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Jazz Magazine - - DOSSIER - TPB

Cro-Ma­gnon Nights

Com­po­sant en 1954, pour les ses­sions “The Pro­phe­tic Her­bie Ni­chols” (Blue Note), ce Cro-Ma­gnon Nights, le pia­niste ima­gi­na la fa­çon dont l’homme à l’âge de pierre oc­cu­pait ses sa­me­dis soirs ! Pas­sé le trait d’hu­mour, Cro-Ma­gnon Nights, à l’ins­tar des pièces cons­ti­tuant ce re­cueil, est une com­po­si­tion as­sez obs­cure, en dé­pit de sa forme stan­dard AABA de 32 me­sures, dès son double mo­tif d’ou­ver­ture sous forme ques­tion-ré­ponse échan­gé entre le pia­no et la bat­te­rie. L’ori­gi­na­li­té de la pièce ré­side prin­ci­pa­le­ment dans le rôle dé­vo­lu à Art Bla­key (ici as­so­cié au contre­bas­siste Al McKib­bon), Ni­chols l’af­fran­chis­sant de sa fonc­tion ex­clu­si­ve­ment ryth­mique pour lui sub­sti­tuer celle de per­cus­sion plus abs­traite. Com­po­si­teur pro­li­fique, de for­ma­tion clas­sique, Her­bie Ni­chols fut l’un des plus brillants pia­nistes du jazz mo­derne. N’ayant pu se pro­duire, du­rant sa courte car­rière, qu’au sein de for­ma­tions dixie­land, son oeuvre res­te­ra long­temps igno­rée du pu­blic et de la cri­tique. Il n’en­re­gis­tre­ra que trois al­bums sous son nom, et ne se­ra re­dé­cou­vert que dix ans après sa mort (il meurt en 1963). Le style sin­gu­lier de ce­lui qui s’in­ti­tu­lait “jaz­ziste” n’est pas sans rap­pe­ler ce­lui de Monk – dont il fut un ami proche – dif­fé­rant tou­te­fois par la den­si­té de son vo­ca­bu­laire mu­si­cal, et par un jeu au drive plus af­fir­mé. • Her­bie Ni­chols, “The Pro­phe­tic Her­bie Ni­chols, Vol.1”, Blue Note, 1955

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