Hugh Colt­man

Who’s Hap­py ?

Jazz Magazine - - LES CHOCS -

Nou­veau­té. Un gent­le­man char­meur que l’on guette comme le bleu du ciel. On re­garde dé­fi­ler les jours, les se­maines, les mois, pa­tiem­ment, plus ou moins. En­fin son nou­veau disque ar­rive et l’on res­pire lar­ge­ment. Mais si mes­sie !

Comme un tra­pé­ziste de haute vol­tige, Hugh Colt­man tour­noie d’un style à l’autre sans ef­fort ap­pa­rent. Pro­je­té dans le blues-rock en 1994, il s’élance dans la pop (“Sto­ries From The Safe House”, 2008), la gonfle de soul sen­sible et mus­cu­leuse (“Ze­ro Killed”, 2012), avant de re­bon­dir, fluide, lé­ger, dans le jazz et le funk au cô­té du pia­niste Eric Le­gni­ni (“Swing Twice”, 2013) puis de cé­lé­brer, tout en sou­plesse et convic­tion, un croo­ner plus ra­geu­se­ment politique que lé­gen­dai­re­ment lan­gou­reux (“Sha­dows – Songs Of Nat King Cole”, 2015) et de se faire re­mar­quer voix de l’an­née aux Vic­toires du jazz 2017. Pous­sant plus loin l’es­car­po­lette, il nous fait goû­ter à l’éten­due de son ta­lent dans une jam­ba­laya de sons aux sa­veurs for­cé­ment loui­sia­naises et c’est “Who’s Hap­py ?”, une ques­tion dont la ré­ponse est im­mé­diate : bon­heur. On est em­bar­qué, en­jô­lé par son swing flam­boyant fa­çon Cab Cal­lo­way (Civ­vy Street), son jazz New Or­leans ul­tra-mo­derne, son rhythm’n’blues ef­fer­ves­cent (It’s Your Voo­doo Wor­king) mais c’est aux bat­te­ments d’un coeur que l’on ré­agit d’abord. Hugh Colt­man qui a mal à son pas­sé (All Slips Away) se ré­con­forte dans une pa­ter­nelle rê­ve­rie (Lit­tle Big Man). Fra­gile mais prêt à tout pour­vu que l’en­chan­te­ment soit épi­dé­mique, il est de joie fer­vente et de mé­lan­co­lie douce. Nous le sa­vions unique – cette voix d’une plas­ti­ci­té in­éga­lée, entre soie et acier ! –, il est l’uni­ver­sel sol­dat d’un com­bat au ser­vice de l’émo­tion juste. • GUY DAROL Per­son­nel dé­taillé dans le li­vret. New Or­leans, Es­pla­nade Stu­dios, juin 2017. Pa­ris, Stu­dios Fer­ber, oc­tobre 2017.

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