Li­sea quan­ti­fie le tra­fic fer­ro­viaire

Pour au­to­ma­ti­ser les échanges de don­nées, une ap­pli­ca­tion a été dé­ve­lop­pée in­ter­fa­çant le SI de l’ex­ploi­tant de la ligne à grande vi­tesse Tours-bor­deaux avec ce­lui de SNCF Ré­seau.

IT for Business - - SOMMAIRE -

En juillet, la nou­velle Ligne à Grande Vi­tesse — LGV — Tours-bor­deaux a dé­mar­ré son ex­ploi­ta­tion. Elle re­lie les deux villes en 2 h 04. Ori­gi­na­li­té, elle a été construite et se­ra ex­ploi­tée par un conces­sion­naire, la so­cié­té Li­sea, pen­dant 50 ans. Comp­tant quatre ac­tion­naires — Vinci Conces­sions, la Caisse des Dé­pôts et Con­si­gna­tions, Me­ri­diam et Ar­dian —, Li­sea est, dans le cadre d’un par­te­na­riat pu­blic-pri­vé, en charge du fi­nan­ce­ment, de la concep­tion, de la cons­truc­tion, de l’ex­ploi­ta­tion et de la main­te­nance de la ligne. Elle porte éga­le­ment le « risque tra­fic ». En contre­par­tie, Li­sea per­çoit des re­de­vances qui lui per­mettent de cou­vrir ses in­ves­tis­se­ment, de l’ordre de 8 Md€, d’as­su­rer la main­te­nance de l’in­fra­struc­ture et son re­nou­vel­le­ment. Ces re­de­vances se dé­com­posent en deux par­ties. « La pre­mière se cal­cule à par­tir du tra­fic théo­rique. C’est une re­de­vance pour la ré­ser­va­tion des sillons. Un sillon cor­res­pond à un cré­neau d’au­to­ri­sa­tion de cir­cu­la­tion al­loué à un train sur un par­cours pré­cis et à un mo­ment pré­cis » , ex­plique Axel de La Fou­char­dière, res­pon­sable de l’ad­mi­nis­tra­tion des ventes et chef de pro­jet LISEAPP chez Li­sea. La deuxième par­tie est cal­cu­lée en fonc­tion de la cir­cu­la­tion ef­fec­tive des trains sur la ligne. La dif­fé­rence entre les deux est liée aux grèves, aux in­ci­dents tech­niques, aux in­tem­pé­ries… Chaque jour, en­vi­ron 90 trains em­pruntent la nou­velle LGV, soit plus de 30 000 cir­cu­la­tions an­nuelles.

Dé­but 2015, pour in­dus­tria­li­ser les échanges liées à ces re­de­vances et la fac­tu­ra­tion liée, Li­sea dé­fi­nit une ap­pli­ca­tion bap­ti­sée Web LISEAPP char­gée de cal­cu­ler et d’au­to­ma­ti­ser les échanges de don­nées entre la SNCF et le conces­sion­naire. Un ap­pel d’offres est lan­cé en juillet 2015. La so­cié­té Ta­lan­con­sul­ting est re­te­nue pour son ex­pé­rience dans le monde fer­ro­viaire. Au vu des dé­lais, le choix est fait de consti­tuer un pla­teau re­grou­pant les dif­fé­rents in­ter­ve­nants et de tra­vailler en mode agile. Une dou­zaine de per­sonnes, des dé­ve­lop­peurs de Ta­lan­Con­sul­ting, des in­for­ma­ti­ciens ap­par­te­nant à la DSI de Vinci Conces­sions et des col­la­bo­ra­teurs mé­tier de Li­sea, com­mer­ciaux et fi­nan­ciers, oeuvrent sur LISEAPP. « Les re­de­vances sont cal­cu­lées en fonc­tion de plu­sieurs cri­tères. Pour la par­tie théo­rique, elles dé­pendent du type de TGV pré­vu, rames de sé­rie Océane, Du­plex, At­lan­tique, Oui­go, de l’heure de pas­sage sur les dif­fé­rents tron­çons de la ligne… Un tra­jet Tours-bor­deaux peut donc avoir des va­lo­ri­sa­tions dif­fé­rentes » , ex­plique Axel de La Fou­char­dière. Le cal­cul pour le tra­fic dé­pend éga­le­ment de plu­sieurs fac­teurs et sup­pose un in­ter­fa­çage avec les sys­tèmes d’in­for­ma­tion de la SNCF, pour ob­te­nir les don­nées de base. Pour la par­tie la plus simple, il s’agit d’une im­por­ta­tion men­suelle au­to­ma­ti­sée de fi­chiers Ex­cel pro­ve­nant de SNCF Mo­bi­li­té in­di­quant les types de rames. L’ap­pli­ca­tion a éga­le­ment été in­ter­fa­cée avec le sys­tème d’in­for­ma­tion de SNCF Ré­seau via des ser­vices web, no­tam­ment pour se connec­ter aux flux de don­nées de cir­cu­la­tion mis à jour en temps réel par SNCF Ré­seau.

Les dé­ve­lop­peurs de Ta­lan­con­sul­ting ont dé­ve­lop­pé avec des ou­tils open source, Post­gres­ql, du Ja­va et le fra­me­work Sy­nap­tic pour l’ad­mi­nis­tra­tion. Le pre­mier lot a été li­vré à l’au­tomne der­nier. En cours de dé­ve­lop­pe­ment, deux autres lots se­ront li­vrés d’ici à la fin de l’an­née. Ils per­met­tront de dé­li­vrer des in­di­ca­teurs et des ta­bleaux de bord des cir­cu­la­tions réelles des trains ain­si qu’un sui­vi pré­cis de l’ex­ploi­ta­tion. À terme, « l’ob­jec­tif est d’avoir une tra­ça­bi­li­té com­plète de l’en­semble de l’ex­ploi­ta­tion, tant com­mer­ciale qu’opé­ra­tion­nelle, des cir­cu­la­tions fer­ro­viaires. Nous pour­rons ain­si, grâce à l’en­semble des don­nées re­cueillies et à l’aide d’une pla­te­forme big da­ta, op­ti­mi­ser les opé­ra­tions » , conclut Axel de la Fou­char­dière. • Pa­trick Bré­bion

« L’ob­jec­tif est d’avoir une tra­ça­bi­li­té com­plète de l’en­semble de l’ex­ploi­ta­tion, tant com­mer­ciale qu’opé­ra­tion­nelle ». Axel de La Fou­char­dière, res­pon­sable de l’ad­mi­nis­tra­tion des ventes de Li­sea et chef de pro­jet LISEAPP

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.