Ebe­rhard We­ber La­ter That Eve­ning

Jazz Magazine - - LE GUIDE - JU­LIE FER­TÉ

ECM - 1982 Cha­cun sait que les ap­pa­ri­tions de Lyle Mays en tant que si­de­man sont des plus rares. En mars 1982, l’al­ter ego de Pat Me­the­ny avait ce­pen­dant ac­cep­té de par­ti­ci­per à ce disque du contre­bas­siste, son sep­tième pour ECM, la­bel au­quel Mays était évi­dem­ment très at­ta­ché à l’époque, de même que Bill Fri­sell, qui cinq mois plus tard al­lait en­re­gis­trer son pre­mier disque per­son­nel – en gui­tare so­lo – sous la di­rec­tion de Man­fred Ei­cher. Au fa­meux Tons­tu­dio Bauer de Lud­wig­sburg, We­ber, Fri­sell, Mays, le mul­ti-souf­fleur Paul McCand­less et le bat­teur (ré­cem­ment dis­pa­ru) Mi­chael Di Pas­qua en­re­gis­trèrent quatre titres, ose­rait-on dire, “ty­pi­que­ment ECM”, na­vi­guant na­tu­rel­le­ment entre jazz co­ol, au sens lit­té­ral du terme (frais, presque froid, mais sub­til et so­phis­ti­qué aus­si), am­biances oni­riques et douces brises – dis­til­lées par McCandles via ses ou­tils de tra­vail, saxo­phone so­pra­no, haut­bois, cor an­glais, cla­ri­nette basse... Le pia­no mi­né­ral et aé­rien à la fois de Mays se ma­riait idéa­le­ment avec la contre­basse au son ve­lou­té de We­ber et la gui­tare lu­naire de Fri­sell. A vrai dire, si Mays n’avait pas été un rien oc­cu­pé avec le Pat Me­the­ny Group, ces cinq-là au­raient pu for­mer un groupe, dont le son n’au­rait, qui sait, pas man­qué de mar­quer son époque. (Quatre ans plus tard, on re­trou­ve­ra des am­biances voi­sines dans le pre­mier al­bum épo­nyme de Lyle Mays.) Le mor­ceau le plus réus­si ? L’am­bi­tieux Death In The Car­wash, vé­ri­table court-mé­trage so­nore de seize mi­nutes qui per­met de goû­ter avec dé­lec­ta­tion à la so­no­ri­té de chaque ins­tru­men­tiste. •

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.