Cham­pian Ful­ton

Spee­chless

Jazz Magazine - - LE GUIDE - JACQUES ABOUCAYA Cham­pian Ful­ton (p), Adi Meyer­son (b), Ben Zweig (dm). Brook­lyn, 28 sep­tembre 2016.

1 CD Po­si­tone / Dis­triJazz

Nou­veau­té. Ja­mais l’ex­pres­sion “avoir plu­sieurs cordes à son arc” n’a été aussi jus­ti­fiée. Outre ses cordes vo­cales qui la si­tuent dans la tra­di­tion des chan­teuses de jazz clas­sique, sin­gu­liè­re­ment celle de Di­nah Wa­shing­ton, comme le prouvent ses pré­cé­dents al­bums, Cham­pian Ful­ton fait un usage des plus sé­dui­sants de celles de son pia­no. Elle s’ins­crit, en ce do­maine, dans le sillage des maîtres du cla­vier que furent Wyn­ton Kel­ly, Er­roll Gar­ner ou Bud Po­well. Au­tant de mu­si­ciens dont la ré­fé­rence com­mune était ce que l’on ap­pe­lait na­guère le swing et qu’elle re­prend à son compte de brillante fa­çon. Fe­ra-t-on la fine bouche de­vant cet en­ra­ci­ne­ment re­ven­di­qué ? Lui tien­dra-t-on ri­gueur de son in­ap­pé­tence à in­no­ver coûte que coûte ? Ce se­rait un mau­vais pro­cès. Du reste, le magazine Down Beat n’a cure de ces pré­ven­tions : en 2013 et 2014, il l’a cou­ron­née “étoile mon­tante du jazz vo­cal”. Une dis­tinc­tion qui n’a rien d’usur­pé. Dans ce nou­vel al­bum en trio, le hui­tième sous son nom, Cham­pian, qui s’abs­tient de chan­ter pour se consa­crer à son cla­vier, confirme avec éclat qu’elle a ac­quis une maî­trise et une plé­ni­tude qui en font dé­sor­mais une va­leur sûre. Qu’elle cé­lèbre, dans ses com­po­si­tions, Art Bla­key (Lul­la­by For Art) ou Lou Do­nald­son (La­ter Ga­tor), trans­pose Woo­dy ‘n You dans la bal­lade Dark Blue qui met en va­leur le bas­siste, s’aban­donne aux sor­ti­lèges du blues (That’s Not Your Do­nut) ou re­prenne le vieux stan­dard So­me­bo­dy Stole My Gal, elle fait preuve de la même maî­trise et de sem­blable ju­bi­la­tion. Un ré­gal. •

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