éga­le­ment pro­blème. « Si un uti­li­sa­teur était dé­con­nec­té, ne se­rait-ce qu’une ou deux se­condes, il per­dait dans beau­coup de cas au­tour de 15 mi­nutes à se re­con­nec­ter et à ré­cu­pé­rer ses don­nées » , ex­plique Mi­chel Bou­lay. Une du­rée im­por­tante liée no­tam­ment aux in­ter­faces avec cer­taines ap­pli­ca­tions hé­ri­tées. « Pour cer­taines ap­pli­ca­tions, le pas­sage par le sup­port est né­ces­saire pour “tuer” le pro­ces­sus. D’autres ap­pli­ca­tions n’en­re­gistrent pas les don­nées en temps réel. L’uti­li­sa­teur doit donc contrô­ler ou re­par­tir de zé­ro pour évi­ter de gé­né­rer des com­mandes in­com­plètes » , dé­taille notre in­ter­lo­cu­teur. Cas en­core plus cri­tique, le sui­vi « en temps réel » des com­mandes pei­nait à te­nir ses pro­messes dans un tel contexte. Ces re­tards pou­vaient même tou­cher si­mul­ta­né­ment des cen­taines d’uti­li­sa­teurs et se tra­duire par des pertes de pro­duc­ti­vi­té non né­gli­geables.

À la né­ces­si­té de ré­soudre ces pro­blèmes s’est ajou­té un en­jeu bu­si­ness : les ob­jec­tifs de crois­sance de l’en­tre­prise — 10 % par an jus­qu’en 2022 — im­po­saient d’amé­lio­rer les per­for­mances ap­pli­ca­tives afin de sou­te­nir la crois­sance com­mer­ciale. Le ré­seau avait dé­jà été mo­der­ni­sé en 2011. Re­po­sant sur l’ins­tal­la­tion de pé­ri­phé­riques Steel­head de Ri­ver­bed, cette mo­der­ni­sa­tion avait à l’époque op­ti­mi­sé le dé­bit sur le WAN et aug­men­té la bande pas­sante. Mais le nou­veau contexte né­ces­si­tait de trou­ver une so­lu­tion plus per­for­mante.

En 2014, Mi­chel Bou­lay cherche donc com­ment op­ti­mi­ser le tra­fic. Ce­lui-ci cir­cule sur le ré­seau WAN du groupe com­po­sé d’un ré­seau MPLS et de liens VPN. La so­lu­tion de­vra flui­di­fier le tra­fic, no­tam­ment en re­di­ri­geant les flux vers des seg­ments moins uti­li­sés afin d’éli­mi­ner les en­com­bre­ments. L’ar­chi­tecte ré­seau lance une consul­ta­tion et, à l’is­sue d’un pre­mier tour de table, re­tient les so­lu­tions de Sil­ver­peak et de Ri­ver­bed. Il réa­lise d’abord une preuve de concept sur quatre sites. Ba­sée sur des tech­no­lo­gies de cache « in­tel­li­gent », de vir­tua­li­sa­tion des ser­veurs

et d’op­ti­mi­sa­tion WAN, la pla­te­forme de Ri­ver­bed est re­te­nue. « Les gains en termes de per­for­mances étaient sen­si­ble­ment équi­va­lents entre les deux so­lu­tions. Ri­ver­bed se dis­tin­guait par la vi­si­bi­li­té qu’il ap­por­tait sur l’état du ré­seau, et ce, en temps réel » , jus­ti­fie Mi­chel Bou­lay. Des fonc­tion­na­li­tés ap­por­tées par la so­lu­tion Ri­ver­bed Ap­pli­ca­tion Per­for­mance Plat­form, ba­sée sur une ap­proche de Soft­ware-de­fi­ned Net­work (SDN) et au­to­ma­ti­sant la su­per­vi­sion des ré­seaux.

