Tak­tus "aug­mente" la re­la­tion client

La start-up nor­diste pro­pose des ou­tils ba­sés sur les tech­no­lo­gies tac­tiles et la re­con­nais­sance d’ob­jets pour dé­ve­lop­per le col­la­bo­ra­tif entre ven­deurs et clients et mettre en avant les pro­duits et les marques.

IT for Business - - SOMMAIRE - Alexan­dra Le­cat, co­fon­da­trice et PDG de Tak­tus THIERRY PA­RI­SOT

En dé­ci­dant en 2012 de créer leur start-up, Alexan­dra Le­cat, res­pon­sable mar­ke­ting, et Alexandre Equoy, in­gé­nieur in­for­ma­ti­cien, avaient une idée simple : ex­ploi­ter la tech­no­lo­gie émer­gente des tables tac­tiles in­ter­ac­tives pour dé­ve­lop­per des ap­pli­ca­tions avant­gar­distes au ser­vice de la vente ou de la com­mu­ni­ca­tion. Une idée ra­pi­de­ment concré­ti­sée par la créa­tion de Tak­tus, un nom ins­pi­ré du la­tin re­la­tif au sens du tou­cher, et par des pre­miers pro­jets me­nés pour des of­fices de tou­risme et des mé­dia­thèques. « Entre les ESN clas­siques, fo­ca­li­sées sur la tech­nique, et les agences mar­ke­ting, en­core très axées sur le web ou le print, nous étions convain­cus qu’il exis­tait un cré­neau », ra­conte Alexan­dra Le­cat, au­jourd’hui PDG de la start-up. Après trois an­nées d’au­to­fi­nan­ce­ment et quelques pe­tits contrats, une le­vée de fonds de 250 k€ au­près de Spark­ling Part­ners et un pro­jet avec le groupe PSA au­tour d’un confi­gu­ra­teur de vé­hi­cule (voir en­ca­dré) en 2015, marquent une rup­ture. « Pour ce pro­jet, nous avons créé notre propre mo­teur de confi­gu­ra­tion, qui nous per­met de nous in­ter­fa­cer avec n’im­porte quel sys­tème d’information », ex­plique Alexandre Equoy, de­ve­nu di­rec­teur tech­nique de la so­cié­té. Tak­tus voit alors son chiffre d’af­faires croître ra­pi­de­ment pour at­teindre 750k€ en 2017 pour un ef­fec­tif de 7 sa­la­riés.

À par­tir des an­nées 20152016, l’offre connaît aus­si une évo­lu­tion. « À tra­vers les pro­jets que nous avons me­nés et les évo­lu­tions tech­no­lo­giques, nous avons com­pris que la re­con­nais­sance d’ob­jets al­lait de­ve­nir dé­ter­mi­nante pour nous dif­fé­ren­cier », ex­plique Alexan­dra Le­cat. Pour un pros­pect dans le sec­teur de la cos­mé­tique, Tak­tus réa­lise une nou­velle ap­pli­ca­tion : un pré­sen­toir connec­té. Dès qu’une per­sonne sai­sit un fla­con de par­fum, sans puce RFID ni autre mar­queur, le dis­po­si­tif af­fiche des in­for­ma­tions sur un écran tac­tile dé­dié, tout en en­re­gis­trant et ana­ly­sant le nombre de fois où un pro­duit a été ma­ni­pu­lé. La jeune pousse a pour ce­la créé un al­go­rithme re­pro­dui­sant le com­por­te­ment de l’oeil hu­main, en s’ap­puyant sur la tech­no­lo­gie des ré­seaux de neu­rones. « Nous avons sou­mis à cet al­go­rithme une mul­ti­tude de pro­duits, pris en photo sous dif­fé­rents angles, dans des condi­tions lu­mi­neuses et des fonds va­riés, ex­plique Alexandre Equoy. Nous avons ex­ploi­té les mo­teurs d’ap­pren­tis­sage de Google et de Mi­cro­soft ». Cou­plé à une ca­mé­ra et au SI, l’ou­til re­con­naît les pro­duits tou­chés par un client et en­voie des don­nées ad hoc sur un écran pla­cé sur le pré­sen­toir.

Tra­vaillant prin­ci­pa­le­ment pour les sec­teurs de la dis­tri­bu­tion (au­to­mo­bile, grande dis­tri­bu­tion, etc.), de la pro­mo­tion im­mo­bi­lière et de l’évé­ne­men­tiel, la start-up lil­loise re­ven­dique au­jourd’hui une ving­taine de clients ac­tifs : Le­roy Mer­lin, Su­zu­ki, Na­car­ta, etc. Et tou­jours PSA, dont le confi­gu­ra­teur ini­tia­le­ment dé­ve­lop­pé pour un seul mo­dèle, est au­jourd’hui uti­li­sé par Peu­geot et Ci­troën. Avec ce pro­jet, Tak­tus fi­gure d’ailleurs par­mi les trois fi­na­listes des Po­pai Awards 2018 qui se­ront re­mis mi-juin, dans la ca­té­go­rie « ma­ga­sin connec­té ». À ho­ri­zon 2020, l’ob­jec­tif est de dé­pas­ser la barre du mil­lion d’eu­ros de chiffre d’af­faires.

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