Na­ta­lia Ma­teo

De Pro­fun­dis

Jazz Magazine - - LE CHOCS - FRANCK BER­GE­ROT Na­ta­lia Ma­teo (voc), Se­bas­tian Gille (ts), Si­mon Grote (p), Da­ny Ah­mad (elg, g), Ch­ris­to­pher Bolte (elb), Fe­lix Barth (b), Fa­bian Ris­tau (dm). Lu­br­za (Po­logne), RecPu­bli­ca Stu­dios, 20 au 24 oc­tobre 2016.

1 CD Act / Pias

Ré­vé­la­tion ! Nou­veau­té. La ré­vé­la­tion de Na­ta­lia Ma­teo sur Act a quelque chose de trou­blant comme le sont les res­sem­blances avec le timbre, le port de voix et le phra­sé de Youn Sun Nah. À vrai dire, c’est là le se­cond disque chez Act (après “Heart Of Dark­ness”, en­re­gis­tré en 2014) de la chan­teuse po­lo­naise et l’on est ten­té de croire que, même si elle se ré­clame de Joni Mit­chell, l’exemple de Youn Sun Nah ait pu l’ai­der à mû­rir sa ma­nière sur ce nou­vel al­bum. Cette hy­po­thèse confir­mée ou non, il n’en reste pas moins que son uni­vers, nour­ri d’oeuvres ex­tra-mu­si­cales (de Jo­seph Con­rad à Louise Bour­geois, de William Blake à Fran­çois Villon) n’ap­par­tient qu’à elle et s’im­pose par une co­hé­rence à quoi son

or­chestre té­moigne une so­li­da­ri­té sans faille (c’était dé­jà vrai sur “Heart of Dark­ness”). Pour le dé­fi­nir, je se­rais ten­té de dire que Na­ta­lia Ma­teo m’em­mène là où j’es­pé­rais que Youn Sun Nah nous condui­rait (et où elle nous condui­sit sou­vent), moins pop, moins flat­teur, plus am­bi­tieux, moins ten­té par le kitsch qu’in­carne l’ac­cen­tua­tion du vi­bra­to sur le der­nier disque de la chan­teuse co­réenne. Na­ta­lia Ma­teo s’im­pose ain­si au pre­mier plan de la par­tie vo­cale du ca­ta­logue Act qui par le pas­sé ne nous a pas tou­jours convain­cu. •

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