Charles Min­gus

My­self When I Am Real

Jazz Magazine - - DOSSIER -

Le sous-titre de l’al­bum, “Spon­ta­neous Com­po­si­tions and Im­pro­vi­sa­tions”, in­dique bien dans quel état d’ es­prit le bas­siste com­po­si­teur-chan­teur-etc. s’est ins­tal­lé de­vant le pia­no des stu­dios RCA : li­ber­té com­plète. On au­rait ai­mé connaître la marque de l’ins­tru­ment, comme dans les en­re­gis­tre­ments de mu­sique dite clas­sique, mais vu la qualité de la so­no­ri­té, on gage que c’était un grand pia­no. My­self When I Am Real fait l’ou­ver­ture (alors qu’il a été en­re­gis­tré en fin de ses­sion) et se­rait presque un al­bum à lui tout seul. Non par sa du­rée mais par la va­rié­té des cli­mats qui s’en­chaînent par­fai­te­ment le long de ses sept mi­nutes et de­mie : mé­di­ta­tif, étrange, se­rein, es­pa­gnol, val­seur, joyeux, ten­du, étrange. C’est dire la force d’ex­pres­sion de Min­gus au pia­no et de sa ca­pa­ci­té à la rendre, sans doute ac­quise au­près d’Art Ta­tum du temps où il ac­com­pa­gnait à la contre­basse le grand pia­niste. Il n’avait d’ailleurs pas at­ten­du 1963 pour en­re­gis­trer seul au pia­no : dès 1954, il glisse un so­lo… à quatre mains (grâce au re-re­cor­ding) dans son al­bum “The Jazz Ex­pe­ri­ments of Char­lie Min­gus”. Et puis on se sou­vient peut-être qu’il tient par mo­ments le cla­vier à An­tibes avant de le lais­ser à Bud Po­well, et sur­tout qu’il est le pia­niste du for­mi­dable “Min­gus Oh Yeah” (1961). Mais ici, sans es­broufe ni pro­vo­ca­tion ni vir­tuo­si­té, Min­gus est tel qu’en lui-même et comme il le dit : « like playing at home ». • FRS Charles Min­gus, “Min­gus Plays Pia­no”, Im­pulse, 1963

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.