Fred Nar­din Trio

Ope­ning

Jazz Magazine - - LE GUIDE - FRANCK BER­GE­ROT

1 CD Jazz Fa­mi­ly / So­ca­disc

Ré­vé­la­tion ! Nou­veau­té. J’ai vu gran­dir Fred Nar­din au CNSM, puis ici et là, avec in­té­rêt, no­tam­ment pour sa par­ti­ci­pa­tion à la co­di­rec­tion ar­tis­tique de l’Ama­zing Keys­tone, sans être ja­mais to­ta­le­ment convain­cu. Et sou­dain, ce disque où il me semble avoir re­trou­vé à l’écoute de The Giant qui en fait l’ou­ver­ture, quelque chose de l’émo­tion res­sen­tie à la dé­cou­verte de “Now He Sings, Now He Sobs” (Tra­vel To m’évo­quant un Chick Co­rea plus tardif qui m’est plus in­dif­fé­rent). J’en re­trouve la vi­va­ci­té non seule­ment dans le phra­sé de main droite com­bi­né à la ponc­tua­tion de main gauche, mais aus­si dans cette es­pèce de flux que celle-ci en­tre­tient avec la bat­te­rie et la contre­bas­siste (sa­lu­ta­tions spé­ciales pour Or Ba­re­ket). Le trio – car la réus­site de ce disque n’est pas le seul fait du pia­niste –, vi­site d’autres cadres ima­gi­nés par Nar­din avec le même sens du par­te­na­riat tri­an­gu­laire (l’élé­gante pro­gres­sion de son so­lo sur Pa­ri­sian Me­lo­dies, le vi­gou­reux et sou­riant Don’t For­get The Blues). Sa re­prise de You’d Be So Nice To Come Home To est pleine d’es­prit. Les deux Monk (I Mean You et Green Chim­neys) sont pris à des tem­pos qui m’ont d’abord pa­ru ex­ces­sifs, mais on se laisse vite ga­gner par la joie qui s’en dé­gage. Bref, tout en res­tant un “clas­sique” (l’émoi pre­mier au­quel je fais ré­fé­rence à près d’un de­mi­siècle) mais avec des com­po­si­tions ori­gi­nales ja­mais gra­tuites qui sont une belle ma­nière d’être contem­po­rain, Fred Nar­din change de ca­te­go­rie

Fred Nar­din (p), Or Ba­ke­ret (b), Leon Par­ker (dm). Stu­dio de Meu­don, 10-11 avril 2017.

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