Dianne Reeves

Dans la fou­lée de son concert à Jazz à La Villette, nous avons pro­fi­té d’un bref pas­sage pa­ri­sien de la chan­teuse, forte de son nou­vel al­bum “Light Up The Night”, pour lui pro­po­ser un blind­test maî­tri­sé de bout en bout.

Jazz Magazine - - ÉDITO -

PAT ME­THE­NY GROUP So May It Se­cret­ly Be­gin “Still Life” (Tal­king)” (Gef­fen, 1987)

C’est Pat Me­the­ny ! Ça doit cer­tai­ne­ment da­ter de la même époque que Mi­nua­no, que j’ai re­pris sur mon der­nier disque. La pre­mière fois que j’ai vu Pat Met­ne­ny, c’était lors du Wi­chi­ta Jazz Fes­ti­val en 1973. J’avais dix-sept ans et je chan­tais dans l’or­chestre de Clark Ter­ry, et tout le monde ne par­lait que de ce jeune gui­ta­riste qui jouait avec Ga­ry Bur­ton. Ce que j’aime dans sa mu­sique c’est l’élé­gance, la li­ber­té, la lu­mi­no­si­té, et le soin ap­por­té aux mé­lo­dies. Sa gui­tare sonne comme une voix, et quand il joue des ac­cords, on en­tend un vé­ri­table pay­sage so­nore.

DEE DEE BRID­GE­WA­TER All Blues “Live In Pa­ris” (EmAr­cy, 1986)

J’aime beau­coup Dee Dee Brid­ge­wa­ter ! Je me rap­pelle très bien le jour où je l’ai ren­con­trée, c’était à Los An­geles, lors­qu’elle chan­tait dans l’or­chestre de Thad Jones et Mel Le­wis, et nous avons vite sym­pa­thi­sé et chan­té en­semble. Elle a col­la­bo­ré avec mon cou­sin George Duke, et nous sommes tou­jours res­tés en contact. Il y a quelques mois nous avons fait quelques dates en­semble avec Es­pe­ran­za Spal­ding pour rendre hom­mage à Ab­bey Lin­coln. Un grand mo­ment ! C’est in­té­res­sant que vous me fas­siez écou­ter un disque en­re­gis­tré au New Mor­ning, car mon his­toire d’amour avec le pu­blic fran­çais a com­men­cé dans cette salle en 1997 avec l’en­re­gis­tre­ment de mon al­bum “New Mor­ning”. Sur mon der­nier al­bum, j’ai eu en­vie de re­prendre All Blues, car outre la su­perbe mélodie de Miles Da­vis, j’aime beau­coup les pa­roles écrites par Os­car Brown, Jr., qui sont très po­si­tives et pleines d’hu­ma­ni­té, et je pense que c’est un mes­sage im­por­tant à dif­fu­ser au­jourd’hui.

TER­RI LYNE CAR­RING­TON Hold Me Again “More To Say… (Real Life Sto­ry : Next­gen)” (E1 En­ter­tain­ment, 2009)

That’s my girl ! [Rires.] Mer­ci de me faire écou­ter cette chan­son car vous ne pou­viez pas sa­voir, mais j’étais au­près d’elle quand elle a com­men­cé à l’écrire ! A l’ori­gine, elle vou­lait me la pro­po­ser et je lui ai dit : « C’est ta chan­son, elle te cor­res­pond et tu de­vrais la chan­ter toi-même ! » Elle a bien fait de m’écou­ter car elle se dé­brouille très bien, mais elle a tout de même vou­lu la chan­ter en duo en in­vi­tant Les McCann ! La pre­mière fois que j’ai ren­con­tré Ter­ri, elle avait dix ans et com­men­çait à vrai­ment bien jouer de la bat­te­rie. Je chan­tais à l’époque avec Clark Ter­ry, et il l’a in­vi­tée à jouer sur scène avec nous. Un mo­ment très fort, et je l’ai tout de suite ai­mée et consi­dé­rée comme ma pe­tite soeur – nous avons neuf ans d’écart. Plus tard, je l’ai re­vue fré­quem­ment et on a com­men­cé à tra­vailler en­semble. Et puis, en 1997, elle a as­su­ré la di­rec­tion ar­tis­tique de mon al­bum “That Day” et, ré­cem­ment, elle a pro­duit mes deux der­niers disques.

GEORGE DUKE Love “Feel” (MPS, 1974)

[Elle est très émue à l’écoute de ce mor­ceau où George Duke chante...] Vous me faites plai­sir d’avoir l’op­por­tu­ni­té de réé­cou­ter cette chan­son, c’est un sacré fla­sh­back et ça m’émeut beau­coup d’en­tendre chan­ter George, il avait une très belle voix ! A cette époque, il jouait à la fois avec Frank Zap­pa et Can­non­ball Ad­der­ley. On ne peut pas faire plus op­po­sé ! Et pour­tant il as­su­rait plei­ne­ment son rôle dans ces deux contextes. George, c’était beau­coup plus que mon cou­sin et mon pro­duc­teur, c’était un être hu­main ex­tra­or­di­naire ! Son gé­nie mu­si­cal, ce n’était qu’une par­tie de sa vie. C’était un homme bon, sen­sible, et très gé­né­reux, un amou­reux de la vie et des gens. Il a com­po­sé et pro­duit sa propre mu­sique, mais il s’est aus­si beau­coup in­ves­ti dans la mu­sique des autres. Il était comme un pa­ra­pluie pour moi, il me pro­té­geait et il m’a don­né le cou­rage de croire en moi.

ES­PE­RAN­ZA SPAL­DING Ebo­ny And Ivy “Emi­ly’s D + Evo­lu­tion” (Con­cord, 2016)

Es­pe­ran­za ! Cette fille me rend dingue ! Elle est tel­le­ment sin­gu­lière, per­sonne ne pour­ra ja­mais lui res­sem­bler, elle est in­imi­table ! C’est un gé­nie et elle re­pré­sente l’ave­nir de la mu­sique car elle est jeune et a en­core beau­coup de choses à ex­pri­mer. Cette an­née, elle a fait une per­for­mance live sur Fa­ce­book où elle s’est mise en scène pen­dant 77 heures en di­rect. On a pu as­sis­ter à un work in pro­gress avec la créa­tion de sept chan­sons dans l’ins­tant. Tout tour­nait au­tour du chiffre 7, en ré­fé­rence à la créa­tion du monde. J’ai sui­vi ça en di­rect le plus sou­vent pos­sible et ce fut un mo­ment in­ou­bliable. Elle m’a écrit une très belle chan­son, Wild Rose, sur mon al­bum “Beautiful Life”, et j’ai pris beau­coup de plai­sir à être avec elle sur scène pour rendre hom­mage à "CCFZ -JODPMO t CD “Light Up The Night (Live In Mar­ciac)” (Con­cord/Uni­ver­sal)

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