In­dexi­ma ac­cé­lère le big da­ta

Au bout de quelques mois d’ac­ti­vi­té, cette so­cié­té a dé­jà lan­cé plu­sieurs Proof Of Concept dans des banques. Elle ré­duit dras­ti­que­ment les temps de ré­ponse pour les ap­pli­ca­tions big da­ta.

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L «e pro­blème nu­mé­ro un du big da­ta, c’est le temps de ré­ponse. Un clic peut se tra­duire par des mi­nutes d’at­tente, voire une de­mi-heure » , as­sure Florent Voi­gner, fon­da­teur d’in­dexi­ma, start-up spé­cia­li­sée dans l’in­dexa­tion des don­nées pour ac­cé­lé­rer leur ana­lyse et leur vi­sua­li­sa­tion. Un constat ap­pa­rem­ment par­ta­gé par des grands comptes. Créée en 2016, la jeune pousse a dé­jà mis en place un Proof of Concept chez Na­tixis. « Nous avons éga­le­ment des POC dans trois grandes en­tre­prises, sans comp­ter Map­py qui uti­lise notre so­lu­tion en pro­duc­tion de­puis un an et de­mi » , ajoute Florent Voi­gner.

L’his­toire com­mence il y a plus de 15 an­nées. Après un DEA d’in­for­ma­tique, Florent Voi­gnier com­mence une thèse. Mais, pous­sé par le goût du chal­lenge, il choi­sit l’aven­ture et de­vient in­dé­pen­dant. « J’ai sur­tout dé­ve­lop­pé des com­pé­tences tech­niques pen­dant cette pé­riode » , sou­ligne notre in­ter­lo­cu­teur, qui se spé­cia­lise alors en tant qu’ar­chi­tecte big da­ta et ex­pert de la pla­te­forme Ha­doop. Ses mis­sions l’amènent à tra­vailler sur des pro­jets pour Pa­ges­jaunes puis pour Map­py en 2012. Un be­soin émerge. Il s’agit de démocratiser la Bu­si­ness In­tel­li­gence et le big da­ta, « de rendre les don­nées di­rec­te­ment acces- sibles au dé­par­te­ment mar­ke­ting, aux com­mer­ciaux, et plus seule­ment aux spé­cia­listes » . Un be­soin qui im­pose de faire dia­lo­guer des fron­taux comme ceux de Ta­bleau Soft­ware avec des vo­lumes de don­nées en très forte crois­sance. De plus, dans une lo­gique big da­ta, les en­tre­prises ac­cu­mulent des mil­lions de don­nées. Pour gar­der des temps de ré­ponse ac­cep­tables, les uti­li­sa­teurs passent par­fois, et sans le sa­voir, par des cubes Olap. « Contrainte, la mise en oeuvre de ces cubes sup­pose de dé­fi­nir en amont toutes les di­men­sions ana­ly­sées, c’est-à-dire de tout pré­voir. Les re­quêtes di­rectes ont sou­vent be­soin de lire des mil­liards de lignes par exemple pour gé­né­rer des moyennes par ca­té­go­rie de clients » , dé­taille Florent Voi­gnier. Il cherche alors des so­lu­tions pour as­su­rer de bonnes per­for­mances sans pas­ser par des cubes, et sans ins­tal­ler des ser­veurs sup­plé­men­taires pour amé­lio­rer les temps de ré­ponse, comme le pré­co­nisent ha­bi­tuel­le­ment les four­nis­seurs. Il trouve une al­ter­na­tive et met en place pour son client Map­py un mo­teur d’in­dexa­tion SQL dis­tri­bué sur Ha­doop. « Ce mo­teur est ba­sé sur des in­dex mul­ti­di­men­sion­nels et des pré-agré­ga­tions “In-me­mo­ry” » , ex­plique-t-il. Si cette so­lu­tion sup­pose tout de même de créer au dé­part les in­dex et au moins quelques pré-agré­ga­tions, elle n’im­pose pas de dé­fi­nir toutes les di­men­sions a prio­ri. Et les per­for­mances, cô­té temps de ré­ponse, sont à la hau­teur. « Le gain de vi­tesse est de l’ordre de 100 à 1 000 par rap­port aux so­lu­tions clas­siques. Une re­quête qui pre­nait au­pa­ra­vant 10 mi­nutes ren­voie les ré­sul­tats en moins d’une se­conde » , as­sure notre in­ter­lo­cu­teur.

En 2015, pas­ser du pro­jet en pro­duc­tion chez Map­py à la créa­tion d’une start-up, en in­dus­tria­li­sant la so­lu­tion, est ten­tant. « Le mar­ché pour ce pro­duit émerge. Les mé­tiers ne veulent plus être dé­pen­dants des DSI pour gé­né­rer des Da­ta­mart. Et cette Bu­si­ness In­tel­li­gence “self-ser­vice” sup­pose des temps de ré­ponse ac­cep­tables » , jus­ti­fie Florent Voi­gnier. Les contacts pris sur le sa­lon big da­ta servent de dé­clen­cheur. Il dé­cide de sau­ter le pas et lance sa so­cié­té en mars 2016. Il signe avec Na­tixis dès le mois d’août sui­vant. « Nous sommes pas­sés par la di­rec­tion achats de la banque. La jeu­nesse de la so­cié­té n’a pas été blo­quante. Ils ont un droit de re­gard sur la road­map. Par exemple nous avons amé­lio­ré les as­pects sé­cu­ri­té en per­met­tant une ges­tion fine des droits d’ac­cès » , dé­crit Florent Voi­gnier. Après quelques mois, la start-up compte au­jourd’hui trois sa­la­riés. Si sa crois­sance est à l’ins­tar des per­for­mances tech­niques an­non­cées de sa so­lu­tion, elle pour­rait croître ra­pi­de­ment. • Pa­trick Bré­bion

IL S’AGIT DE DÉMOCRATISER LA BU­SI­NESS IN­TEL­LI­GENCE ET LE BIG DA­TA

Florent Voi­gner, fon­da­teur d’in­dexi­ma.

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