Le mar­ché des ser­vices IT est tou­jours au beau fixe Se­mestre après se­mestre, Syn­tec Nu­mé­rique comme les ana­lystes ex­té­rieurs re­lèvent leurs pré­vi­sions concer­nant le mar­ché des ser­vices IT. La crois­sance est ti­rée par les nou­velles tech­no­lo­gies. Les ESN af

IT for Business - - ACTUALITÉ - Pierre Lan­dry

Gart­ner a re­vu ses pré­vi­sions à la hausse au cou­rant du mois de juillet : fin 2017, les dé­penses an­nuelles mon­diales en ser­vices IT de­vraient at­teindre 922 Md$ (sur un to­tal de 3 470 Md$ tous ser­vices et so­lu­tions IT et té­lé­coms confon­dus). Ce­la re­pré­sente une crois­sance de 3,1 % sur un an. Une em­bel­lie qui ne semble pas de­voir s’at­té­nuer. Le pro­ces­sus de la trans­for­ma­tion di­gi­tale est en cours et les seuls évé­ne­ments qui pour­raient la faire fai­blir sont d’ordre po­li­tique, géo­po­li­tique ou en­vi­ron­ne­men­tal. La dy­na­mique du nu­mé­rique, elle, ne peut pas être stop­pée.

Mieux, comme l’es­timent cer­tains di­ri­geants D’ESN, nous n’en sommes en­core qu’au dé­but. Les en­tre­prises, si elles sont conscientes de la né­ces­si­té de faire évo­luer leur bu­si­ness mo­del, n’ont pour beau­coup pas en­core abor­dé les su­jets sen­sibles, ceux tou­chant au coeur de leur ac­ti­vi­té ac­tuelle, à leur or­ga­ni­sa­tion, à leur ca­pi­tal hu­main. Une ré­serve de puis­sance, donc, dont de­vraient pro­fi­ter les ESN dans les mois et an­nées à ve­nir. Même si cer­taines en­tre­prises conduisent leur mu­ta­tion en ren­for­çant leurs com­pé­tences nu­mé­riques in­ternes, pui­sant no­tam­ment dans les ef­fec­tifs des ESN.

La plu­part des ESN prop os e nt de­puis quel ques an­nées des offres es­tam­pillées SMACS (So­cial, Mo­bile, Ana­ly­tics, Cloud, Se­cu­ri­ty) cor- re­spon­dant aux be­soins des en­tre­prises qui sont en train de se trans­for­mer. C’est cette ac­ti­vi­té qui af­fiche la plus forte crois­sance – au­tour de 20 % pour de nom­breuses ESN ren­con­trées, pré­ci­sé­ment de 23 % pour Cap­ge­mi­ni, par exemple – et qui com­prend éga­le­ment des mis­sions d’ac­com­pa­gne­ment por­tant sur la ré­or­ga­ni­sa­tion des pro­ces­sus, le dé­com­mis­sion­ne­ment d’an­ciens sys­tèmes, le re­po­si­tion­ne­ment de la DSI dans une dy­na­mique d’agi­li­té et de chan­ge­ment per­ma­nent. Tant et si bien que, dans le sou­ci d’aug­men­ter leur ni­veau de marge, cer­taines ESN sont prêtes à se dé­tour­ner d’ac­ti­vi­tés qui fai­saient traditionnellement par­tie de leur ca­ta­logue.

C’est le cas chez De­vo­team, qui se dé­tache des ac­ti­vi­tés d’ex­ploi­ta­tion de­puis en­vi­ron deux ans. « C’est de­ve­nu une ac­ti­vi­té très com­mo­di­ti­sée, sur la­quelle cer­tains ac­teurs se sont or­ga­ni­sés de ma­nière très in­dus­trielle, et où les marges sont donc faibles » , ex­prime Go­de­froy de Bentz­mann, son co­di­ri­geant, qui a pous­sé le rai­son­ne­ment jus­qu’au bout : « ce­la im­pacte éga­le­ment notre force com­mer­ciale, qui ne doit plus vendre ce type de pres­ta­tions alors même que cer­tains de nos clients les de­mandent, mais doit se concen­trer sur des mis­sions mo­ti­vantes, en par­ti­cu­lier pour les nou­velles re­crues du nu­mé­rique ».

La plus grosse par­tie de la de­mande sur les SMACS concerne en­core le cloud. « Le cloud et la mi­gra­tion vers le cloud re­pré­sentent en­vi­ron 40 % de notre ac­ti­vi­té, pré­cise le di­ri­geant de De­vo­team. La de­mande est énorme. C’est pour ce­la que nous ve­nons d’ac­qué­rir 80 % de D2SI, forte d’une cen­taine de per­sonnes, ac­teur très dy­na­mique de l’éco­sys­tème AWS. Ce­la com­plète nos par­te­na­riats avec Google et

Mi­cro­soft. » La sé­cu­ri­té est l’autre sec­teur en forte pro­gres­sion dans de nom­breuses so­cié­tés de ser­vices. La pres­sion est forte dans ce do­maine où l’ac­tua­li­té dé­borde de mésa­ven­tures qui im­pactent la confiance né­ces­saire à l’ins­tau­ra­tion du tout nu­mé­rique. Les ESN se musclent donc. Atos, traditionnellement, a beau­coup dé­ve­lop­pé cette ac­ti­vi­té et conti­nue de le faire. Al­tran vient, lui, de réa­li­ser l’ac­qui­si­tion D’IRM (In­for­ma­tion Risk Ma­na­ge­ment) au Royaume-uni pour dé­ve­lop­per sa branche conseil en cy­ber­sé­cu­ri­té.

En ce qui concerne l’ana­ly­tics, la dis­ci­pline qui consiste à uti­li­ser ses don­nées pour construire des ser­vices qui com­plè­te­ront voire rem­pla­ce­ront par­tiel­le­ment les pro­duits, les en­tre­prises en sont le plus sou­vent au ni­veau de la prise de conscience (voir à ce su­jet l’en­tre­tien sur la ma­tu­ri­té di­gi­tale avec An­toine Gou­ré­vitch et Marc Ben­sous­san, page 26). Pour les ai­der à se mettre en condi­tion de ré­flexion avan- cée, cer­taines ESN (Ac­cen­ture, Ca­peg­mi­ni…) mettent des es­paces dé­diés à leur dis­po­si­tion. Groupe Open s’est éga­le­ment do­té d’une telle struc­ture : le Fast­lab byo­pen qui, se­lon son co­di­ri­geant Guy Ma­mou-ma­ni, ac­cueille 1 à 2 clients par jour de­puis son lan­ce­ment au deuxième tri­mestre. Sa so­cié­té a éga­le­ment en­tre­pris une dé­marche no­va­trice : la mise en ligne d’un ca­ta­logue de ser­vices in­dus­tria­li­sés – Store byo­pen - qui pré­fi­gure éven­tuel­le­ment la fa­çon dont les DSI – mais éven­tuel­le­ment aus­si les di­rec­tions mé­tiers - consom­me­ront les ser­vices IT dans le fu­tur.

Le sec­teur est en ef­fet lui­même en cours de mu­ta­tion sous l’ac­tion, no­tam­ment, d’un re­cours crois­sant aux in­dé­pen­dants. À court terme, en tout cas, la qua­si-to­ta­li­té des SSII pré­voient une der­nière par­tie d’an­née dans la conti­nui­té de la dy­na­mique ac­tuelle et de­vraient pré­sen­ter des ré­sul­tats an­nuels et des ni­veaux de marge dé­pas­sant les pré­vi­sions pas­sées.•

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