Gros plan sur le hé­ris­son, l’ami des jar­dins

Jardin Facile - - Animaux -

Le hé­ris­son passe peut-être la ma­jeure par­tie de son temps à rou­piller, mais ce­la n’en fait pas pour au­tant un ani­mal plus fai­néant que les autres, loin s’en faut. Les 6 heures d’éveil dont il dis­pose chaque jour, ce pe­tit mam­mi­fère om­ni­vore les consacre pres­qu’en­tiè­re­ment à la chasse pour se nour­rir. Grâce à son ouïe et son odo­rat ex­trê­me­ment poin­tus, il s’at­taque à de nom­breux types d’in­sectes et de pe­tits ani­maux, soit au­tant de nui­sibles que nous ai­me­rions bien lais­ser hors de nos jar­dins. Voi­là pour­quoi la pré­sence du hé­ris­son dans nos es­paces ex­té­rieurs est sou­vent sou­hai­tée.

Bien qu’il ait l’air peu com­mode avec les mil­liers de pi­quants qui re­couvrent plu­sieurs par­ties de son corps, le hé­ris­son est le bien­ve­nu dans les jar­dins. Il est, en ef­fet, l’ami pri­vi­lé­gié des jar­di­niers, car il est non seule­ment in­of­fen­sif (il n’uti­lise ses pi­quants que pour se dé­fendre et ja­mais pour at­ta­quer), mais aus­si et sur­tout parce qu’il aide à se dé­bar­ras­ser d’une grande va­rié­té de nui­sibles sé­vis­sant par­mi les plantes. Ce gros dor­meur peut comp­ter sur un flair ex­cep­tion­nel pour tra­quer in­las­sa­ble­ment ses proies fa­vo­rites, qui elles, par contre, ne sont pas les bien­ve­nues.

Ce pe­tit mam­mi­fère om­ni­vore re­con­nais­sable à ses épines

L’es­pèce Eri­na­ceus eu­ro­paeus n’est autre que le hé­ris­son eu­ro­péen. Ce pe­tit mam­mi­fère om­ni­vore est très com­mun en Eu­rope et a sou­vent ten­dance à se re­trou­ver dans nos jar­dins et es­paces verts. Et c’est d’ailleurs une très bonne chose. Me­su­rant entre 22 et 27 cm de long, haut de 10 à 15 cm et pe­sant entre 500 grammes et 2 kg, le hé­ris­son eu­ro­péen dis­pose d’un mu­seau noir et poin­tu qui cache l’un de ses sens les plus dé­ve­lop­pés : l’odo­rat.

Bien en­ten­du, lorsque l’on parle du hé­ris­son, l’on pense tout de suite aux mil­liers de pi­quants qui pa­rent sa toi­son. Ces der­niers se si­tuent ma­jo­ri­tai­re­ment sur le dos, le front et les flancs. Quant à leur nombre, il est fort im­pres­sion­nant, puis­qu’il se si­tue entre 5000 et 7500. Ces épines sont avant tout une arme de dé­fense pour le hé­ris­son, qui n’y a ja­mais re­cours en tant que dis­po­si­tif of­fen­sif. Il ne s’en sert que pour se dé­fendre contre ses agres­seurs, prin­ci­pa­le­ment les ca­ni­dés (chiens, re­nards…). Lors­qu’il se sent en dan­ger, il se met en boule et de­vient ain­si une for­te­resse pres­qu’in­fran­chis­sable. « Presque », car, d’après une lé­gende as­sez cou­ram­ment re­layée, cer­tains de ses pré­da­teurs le poussent à se dé­plier et donc à s’ex­po­ser à leurs at­taques en lui uri­nant des­sus. Une tech­nique sur­pre­nante, mais qui semble ef­fi­cace, au grand dam de notre ami à épines. A no­ter qu’il existe des va­rié­tés de hé­ris­sons qui ne sont pas do­tées d’épines, à l’ins­tar des gym­nures (Ga­le­ri­ci­nae), ou « hé­ris­sons d’asie ».

Par le pas­sé, il était de cou­tume de pen­ser que les épines des hé­ris­sons leur ser­vaient à ré­col­ter leurs ali­ments en se­couant les fruits pour les faire tom­ber et les em­bro­cher.

Un ani­mal qui doit faire face à plu­sieurs types de dan­gers

Le hé­ris­son vit en moyenne entre 7 et 10 ans, mais, outre ses agres­seurs par­mi les ani­maux, il fait face à des dan­gers en­core plus grands : les voi­tures. Hé­las, en ef­fet, de nom­breux hé­ris­sons trouvent la mort en cher­chant à tra­ver­ser les routes, pas­sant sous les roues des vé­hi­cules qui passent à toute vi­tesse et sans prendre soin de ra­len­tir ou de les évi­ter.

