Les Beatles comptent pour Ba­sie

Jazz Magazine - - DOSSIER -

Dès le mi­lieu des an­nées 1960, les ra­dia­tions po­pi­santes de la Beat­le­ma­nia touchent le monde du jazz (El­la Fitz­ge­rald, no­tam­ment, fit swin­guer à sa ma­nière

Can’t Buy Me Love en 1964, sous les bons aus­pices de George Mar­tin, le “Cin­quième Beatle”). Adap­ter, dé­tour­ner, voire trans­fi­gu­rer les hits du mo­ment, les jazz­men ont tou­jours fait ça. Alors va pour ceux des Beatles... Et dès mai 1966, à Hol­ly­wood, un an avant le Sum­mer of Love,

Count Ba­sie et son grand or­chestre ne s’en privent pas. Sur la po­chette du pre­mier des deux 33-tours que le Count consa­cre­ra à la mu­sique des Fab’ Four, on le voit en­tou­ré de bam­bins – un Noir et trois Blancs... – ar­bo­rant un gros badge “I Love The Beatles”. Lui n’en porte pas – tout de même n’ex­gé­rons rien –, mais tient dans ses mains la po­chette du même 33-tours (le fa­meux “ef­fet Ca­mem­bert”).

“Ba­sie’s Beatle Bag” (Verve) n’est pas seule­ment l’un des tout pre­miers disques de jazz dé­diés à la mu­sique des Beatles, mais c’est aus­si l’un des meilleurs. Les ar­ran­ge­ments de Chi­co O’Far­rill ne noient pas les mé­lo­dies des chan­sons dans un dé­luge de cuivres ru­ti­lants mais, bien au contraire, mettent en va­leur leur swing – et même leur groove –

im­pli­cite, sans par­ler de leur ef­fet “ac­croche-tym­pan”. Trois ans plus tard, à New York, le Count re­met ça avec “Ba­sie On The Beatles” (Hap­py Ti­ger Re­cords), sur des ar­ran­ge­ments de Bob Flo­rence cette fois. Le ré­per­toire s’at­tarde cette fois moins sur les 45-tours à suc­cès que sur les perles des al­bums les plus ré­cents du com­bo li­ver­pul­dien, de So­me­thing (joué à l’orgue par le Count) à With A Lit­tle

Help From Friend (swin­gué cette fois au pia­no par le chef, qui ex­celle aus­si sur Pen­ny Lane) en pas­sant par Hey Jude et Come To­ge­ther et, mal­gré tout, deux “vieille­ries” beat­les­siennes, Elea­nor

Rig­by et Yes­ter­day. Mais l’ef­fet de sur­prise est pas­sé, et les ar­ran­ge­ments moins ins­pi­rés que ceux d’O’Far­rill font dan­ge­reu­se­ment frô­ler l’or­chestre de Ba­sie avec la mu­sique de genre. En 1969, pour conti­nuer d’être à la page, sans doute au­raient-ils dû re­jouer James Brown ou Ji­mi Hen­drix plu­tôt que les #FBUMFT t PCo

Pa­pa got a brand new “Ba­sie’s Beatle Bag” !

La po­chette de “Ba­sie On The Beatles”.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.