Le pro­jet dé­marre par une étape de car­to­gra­phie des ap­pli­ca­tions, et par la hié­rar­chi­sa­tion de ces der­nières en cas d’en­com­bre­ment. « Il n’a pas été né­ces­saire de hié­rar­chi­ser cha­cune des 700 ap­pli­ca­tions » , sou­ligne l’ar­chi­tecte ré­seau. Des groupes dé­jà pa­ra­mé­trés étaient dis­po­nibles dans la so­lu­tion. À par­tir de cet exis­tant et en con­cer­ta­tion avec les mé­tiers, Mi­chel Bou­lay opte pour la créa­tion de trois groupes. Le sys­tème de ges­tion de l’en­tre­pôt est ain­si consi­dé­ré comme une des fonc­tions les plus vi­tales pour l’en­tre­prise, à l’in­verse de la mes­sa­ge­rie et du par­tage de dos­siers. « Le pre­mier groupe com­porte toutes les ap­pli­ca­tions cri­tiques, no­tam­ment celles tour­nant sur Ci­trix. L’ajout d’un tag DSCP leur donne la prio­ri­té pour pas­ser sur le ré­seau MPLS. En cas de sa­tu­ra­tion sur ce der­nier, ces flux bas­culent sur les liens VPN, mais conservent la prio­ri­té » , dé­crit Mi­chel Bou­lay. Le deuxième groupe contient toutes les ap­pli­ca­tions moins cri­tiques et cir­cule par dé­faut sur le VPN. Les ap­pli­ca­tions du der­nier groupe, com­po­sé presque ex­clu­si­ve­ment des flux de vi­sio­con­fé­rence, ne cir­culent que sur des liens VPN et passent der­rière en cas de conflit. « Bas­cu­ler ces flux sur le ré­seau MPLS ris­que­rait de le sa­tu­rer » , jus­ti­fie notre in­ter­lo­cu­teur. Ces règles sont ap­pli­quées sur le WAN au ni­veau mon­dial. La confi­gu­ra­tion de règles spé­ci­fiques de­meure pos­sible « comme par exemple, de dé­cla­rer une connexion en Rus­sie comme prio­ri­taire » , dé­taille Mi­chel Bou­lay. Les tâches d’ad­mi­nis­tra­tion du ré­seau sont ain­si consi­dé­ra­ble­ment al­lé­gées. Même fa­ci­li­té au ni­veau du mo­ni­to­ring : « On peut sa­voir à un ins­tant t quelle ap­pli­ca­tion sur­charge le ré­seau » , illustre notre in­ter­lo­cu­teur. Et un grand nombre de tâches de confi­gu­ra­tion des noeuds du ré­seau ne sont plus né­ces­saires.

Après plus d’une an­née d’uti­li­sa­tion, Mi­chel Bou­lay constate une amé­lio­ra­tion sur de nom­breux points. Outre celle at­ten­due sur les temps d’ac­cès, le res­pon­sable a consta­té des éco­no­mies de l’ordre de 20 % sur l’achat de bande pas­sante. La flui­di­fi­ca­tion du tra­fic s’est tra­duite par un al­lé­ge­ment des flux sur une par­tie des liens. Chaque pla­te­forme lo­gis­tique est re­liée au WAN de l’en­tre­prise par un lien MPLS. De­puis la mise en place de la so­lu­tion, « nous avons ré­duit de par­fois 80 % la charge qui pe­sait sur cha­cun des points d’ex­tré­mi­té des liai­sons MPLS » , se fé­li­cite Mi­chel Bou­lay. Plus fluide et ne pas­sant plus, pour une par­tie des ap­pli­ca­tions, sur le ré­seau MPLS, le ré­seau re­pose en plus grande par­tie sur des liens VPN. « La mise à jour des liai­sons spé­cia­li­sées n’est plus né­ces­saire. Nous avons plus de bande pas­sante à moindre coût » , ajoute Mi­chel Bou­lay. Des éco­no­mies qui se dé­clinent dif­fé­rem­ment se­lon les pays. Exemple, en Rus­sie, le ta­rif d’un ac­cès MPLS à 1 Mbit/s est iden­tique à ce­lui d’une connexion In­ter­net à 100 Mbit/s. Une al­ter­na­tive éco­no­mique qui sup­porte plus d’ap­pli­ca­tions à condi­tion qu’elles ne soient pas cri­tiques. Autre avan­tage, les ou­tils de sui­vi per­mettent de re­cen­ser plus fi­ne­ment qu’au­pa­ra­vant l’uti­li­sa­tion des ap­pli­ca­tions, en termes de bande pas­sante, mais aus­si d’ac­cès et d’uti­li­sa­teurs. Cô­té uti­li­sa­teurs, le nombre de dé­faillances a chu­té. Cô­té ad­mi­nis­tra­tion, la mise en place des ou­tils a éga­le­ment fa­ci­li­té et ré­duit la charge de tra­vail. Chez FM Lo­gis­tic, les em­bou­teillages sont ou­bliés. « Au­jourd’hui, per­sonne ne se plaint plus de la len­teur des ap­pli­ca­tions » , se ré­jouit Mi­chel Bou­lay. •

Pa­trick Bré­bion

LA GES­TION DE L'EN­TRE­PÔT EST CONSI­DÉ­RÉE COMME VI­TALE

Mi­chel Bou­lay, ar­chi­tecte ré­seau de FM Lo­gis­tic France.

La pla­te­forme FM Lo­gis­tic de Cré­pyen-va­lois (Oise).

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.