Autre me­nace aux­quels les hé­ris­sons doivent faire face lors­qu’ils s’aven­turent dans nos

jar­dins : les pes­ti­cides. Ces der­niers sont em­ployés pour lut­ter contre les nui­sibles de toutes sortes, les mau­vaises herbes ou en­core les aca­riens. Par­mi ces in­dé­si­rables, les li­maces font par­tie des mets fa­vo­ris du hé­ris­son. Plus il en consomme, plus son or­ga­nisme ac­cu­mule les sub­stances hau­te­ment toxiques conte­nues dans les pes­ti­cides, ce qui fi­nit par en­trai­ner sa mort.

Il en est de même pour les pro­duits spé­ci­fi­que­ment éla­bo­rés pour éli­mi­ner les li­maces, tels que ceux se pré­sen­tant sous forme de gra­nu­lés. Com­por­tant du mé­tal­dé­hyde, un com­po­sé très dan­ge­reux pour le hé­ris­son, ces an­ti-li­maces pro­voquent son dé­cès lors­qu’il a in­gé­ré plu­sieurs de ces ram­pants conta­mi­nés.

Par­mi les nom­breux dan­gers qui guettent le hé­ris­son, ci­tons éga­le­ment les pa­ra­sites ex­ternes qui pro­fitent de la vul­né­ra­bi­li­té de son en­ve­loppe (les pi­quants sont trom­peurs) pour se nour­rir de son sang et lui trans­mettre des ma­la­dies. Le hé­ris­son n’est en ef­fet do­té que d’un pe­lage très fin et d’une peau qui n’est pas pro­té­gée entre les épines. Les puces et les tiques pro­fitent lar­ge­ment de ces failles dans le sys­tème dé­fen­sif de l’ani­mal pour s’y ins­tal­ler, s’ac­cro­cher à la peau, as­pi­rer le sang et pondre leurs oeufs par cen­taines. Lorsque l’in­fes­ta­tion at­teint de grandes pro­por­tions et les po­pu­la­tions de pa­ra­sites ex­plosent, ce­la af­fai­blit consi­dé­ra­ble­ment l’or­ga­nisme du hé­ris­son, qui peut en mou­rir as­sez ra­pi­de­ment.

Mais un ani­mal qui est aus­si pro­té­gé dans plu­sieurs pays

Le hé­ris­son eu­ro­péen est un ani­mal pro­té­gé dans plu­sieurs pays. L’an­nexe III de la conven­tion de Berne pré­cise, en ef­fet, qu’il est stric­te­ment in­ter­dit de le chas­ser, de le cap­tu­rer, de le vendre, de l’ache­ter et de le dé­te­nir en tant qu’ani­mal de com­pa­gnie. Tou­te­fois, l’on ne peut em­pê­cher cet in­sa­tiable ran­don­neur de vi­si­ter nos jar­dins, aux­quels il peut d’ailleurs ap­por­ter beau­coup. Pas­sant 18 heures par jour à dor­mir, il fait preuve d’une ac­ti­vi­té consi­dé­rable et d’un ap­pé­tit vo­race lors­qu’il en éveil.

Un odo­rat ex­cep­tion­nel qui en fait un re­dou­table pré­da­teur et un « net­toyeur » des jar­dins très ap­pré­cié

Si le hé­ris­son n’est pas par­ti­cu­liè­re­ment doué du cô­té de la vue, il dis­pose d’autres sens ex­trê­me­ment dé­ve­lop­pés qui lui per­mettent de tra­quer ses proies et d’évi­ter les dan­gers. Il s’agit de l’ouïe, mais aus­si et sur­tout de l’odo­rat. Ce der­nier est, en ef­fet, consi­dé­ra­ble­ment fin, l’aler­tant dès que le moindre si­gnal ol­fac­tif émis par le pe­tit ani­mal ou l’in­secte sus­cep­tible de de­ve­nir son casse-croûte se trouve dans son sec­teur.

Ain­si, si votre jar­din ac­cueille ré­gu­liè­re­ment des vi­si­teurs in­dé­si­rables tels que les vers, es­car­gots, grenouilles, cra­pauds, ser­pents et arai­gnées, sa­chez que le hé­ris­son se fe­ra une joie de vous en dé­bar­ras­ser. Il se nour­rit éga­le­ment d’herbes, de ra­cines, de baies et de cham­pi­gnons.

En somme, le hé­ris­son est un al­lié à l’ac­tion par­ti­cu­liè­re­ment ap­pré­ciable dans nos jar­dins. Même si l’on ne peut l’adop­ter, il est pos­sible de l’ac­cueillir chez soi pour pro­fi­ter de son tra­vail de net­toyeur. De nom­breux nui­sibles se­ront ain­si ef­fi­ca­ce­ment com­bat­tus.

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